Alors qu'il s'agissait d'un secret bien gardé par Skype, au moins officiellement, Microsoft a annoncé qu'il était prêt à livrer aux autorités russes les clés de chiffrement du protocole de téléphonie pour faciliter la mise sur écoute des conversations.

L’une des conséquences du rachat de Skype par Microsoft va-t-elle être de rendre les communications moins confidentielles qu’elles ne le sont actuellement ? C’est ce qui semble ressortir de cet article d’un journal russe, qui indique que Microsoft « n’exclut pas le transfert des algorithmes de cryptographie (de Skype) aux services de sécurité russes ». Nikolai Pryanishnikov, le président de Microsoft Russie, dit même qu’il « aimerait le faire« .

Bien qu’il assure que la question n’a pas encore été abordée, Pryanishnikov explique que Microsoft est dans une logique de « collaboration et de partenariat avec l’état » en Russie. On se souvient que l’an dernier, la firme de Redmond avait attendu la publication d’un article très critique du New York Times pour enfin condamner l’exploitation de la lutte anti-piratage à des fins de répression politique contre des adversaires du régime. Les autorités profitaient du fait que les groupes d’opposition utilisent des logiciels de Microsoft sans licence pour saisir leurs ordinateurs, parfois sur la base de simples soupçons infondés.

Le FSB s’était plaint au mois d’avril dernier de ne pas avoir accès au protocole de Skype pour réaliser des écoutes sur le service de téléphonie par IP. Les services de sécurité russes avaient proposé de bannir Skype et tous les outils de communication difficilement déchiffrables en Russie. Le mois suivant, Microsoft mettait sur la table un chèque de 8,5 milliards de dollars pour s’offrir Skype.

La question de la mise sur écoute de Skype n’est pas nouvelle. En 2008, le Parti Pirate allemand avait révélé que le gouvernement utilisait un cheval de Troie pour écouter les conservations sur le logiciel de VOIP. En France, la question de la légalité de Skype a également été posée, l’Arcep ayant demandé en 2007 au service de se conformer notamment à l’obligation pour un opérateur de télécommunications électroniques de permettre les interceptions de sécurité. Mais Skype n’est pas officiellement déclaré en France en tant qu’opérateur de télécommunications.

Aux Etats-Unis, un projet de loi avait été déposé l’an dernier pour obliger tous les services de communications à garantir la possibilité d’une écoute par les services de sécurité.

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