En fait Jean-Marc Roberts ne veut pas interdire le livre sur Internet
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 22 Août 2011 à 16h55 -
posté dans Société 2.0
![]() Le directeur des éditions Stock, qui avait plaidé pour un "lieu unique" de vente des livres qui ne soit pas internet, explique désormais qu'il ne veut pas interdire la vente de livres en ligne. Mais qu'il est "terrorisé" par le spectre de la gratuité. La semaine dernière, le patron des éditions Stock, Jean-Marc Roberts, semblait proposer sur Europe 1 l'interdiction de vendre des livres sur Internet. Après la loi sur le prix unique du livre, l'éditeur expliquait en effet qu'aujourd'hui "il faut se battre pour le lieu unique" et que "le lieu unique c'est la librairie, c'est pas la vente en ligne". Sauf que nous n'avions rien compris, si l'on en croit la leçon de français donnée à la Radio Suisse Romande par Jean-Marc Roberts. "Je ne sais pas du côté suisse, mais les Français connaissent mal leur vocabulaire", s'est-il agacé. "Un lieu unique, c'est un lieu singulier, à nul autre pareil, qui ne ressemble à rien et qui est différent... dans l'hypothèse "lieu unique", moi j'en suis resté à la formule "il est interdit d'interdire", je ne veux rien interdire, je suis contre toute censure", tente-t-il ensuite de justifier. Il s'en prend aux citadins ("parce que à eux que j'en veux le plus") qui, "par paresse, par commodité, par addiction aussi à leur écran", laissent mourir les libraires de quartier. "Je ne suis pas con, on a perdu, c'est foutu". Finalement ça n'est pas tant la mort des libraires qui l'énerve que le fait qu'internet rend la littérature accessible gratuitement au plus grand nombre, par le piratage, l'accès numérisé au domaine public, ou le développement des licences libres. "L'étape suivante qui me terrifie, c'est la gratuité", reconnaît-il. "Personne ne le dit aussi ouvertement. Tout le monde sait pirater de la musique, maintenant tout le monde sait faire pour le cinéma, tout le monde a son petit effet streaming et voit les films le premier jour de leur sortie en salle et même avant parfois ils peuvent voir leur film sur leur ordinateur... Bientôt, très très bientôt (ils sauront le faire pour les livres), - déjà Amélie Nothomb paraît-il ses trois derniers livres sont gratuits et disponibles sur la toile -, moi je trouve ça terrible, parce que comment vont vivre les auteurs ? Je ne parle mêmes pas des éditeurs, je parle des auteurs". Le député suisse Philippe Nantermod, qui est contre une loi sur le prix unique du livre en Suisse, lui répond alors que la meilleure manière de faire est de ne pas commettre la même erreur que dans la musique ou le cinéma, et de proposer d'emblée une offre de livres plus attractive que le piratage. Un argument qui semble faire mouche et désespérer l'éditeur. "Moi j'ai 57 ans, ça fait 38 ans que je suis là dedans... un jour je vais partir jouer à la pétanque. Vous savez, le plus important c'est que certains auteurs et certains éditeurs dont je me réclame ne peuvent pas changer leur façon de travailler (...) De toute façon, on a perdu. Faut pas se raconter d'histoire, je ne suis pas con, on a perdu, c'est foutu, c'est fini. Alors l'étape suivante, oui, elle se fera certainement sans moi". Mais pas sans la littérature, qui continuera bel et bien de vivre. Y compris gratuitemennt, ce qui ne sera pas un drame pour les milliers d'auteurs qui publient chaque année pour le simple plaisir de l'écriture. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
79
Commentaires à propos de «En fait Jean-Marc Roberts ne veut pas interdire le livre sur Internet»
s'il peut pas changer sa façon de travailler il vaut mieux en effet qu'il parte jouer à la pétanque ...
+1 avec la conclusion de l'article.
Premièrement, la plupart des gens continuerons d'acheter les livres qu'ils apprécient et qu'ils seront fier d'avoir dans leur bibliothèques, (même ceux qui seront gratuit et librement téléchargeable par ailleurs) Et deuxièmement, même si je me trompe et si 99,99% des gens n'achètent plus de livres et ne font que les télécharger et bien.. quoi ? Les gens qui écrivent (autrement dit pas mal de gens) devront aussi se trouver un vrai boulot à coté pour gagner de l'argent et voila tout. Du coup, ils auront moins de temps pour écrire et leurs livres n'en seront que meilleurs. Car au lieu de pondre du texte au km pour satisfaire un éditeur, on n'écrit que ce que l'on veut vraiment écrire, ce qui nous tiens vraiment à coeur, autrement dit... le meilleur. Les gens qui écrivent (autrement dit pas mal de gens) devront aussi se trouver un vrai boulot à coté pour gagner de l'argent et voila tout. Du coup, ils auront moins de temps pour écrire et leurs livres n'en seront que meilleurs.
C'est absolument sidérant cette façon de penser qui date du 19e siècle : si tu n'as pas un boulot dans lequel il faut se lever à 5 heures du matin, dans lequel il faut suer comme un boeuf devant une machine dans un atelier, alors tu n'as pas un vrai boulot. Et puis, il y a un truc que je ne comprends pas : moins ils auront de temps pour écrire, plus leurs livres seront meilleurs. La qualité d'une oeuvre artistique inversement proportionnelle au temps qu'il a fallu pour l'écrire. Tu me permettras de préférer John Irving qui met 2 à 4 ans pour écrire un livre plutôt que Gérard de Villiers qui sort 5 SAS par an. Le point commun entre tous les barons des médias, c'est cette manie curieuse de s'en prendre ouvertement à leurs clients. Il croit vraiment qu'en me traitant d'analphabète, de paresseux et de drogué, ça va me donner envie d'acheter ses bouquins ? Là dans l'immédiat ça me donne plutôt envie de boycotter Stock...
Sérieux, ils ont pas des marketeux pour leur expliquer que le principe c'est de brosser le pigeon dans le sens du poil, et surtout pas d'entrer en conflit avec lui ? Sinon à propos d'?uvre littéraire gratuite, je vous conseille Freakangels du grand Warren Ellis. Dispo en intégralité sur le net, et à l'achat en version papier. Je trouve que "Art" et "marketing" sont 2 mots qui ne vont pas bien ensemble...
Je trouve que "Art" et "bénéfices" ne vont pas bien ensemble... "Art" et "industrie", pareil. En revanche, "Art" et "mécénat", là, ça marche. Ce qui cloche, c'est que je refuse d'être un mécène par la force. Si je décide qu'une oeuvre (musique, littérature, cinéma, peinture...) me plait et mérite ma contribution, je le ferais. Nous sommes à une époque où les artistes peuvent commencer à se passer des intermédiaires pour diffuser, éditer, publier leurs oeuvres. Qu'ils en profite ! Avec les nouvelles technologies, il y a bien plus de photographes qui diffusent leurs oeuvres, parfois simplement en tant que hobby (Flickr, Wikimédia). Idem pour la musique (Dogmazic, Jamendo, Museopen, Sutros) et pour les films (Archive.org, VODO). Il n'y a pas de raison pour que ce soit différent avec la littérature (projet Gutenberg, In Libro Veritas). On n'a pas perdu, on y gagne.
Ceux qui ne peuvent pas changer leur façon de travailler seront remplacés par d'autres. Il y a davantage d'auteurs et de lecteurs, c'est ça le plus important. vive le gratuit qui dévalorise tout travail intellectuel et le rend dépendant à 100% de la pub donc des puissances d'argents.
Comment Denis Robert, qui a dénoncé clearstream, aurait fait s'il avait fallu que son livre soit financé par la pub ? vous pensez qu'un publicitaire aurait pris le risque ? le gratuit c'est la mort de l'indépendance du livre. C'est l'inverse de la liberté et c'est aussi le nivellement par le bas de la qualité... Seuls les livre les plus connus pourront rémunérer correctement leurs auteurs. C'est la perspective de la numérisation du livre et franchement oui, y'a de quoi avoir peur. A tout ceux qui me diront qu'on peut écrire sans vouloir être rémunéré, je répondrai oui mais on ne peut pas écrire si on a rien à manger ! moi aussi, je suis passé par la case réinsertion quand ma boite a fermé.
un robot pour cent bonhommes maintenant faut vous y faire La vente de livre , de musique, de films n'existe que par sa rareté.
-Une salle de cinéma, tout le monde ne peux pas avoir ça, c'est rare, ça se monnaie. -A l'époque ou le seul médium de qualité pour la musique était le vinyle, puis le cd, là oui, ça se monnaie cette qualité. Mais à l'époque du tout numérique, ou la rareté d'une oeuvre est artificielle, ou elle peut être dupliquée parfaitement et à l'infini, que reste t-il à monnayer? Peut on encore faire un business de vente à l'unité? C'est terminé la prostitution de l'art et de la culture. De plus en plus d'auteurs (Surtout de l'autre coté de l'atlantique, il faut l'avouer) placent leurs oeuvres sur le net, avec un petit bouton "Donation". Et quand je donne 7€, c'est 7 euros qui vont réellement à l'auteur.
Je pense que c'est ça l'avenir du livre, voire des médias en général: L'absence d'intermédiation, et une logique où le paiement est une récompense et non un préalable. Après, il est certains de bien des choses sont à améliorer: Le paiement par Paypal c'est pas encore la panacée, il faudra que les auteurs puissent promouvoir leurs oeuvres....peut-être via les réseaux sociaux, je ne sais pas. Mais ce qui sera *terminé*, c'est l'intrusion des éditeurs, des "maîtres à penser" qui décident quelle sera la place de tel livre chez les libraires (tête de rayonnages ou perdu dans les armoires), ou qui décident combien d'arbre mort il faudra pour tel ou tel bouquin: Ce rôle sera dévolu aux personnes elles-mêmes, aux blogs, a des sites spécialisés... Le combat, ne jamais laisser tomber il connait ? Ce qu'on nous apprend et nous martèle dès le plus jeune âge ?
Ma librairie de quartier, j'y suis allé pas mal de fois dans l'année, que ce soit pour quelques BD et bouquins. Et je vous garantis, qu'avec le monde qu'il y a à chaque fois, elle n'est pas en train de crever, surtout aux prix presque prohibitifs en application là-bas ! Mais ce qui sera *terminé*, c'est l'intrusion des éditeurs, des "maîtres à penser" qui décident quelle sera la place de tel livre chez les libraires (tête de rayonnages ou perdu dans les armoires), ou qui décident combien d'arbre mort il faudra pour tel ou tel bouquin: Ce rôle sera dévolu aux personnes elles-mêmes, aux blogs, a des sites spécialisés...
Pure démagogie. Il y a 75.000 titres qui sont édités chaque année en France, soit UN LIVRE TOUTES LES 7 MINUTES, dont 50% de nouveautés et 50% de rééditions. Tu peux supprimer les "maîtres à penser" si tu veux et éditer 200.000 titres au lieu de 75.000. Mais cela ne changera rien au fait que seuls une centaine auront un réel succès. vive le gratuit qui dévalorise tout travail intellectuel et le rend dépendant à 100% de la pub donc des puissances d'argents.
Comment Denis Robert, qui a dénoncé clearstream, aurait fait s'il avait fallu que son livre soit financé par la pub ? vous pensez qu'un publicitaire aurait pris le risque ? le gratuit c'est la mort de l'indépendance du livre. C'est l'inverse de la liberté et c'est aussi le nivellement par le bas de la qualité... Seuls les livre les plus connus pourront rémunérer correctement leurs auteurs. C'est la perspective de la numérisation du livre et franchement oui, y'a de quoi avoir peur. A tout ceux qui me diront qu'on peut écrire sans vouloir être rémunéré, je répondrai oui mais on ne peut pas écrire si on a rien à manger ! ouais dis ca a Balzac !!!! ca l aurait fait rire... encore un petit reactionnaire de la "liberte" de payer ! et pis cest vrai que gratuit c est caca !! beuuurk... ca peut pas etre bon hein !! nivellement par le bas.. ouais t as bien paye ton da vinci code non ? tu trouves cette bouse digne d un bouquin toi ? moi j apelle ca un lavement ... heureusement que je l ai pas paye ca m aurait fait chier ! donc arrete avec tes jugements a deux balles et retourne devant TF1... C'est sûrement ça qu'on pourrait reprocher aux grandes maisons d'édition (et pas copier/coller les arguments bateaux sur la dictature du puissant conglomérat des majors ou celui bien naïf des livres gratuits) : faire de la gestion de trésorerie et du chiffre sur le dos des auteurs, puisqu'on sait que 80% des livres qui sortent ne trouveront pas preneur. Et puis honnêtement,la "rentrée littéraire", c'est en soi une hérésie. Il devrait plutôt se réjouir qu'internet permette vraiment à des oeuvres d'être mis au devant de la scène...
Au moins internet à l'avantage de valoriser les livres sur papier qui deviennent de véritables collectors qui vaudront une fortune dans quelques siècles quand il n'y aura de l'électricité que quelques heures par jour.
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
3 offres à partir de 60 €
2 offres à partir de 71 €
5 offres à partir de 34 €
Télécharger
ultrasurf,
windows 7 gratuit,
total video converter,
passion,
antivirus avast,
emule,
index php,
restauration msn messenger,
Accès rapide :
Personnalisation |
Diagnostic |
eMule (et mods eMule) |
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
|
L'époque n'est pas à la rente facile mais à l'entrepreneuriat...