Google accusé d'avoir enfreint la licence GPL avec Android

Julien L. - publié le Mardi 22 Mars 2011 à 16h22 - posté dans Société 2.0

Le blog FOSS Patents a accusé Google d'avoir utilisé 2,5 Mo en provenance du code source de Linux pour le développement d'Android. Or, l'entreprise américaine n'a pas respecté la licence GPL, qui protège les fichiers Linux. Cette licence impose pourtant de redistribuer tout travail dérivé d'une œuvre sous GPL, selon les mêmes termes. Android devra-t-il s'y soumettre entièrement ?

Google a-t-il enfreint les termes de la licence publique générale GNU ? Depuis le 17 mars, la question se pose sérieusement au sein de la communauté Android. En effet, le blog FOSS Patents affirme que le géant américain a copié sans autorisation 2,5 Mo de code en provenance de plus de 700 fichiers en-têtes (headers) pour intégrer le tout dans le système d'exploitation mobile.

Le processus de copie s'est fait avec un logiciel maison, capable de nettoyer les lignes de code en retirant les éléments "superflus" (en particulier les commentaires inscrits en marge du code). Le résultat final donne une portion du programme sans licence. Or, celle-ci dispose que la modification d'un travail couvert par ce texte doit bénéficier des mêmes conditions de partage.

Autrement dit, la GNU / GPL impose de redistribuer le programme selon ses termes à partir du moment où un fichier est couvert par ce document. C'est pour cela que la licence GPL est considérée comme une licence virale. La redistribution du travail, modifié ou non, doit systématiquement se faire en respectant les termes du contrat. Or, Google commet là une "violation très grave" selon FOSS Patents.

À l'heure actuelle, Android est un assemblage de différents codes couverts par plusieurs contrats différents. On retrouve la licence publique générale GPL avec le noyau Linux, des licences permissives (Apache Software Licence, BSD, MIT...) et des portions de code issues de programmes fermés. Ce mélange savant cause déjà des ennuis à Google, puisque Oracle a porté plainte à propos de la machine virtuelle Dalvik et du code Java.

L'affaire n'est pas à prendre à la légère. Une explication stricte de la licence GNU / GPL pourrait affecter l'ensemble des éléments utilisés dans Android, forçant leurs propriétaires à les rendre publics afin qu'ils puissent être librement modifiables et transmissibles selon les termes du contrat. L'autre solution serait alors de remplacer les bouts de code concernés par une alternative couverte par une licence moins contraignante.

Bien évidemment, cette solution est loin d'être simple à mettre en œuvre. Elle demande du temps pour réécrire les lignes de code concernées. La transition risquerait par ailleurs de causer des problèmes d'instabilité et de compatibilité avec des appareils anciens ou certains programmes interagissant avec Android. Enfin, les moyens mobilisés pour la réécriture du code ne pourraient pas être utilisés pour développer l'.O.S.

Interrogé par IT World, Linus Torvalds - le créateur du noyau Linux - a estimé que "les interfaces du noyau pour le système d'appel ne saurait en aucun cas donner lieu à une œuvre dérivée selon la GPL. [...] Je n'ai pas regardé en détail ce qu'a fait Google avec les en-têtes du noyau, mais je ne vois pas ce qu'ils voulaient faire de fondamentalement différent de glibc" (GNU C Library, sous licence LGPL - moins restrictive).

Reconnaissant ne pas s'être plongé totalement dans cette affaire, Linus Torvalds s'interroge sur les réelles motivations suite à ces révélations. "Je ne vois pas d'où vient tout ce brouhaha. Sauf s'il s'agit de quelqu'un qui est poussé par des motivations politiques ou personnelles". Reste à savoir quelles seront les suites que donnera FOSS Patents et si Google réagira.

Publié par Julien L., le 22 Mars 2011 à 16h22
 
 
16
Commentaires à propos de «Google accusé d'avoir enfreint la licence GPL avec Android»
 
Google aurait'il par le plus grand des hasard privatisé une partie du code? evidement de façon fortuite, tout comme les SSID qui se sont retrouvé pompé lors de quadrillage pour street view?

Je serai curieux ce qu'en pense les libriste les plus aguerri pour mettre tout ca en parraléle avec la defunte version IOS de VLC, car soit ce qu'a fait google est mal et ils devrons corriger la boulette dans un delai trés court, soit ce qu'ils ont fait est mal mais pas si important que ca et on passe l'éponge..
C'est quand meme un poil orienté comme article.
L'accusation viens d'un type qui est un lobyste de chez Microsft, connu pour ses FUD quotidiens. http://bit.ly/b4MHL4

Linus, Stalleman, les développeurs concernés et la FSF s'accordent pour dire que c'est du vent.
Je veut bien que google soit le grand méchant sur numerama, mais je trouve que l'article y va un peu a charge.
Numerama arrive après la bataille. Linus et Stallman ont déjà déclaré que Google n'était pas coupable.

Pour rappel, les headers (pourquoi sont-ils entre parenthèses dans l'articles???) ne se sont que des descripteurs de comment communiquer avec quelques chose ; en l'occurrence ici, le kernel. Les headers ne contiennent pas de code (tout juste quelques macros).
Stallman ? Link plox
lildadou, le 22/03/2011 - 16:46
Numerama arrive après la bataille. Linus et Stallman ont déjà déclaré que Google n'était pas coupable.

Pour rappel, les headers (pourquoi sont-ils entre parenthèses dans l'articles???) ne se sont que des descripteurs de comment communiquer avec quelques chose ; en l'occurrence ici, le kernel. Les headers ne contiennent pas de code (tout juste quelques macros).


Oui ça fait déjà plusieurs jours que certains s'excitent pour rien Image IPB

lildadou, le 22/03/2011 - 16:46
pourquoi sont-ils entre parenthèses dans l'article?

Il s'agit de préciser l'équivalent anglais du terme en-tête. Tout le monde ne sait pas forcément qu'header signifie en-tête, et inversement :-).
C'était le troll velu de la semaine dernière ....
Google aurait'il par le plus grand des hasard privatisé une partie du code?
Il n'ont rien privatisé, au contraire, ils sont accusés d'avoir ouvert plus que les fichiers d'origine, en plaçant sous licence permissive Apache ces fameux fichiers.

... soit ce qu'a fait google est mal et ils devrons corriger la boulette dans un delai trés court, soit ce qu'ils ont fait est mal mais pas si important que ca et on passe l'éponge..
Soit ils n'ont rien fait de mal et d'autres cherchent à les embarrasser. C'est d'ailleurs ce qu'est en train d'expliquer Torvalds.
Si Stallmann et Torvalds, deux des plus gros trolls des communautés open source et libre sont d'accord pour dire que Google a rien fait de mal sur les headers (sur le reste, dont la pile bluetooth, j'en sais rien), c'est que ça doit être vrai.

Mais sinon il aurait fallu citer complètement Torvalds, ça vaut le coup : "If it's some desperate cry for attention by somebody, I just wish those people would release their own sex tapes or something, rather than drag the Linux kernel into their sordid world"
moi j'ai une idee de ce qu'ils ont voulu faire de fondamentalement different: du proprio pour leur gueule, à moindre frais en le choppant sans risque d'opposition ou de guerre des brevets, dans un truc libre
Djaron, le 22/03/2011 - 18:39
moi j'ai une idee de ce qu'ils ont voulu faire de fondamentalement different: du proprio pour leur gueule, à moindre frais en le choppant sans risque d'opposition ou de guerre des brevets, dans un truc libre

Y a des idées qui feraient mieux de rester à l'état inexprimée. Du moins, faudrait se renseigner avant...
Hey00, le 22/03/2011 - 18:35
Mais sinon il aurait fallu citer complètement Torvalds, ça vaut le coup : "If it's some desperate cry for attention by somebody, I just wish those people would release their own sex tapes or something, rather than drag the Linux kernel into their sordid world"

C'est vrai que ça mérite d'être cité ! ;)
Pour ceux a qui le terme "headers" ne parle pas, il s'agit en C des fichiers .h . ces fichiers contiennent normalement les déclarations des fonctions et eventuellement les définitions de types. Ce sont des fichiers d'interface, ils décrivent simplement comment appeler les fonctions.

Il est *impossible* de s'interfacer avec un systeme sans reprendre les .h dudit systeme. D'ailleurs, dans le monde industriel, quand on sous traite l'écriture de code, on donne le .h au sous traitant pour etre certain qu'il respecte les conventions d'écriture. C'est aussi indispensable pour communiquer avec une bibiotheque (ou une .dll pour les windowsiens ) : le code n'est pas lisible, il est déja compilé, mais on peut l'appeler ... a condition d'avoir les fichiers .h correspondants.

Bref, beaucoup de bruit pour rien, et un numérama encore une fois à la rue sur un sujet qu'il s'est contenté de recopier au lieu de le vérifier :/
"Une explication stricte de la licence GNU / GPL pourrait affecter l'ensemble des éléments utilisés dans Android"
C'est pas plutot:
"Une application stricte de la licence GNU / GPL pourrait affecter l'ensemble des éléments utilisés dans Android"?

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