La dernière version d'Uniflow, un système de gestion de documents, risque de faire polémique. En effet, la version 5 du logiciel intègre un système de filtre par mots clés. Basé sur une détection de reconnaissance optique de caractères, les produits Canon compatibles avec Uniflow 5 peuvent refuser d'exécuter une tâche.

C’est à se demander si le slogan de Canon, « You Can », ne va pas devenir prochainement « You Cannot ». En effet, Framablog a repéré aujourd’hui, via IT Pro, l’arrivée de la cinquième version d’une technologie développée par l’entreprise japonaise. Baptisé Uniflow, il s’agit d’un système de gestion de documents centralisé visant à contrôler un environnement composé de produits Canon (imprimantes, photocopieurs ou encore scanners).

Le principe d’un système de gestion de documents n’est pas une aberration en soi. Il existe de nombreux cas de figure où un certain contrôle peut se justifier. Une PME peut tout à fait vouloir vérifier le volume des impressions pour en maîtriser le coût. Elle peut aussi effectuer un contrôle pour diviser ensuite la facture en fonction du tirage par utilisateur.

Or, la dernière version d’Uniflow comporte une nouveauté qui risque de faire couler beaucoup d’encre : un filtre de mots clés. En fonction des réglages apportés par l’administrateur en charge du système de gestion de documents, Uniflow 5 peut refuser d’exécuter certaines tâches comme imprimer, photocopier ou scanner un document, si le logiciel détecte un mot clé présent dans la liste noire.

Bien entendu, l’idée derrière cette fonctionnalité est d’empêcher la diffusion d’une information sensible. Par exemple, une entreprise ne souhaite pas que le nom de code d’un projet, l’intitulé d’un nouveau produit ou le nom d’un client se retrouve dupliqué sans autorisation. Pour cela, Uniflow 5 s’appuie sur la Reconnaissance Optique de Caractères (ROC ou OCR pour Optical Character Recognition).

Le système reste néanmoins – à l’heure actuelle en tout cas – contournable. Bien que Uniflow 5 n’indique pas à l’utilisateur pourquoi l’instruction n’est pas exécutée, afin de maintenir l’efficacité du système, il est toujours possible de le berner. Si un utilisateur parvient à détecter le mot clé, il peut en modifier l’écriture en rajoutant des chiffres (z00 à la place de zoo), en rajoutant des fautes ou en l’écrivant en abrégé. Voire, pourquoi pas, en utilisant un principe identique à la correspondance entre George Sand et Alfred de Musset.

Sans aller jusque-là, on imagine aisément les limites du système. Quid des homonymes ? Quid des sociétés utilisant un nom commun (Orange, Apple, Blackberry) ou s’inspirant de la mythologie (Nike) ? Il existe de nombreux cas où la technologie Uniflow 5 risque de se retrouver en difficulté. À moins que Canon ne cherche à combler le « trou analogique » ? En 2005, Canon avait présenté une imprimante dédiée à la TV.

( photo : BY )

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