Pour lutter contre la déforestation, la WWF propose un nouveau format de fichier qui interdit l'impression de documents. Proche du format PDF, le format WWF entraîne pourtant d'autres problématiques. L'utilisateur n'est plus responsabilisé face à l'enjeu écologique, mais est encadré dans un format de fichier sous DRM.

Fondée en 1961, la World Wide Fund for Nature (WWF) œuvre chaque jour à la protection de la nature et à la promotion du développement durable. Pour cela, l’ONG lance régulièrement de nouvelles initiatives et de nouveaux projets pour soutenir son action. L’une de ses dernières idées en matière écologique est la création d’un format de fichier informatique proche du PDF, le .WWF.

Présenté comme un « nouveau format de fichier vert« , le .WWF a un seul et unique objectif : empêcher les utilisateurs d’imprimer des documents présentés sous ce format afin de limiter au maximum la consommation de papier et combattre la déforestation. Les utilisateurs pourront toujours manipuler le document sur l’ordinateur, mais ils n’auront pas la possibilité de le sortir sur une imprimante.

Dans la foire aux questions, l’ONG explique que le format peut être lu par la plupart des programmes capables d’ouvrir les fichiers PDF, qu’il est possible de le transmettre à un ou plusieurs contacts sans aucun problème et que la création d’un document avec l’extension .WWF est particulièrement simple. Il suffit d’enregistrer un document sous ce format dans l’option « Enregistrer sous… ».

Pour l’heure, le logiciel est simplement compatible avec la plate-forme Mac OS X 10.4+. Une version conçue pour Windows devrait être très prochainement mise en ligne. Si la WWF veut toucher un maximum de monde, l’ONG a tout intérêt à rendre son logiciel compatible avec Windows XP, Windows Vista et Windows Seven. En effet, ces systèmes d’exploitation sont les plus utilisés dans le monde.

Mais si l’idée du WWF part d’un bon sentiment, la protection de la nature à travers la limitation du nombre d’impressions, elle est critiquable dans sa mise en œuvre. L’utilisateur doit pouvoir rester maître de son fichier informatique et décider lui-même s’il doit l’imprimer ou non. Tout comme le destinataire qui recevrait un tel fichier dans ses courriers électroniques.

Il existe une pléthore de situations où l’impression reste nécessaire, en particulier dans le cadre professionnel. Il sera certainement difficile pour un employé de justifier l’absence d’impression d’un document parce que son format l’en empêche pour des motifs écologiques. Et surtout, cela ne fait que déplacer le problème écologique. Car si l’informatique a des vertus en matière environnementale, elle a également des points faibles.

La consommation électriques des centres de traitement des données est par exemple un enjeu crucial. À l’heure actuelle, la consommation de ces centres est supérieure à 330 millions de KWh selon une étude du Global eSustainability Initiative (GeSI). Cette consommation pourrait atteindre un milliard de KWh d’ici dix ans. Le défi écologique se pose donc également dans le milieu informatique.

En définitive, mieux vaut la responsabilisation des individus en matière écologique plutôt que la mise en place d’un quelconque DRM. Ça sera toujours plus efficace et moins agaçant.

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