Un séminaire organisé par l'ICO, la CNIL britannique, s'est penché sur les enjeux de l'anonymat en ligne et du respect de la vie privée sur Internet. Pour le commissaire à l'information, Christopher Graham, il est urgent de réviser la manière dont les données personnelles sont protégées.

La commission nationale de l’informatique et des libertés n’est pas la seule autorité de contrôle européenne à se pencher sur le droit à l’oubli numérique et sur l’anonymat en ligne. L’organisme public britannique ICO (Information Commissioner’s Office) est également concerné par ces problématiques. Pour le commissaire à l’information, Christopher Graham, c’est même devenu un enjeu majeur.

« Le partage de données est la clé pour offrir des services efficacement. Mais s’assurer que les informations personnelles importantes demeurent anonymes est un défi de plus en plus important » a-t-il commenté (.pdf), lors d’un séminaire sur l’anonymat en ligne. Le seul fait de naviguer sur Internet expose un certain nombre de données à la collecte par des tiers. « Les informations permettant d’identifier quelqu’un ne se limitent plus simplement au nom et à l’adresse« .

Désormais, une plaque d’immatriculation peut être enregistrée par une caméra de circulation, une empreinte digitale peut être laissée sur un document administratif ou des informations particulières peuvent être communiquées sur un site web du service public. Ces différentes situations, et il y en a tant d’autres, montrent que le besoin d’anonymat et le respect de la vie privée sont plus que jamais nécessaires.

Pour le commissaire à l’information, les avancées d’Internet – aussi importantes soient-elles – ne doivent pas contraindre à diffuser toujours plus de données personnelles, que ce soit au profit d’acteurs publics ou privés. Ce séminaire, dont un compte-rendu doit être publié dans les prochaines semaines, a donc eu pour objectif d’envisager les différentes perspectives et approches pour anonymiser – c’est-à-dire supprimer – certaines données personnelles.

« La manière dont nous protégeons la vie privée aujourd’hui – à la fois par nos lois et la façon dont nous concevons les systèmes informatiques – semble coincé au siècle dernier. Nous avons besoin de revoir entièrement les types de menace sur la vie privée qui se sont récemment manifestés. À la lumière de ces dangers, nous devons débattre sur la manière de réglementer la vie privée au 21ème siècle » a commenté Paul Ohm, universitaire américain présent au séminaire.

À l’échelle du continent, la commission européenne planche sur une révision de la directive sur les données personnelles. Défendue par Viviane Reding, cette réforme vise à unifier les règles européennes autour de quatre points : confidentialité par défaut, transparence, protection des données et droit à l’oubli sur Internet.

En France, le président de la CNIL s’était montré favorable à l’inscription du droit à l’oubli numérique dans la Constitution. « Il faut appliquer à Internet le même type de raisonnement que pour l’écologie, dont la charte a été adossée à la Constitution. Nous devons avoir le droit à protéger notre environnement numérique. Il faut un droit à l’incognito, à la solitude sur Internet » avait-il déclaré.

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