(MàJ) Novlang Hadopi : le pirate est celui qui "exploite la négligence caractérisée"

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 01 Octobre 2010 à 13h10 - posté dans Société 2.0

On l'a vu récemment avec la loi Loppsi qui a remplacé le mot "vidéosurveillance" par celui de "vidéoprotection", la bataille idéologique est souvent une bataille de mots. La sémantique est porteuse de sens. Dans cet esprit, l'Hadopi semble vouloir donner un autre sens au mot "pirate", qui n'impressionne plus grand monde.

Mise à jour : Le site officiel a ouvert vendredi, avec un glossaire légèrement revu et corrigé par rapport à celui révélé par Numerma. Entre autres corrections, les termes "(qui exploite) la négligence caractérisée de ses utilisateurs" ont disparu de la définition du pirate.

Article du 30 septembre 2010 - La présidente de l'Hadopi Marie-Françoise Marais l'a souvent répété, et nous-même l'avions écrit en gras comme la toute première de nos 10 bonnes raisons de dire non à la loi Hadopi : "elle ne vise pas les pirates". En effet la riposte graduée ne cible pas les contrefacteurs, mais les abonnés à qui l'on reproche de ne pas avoir suffisamment bien sécurisé leur accès à Internet pour empêcher qu'il puisse être utilisé pour pirater.

Aujourd'hui - beaucoup plus qu'il y a quelques années, le terme "pirate" est banalisé. Notamment grâce aux différents Partis Pirate et autres The Pirate Bay qui n'ont pas eu honte de reprendre à leur compte le qualificatif qui désigne les internautes qui partagent des oeuvres librement, et qui même le revendiquent. "Nous sommes tous des pirates", avaient signé en 2005 une série d'artistes et de personnalités politiques dont Manu Chao, Matthieu Chedid, Bénabar, Jean-Louis-Aubert ou Ségolène Royal. C'était dans Le Nouvel Observateur, depuis dirigé - ironie de l'histoire - par un certain Denis Olivennes, auteur des accords qui ont présidé à la riposte graduée. "Je reconnais, Mesdames et Messieurs sur le net, que je suis un pirate !", a lancé cet été Michel Sardou sur RTL. La bataille sémantique est en passe d'être remportée par ceux qui ont dé-diabolisé l'expression.

Dans le très riche glossaire de l'Hadopi, dont Numerama a eu connaissance, les termes "Pirater, Piratage, Pirate" reçoivent cette même définition, dont la fin est savoureuse :

Pirater est le fait de s'introduire illégalement dans le système d'un ordinateur généralement à l'insu de l'utilisateur pour observer, s'approprier ou détourner ou détruire les données. Internet offre de nombreuses possibilités au pirate : il peut hacker ou cracker un système, un logiciel, un site web, une messagerie, une connexion, un navigateur, un périphérique, une application... et invente de multiples techniques (insertion de lignes de code dans le code source, virus, phishing, spam, ver, cheval de troie, logiciel espion...). Il exploite les failles des systèmes informatiques et la négligence caractérisée de ses utilisateurs.

Ainsi le pirate n'est plus du tout désigné sous l'angle de la contrefaçon, mais sous celui de l'exploitation de la négligence caractérisée de l'abonné qui n'a pas sécurisé son accès à Internet, ou qui ne l'a pas fait avec suffisamment de diligence. Le pirate n'est pas quelqu'un qui télécharge illégalement, mais quelqu'un qui pour télécharger illégalement profite de la naïveté ou de l'incompétence des petites gens.

Ce qui fait réfléchir sur la politique pénale. Pourquoi préférer s'attaquer aux faibles d'esprit plutôt qu'à ceux qui profitent de leurs faiblesses ?

Bien sûr, personne en réalité n'est dupe. Le "négligent caractérisé" est bien vu par l'Hadopi comme celui qui télécharge illégalement, et donc comme le pirate. Mais elle ne peut pas l'affirmer, puisque tout le mécanisme de la riposte graduée façon Albanel repose sur cette construction juridique et sémantique absurde destinée à contourner la décision du Conseil constitutionnel de 2006, qui avait censuré la riposte graduée façon Donnedieu de Vabres. Laquelle visait bien les pirates en tant que téléchargeurs.

> Tout le glossaire (version provisoire)

Publié par Guillaume Champeau, le 1 Octobre 2010 à 13h10
 
 
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Commentaires à propos de «(MàJ) Novlang Hadopi : le pirate est celui qui "exploite la négligence caractérisée"»
 

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Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...

Totalement faux, un pirate est avant tout un équipage Somalien pourvu d'une embarcation relativement rapide avec comme équipement de base des AK-47. :)

/me un peu trop terre à terre
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...


Et ceux qui attaquent et arraisonnent des bateaux quelque part dans le Détroit de Malaga, tu les appelles comment ?



:rolleyes:
On se trouve bien sur un site qui parle de numérique..? Je suis rassuré.
Kemo > comme je l'explique dans l'article, c'est une bataille sémantique. En soit tu as raison et d'ailleurs le glossaire de l'Hadopi ramène dans cette direction. Mais pendant des années le terme "pirate" a été exploité par les adversaires de l'échange de fichiers pour les diaboliser. Le "jeu" a donc été de reprendre le terme sans complexe pour le banaliser, ce qui a fonctionné.
@ kano , c est plutot vers hadopipi et les journaux télé de complaisance qu il faudrais se plaindre , ici on sais bien ce qu est un vrai pirate
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...
Une langue évolue aussi par ses usages. Larousse.fr donne par exemple comme définition, entre autres : "Personne qui pille les ouvrages des autres en copiant ou en démarquant.". On peut ne pas être d'accord, mais on ne peut empêcher quiconque de prêter au mot "pirate" la définition qu'il veut, surtout quand il la revendique.
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:38
Kemo > comme je l'explique dans l'article, c'est une bataille sémantique. En soit tu as raison et d'ailleurs le glossaire de l'Hadopi ramène dans cette direction. Mais pendant des années le terme "pirate" a été exploité par les adversaires de l'échange de fichiers pour les diaboliser. Le "jeu" a donc été de reprendre le terme sans complexe pour le banaliser, ce qui a fonctionné.
Mon commentaire a pour but de pointer du doigt les erreurs que certains sites spécialisés ne devraient pas se permettre. Par exemple, ta phrase de conclusion qui assimile téléchargeurs et pirates contribue à mes yeux à brouiller les pistes, au grand plaisir des législateurs.
Marrant ça, je viens juste de mater le DVD qu'un pote m'a prêté, et devinez quoi, " l'avertissement " sur le ' piratage ' sous forme de clip bien noir avec tous les poncifs agressifs sans oublier le texte bien débile sont bien là, eux, hadopipi peut changer sa com, les ayants droits ne changent pas, eux...
Ha oui, je vous passe le titre, mais je peux vous dire qu'il est sortit hier dans leur réseau de distribution...
Croux, le 30/09/2010 - 18:44
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...
Une langue évolue aussi par ses usages. Larousse.fr donne par exemple comme définition, entre autres : "Personne qui pille les ouvrages des autres en copiant ou en démarquant.". On peut ne pas être d'accord, mais on ne peut empêcher quiconque de prêter au mot "pirate" la définition qu'il veut, surtout quand il la revendique.
L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs... les dictionnaires ne semblent pas y échapper.
kemo, le 30/09/2010 - 18:45
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:38
Kemo > comme je l'explique dans l'article, c'est une bataille sémantique. En soit tu as raison et d'ailleurs le glossaire de l'Hadopi ramène dans cette direction. Mais pendant des années le terme "pirate" a été exploité par les adversaires de l'échange de fichiers pour les diaboliser. Le "jeu" a donc été de reprendre le terme sans complexe pour le banaliser, ce qui a fonctionné.
Mon commentaire a pour but de pointer du doigt les erreurs que certains sites spécialisés ne devraient pas se permettre. Par exemple, ta phrase de conclusion qui assimile téléchargeurs et pirates contribue à mes yeux à brouiller les pistes, au grand plaisir des législateurs.

Permets-moi d'être en désaccord. Si le terme "pirate" est banalisé parce qu'utilisé constamment pour désigner des millions d'internautes, il n'impressionnera plus le législateur.
mais non pour HADOPI la méconnaissance c'est la négligence caractérisée.

Et c'est SCANDALEUX! comme la novlang de la vidéoprotection qui n'est que une ESCROQUERIE elctoraliste de bas étage,

Ici on estime que un individu est négligent pars que il NE SAIS PAS LIRE! NE SAIS PAS FAIRE! N'A PAS L'INSTRUCTION REQUISE! alors la on a touché le fond!

2012 2012 2012 AUX URNES CITOYEN!
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:49
kemo, le 30/09/2010 - 18:45
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:38
Kemo > comme je l'explique dans l'article, c'est une bataille sémantique. En soit tu as raison et d'ailleurs le glossaire de l'Hadopi ramène dans cette direction. Mais pendant des années le terme "pirate" a été exploité par les adversaires de l'échange de fichiers pour les diaboliser. Le "jeu" a donc été de reprendre le terme sans complexe pour le banaliser, ce qui a fonctionné.
Mon commentaire a pour but de pointer du doigt les erreurs que certains sites spécialisés ne devraient pas se permettre. Par exemple, ta phrase de conclusion qui assimile téléchargeurs et pirates contribue à mes yeux à brouiller les pistes, au grand plaisir des législateurs.

Permets-moi d'être en désaccord. Si le terme "pirate" est banalisé parce qu'utilisé constamment pour désigner des millions d'internautes, il n'impressionnera plus le législateur.
Vu sous cet angle, il y a un intérêt indéniable à utiliser à outrance le mot "pirate". Au-delà, ce qui risque d'arriver à travers d'autres faits d'actualité, c'est un manque de compréhension quant à la définition de ce terme. Pour appuyer ce que j'énonce, actuellement le virus Stuxnet s'en prend à du matériel sensible, comment qualifier les initiateurs de ce vilain programme sans embrouiller les non-initiés? Est-ce à dire que les téléchargeurs, ces pirates, représentent la même menace?

Tout cela me laisse d'autant plus perplexe que beaucoup se battent pour démocratiser l'informatique telle que nous la connaissons et que ce mélange des genres ne va pas nous aider...
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:19
Ce qui fait réfléchir sur la politique pénale. Pourquoi préférer s'attaquer aux faibles d'esprit plutôt qu'à ceux qui profitent ce leurs faiblesses ?
Parce que c'est plus facile !
Et c'est cette voie qu'ont choisi les gouvernements ces dernières années. Combien de gens ne sont pas satisfait du système policier censé nous apporter assistance ? Il est bien clair qu'aujourd'hui notre marée chaussée s'active bien plus à réprimer les citoyens lambdas pour des erreurs au code de la route ou autres petits écarts (c'est tellement facile et ça rapporte tant), plutôt que de trouver les responsables d'actes plus graves et plus dangereux.
Hadopi suit la même logique.
Que disait Coluche ? "Les gardiens de la paix, au lieu de la garder, ils feraient mieux de nous la foutre!"
C'est encore plus d'actualité.
Je croyais que le pirate était celui qui était coupable de la négligence caractérisée ?

OH ET PUIS MERDE !

Y'en a marre de tous ces enculages de mouche en plein vol verbeux utilisés par une bande de cols-cravates corrompus.

Marre de toute cette mauvaise foi et de toutes ces contorsions verbales insipides.

Laissons les blablater leurs conneries et piratons dans notre coin. Les Madames Michus se feront fumer et nous OSEF on se peinards.
Croux, le 30/09/2010 - 18:44
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...
Une langue évolue aussi par ses usages. Larousse.fr donne par exemple comme définition, entre autres : "Personne qui pille les ouvrages des autres en copiant ou en démarquant.". On peut ne pas être d'accord, mais on ne peut empêcher quiconque de prêter au mot "pirate" la définition qu'il veut, surtout quand il la revendique.
Et il en va de même avec Larousse. Ils se sont empressés de valider ce terme dans leurs ouvrages suivant le process expliqué fort justement par Guillaume :
Guillaume, le 30/09/2010 - 18:38
Mais pendant des années le terme "pirate" a été exploité par les adversaires de l'échange de fichiers pour les diaboliser. Le "jeu" a donc été de reprendre le terme sans complexe pour le banaliser, ce qui a fonctionné.
Et oui, ça a fonctionné.

Pour rappel, la définition du mot pirate du Larousse en 1996 :
pirate nom masculin
(latin pirata)
1. Bandit qui parcourait les mers pour piller.
2. Pirate de l'air : personne qui, sous la menace, détourne un avion en vol.
3. Homme d'affaires cupide et sans scrupules.

• adjectif
Clandestin, illicite. Une radio pirate.

© Larousse.
Tiens ! Le patron à changer de tête et de nom. Envie de changer d'image ? fini le piratage ? :devil:
C'est vieux comme le monde.

Comment véhiculer un concept d'intolérance dans un pays, fier de "liberté, égalité, fraternité" ainsi d'être créateur(ce qui n'est pas exact) des droits de l'homme ?

Très simple :
-prendre "intolérance" et remplacer par "tolérance0" .

Et voilà !!! youpi :D

On peut revenir en 36 quand Hitler envahi la Pologne.
Bon pour l'Ouest c'est une invasion.
Mais pour lui, dans son discourt "Il va libérer les polonais prisoniers des juifs".

Encore ??

Les colonies françaises, c'est pour assouvir soif de conquête, de profits ?

Bien sur que non voyons !

Nous somme allé apporter la lumière de la civilisation à des peuplades qui n'ont pas la chance d'être aussi évolue que nous ;).

On peut en faire des annuaires de ces cas.

Y'a un mot qui résume : Propagande.
Natasha, le 30/09/2010 - 18:34
kemo, le 30/09/2010 - 18:29
Il faudrait, à commencer par Numerama, arrêter d'employer à tort et à travers le mot "pirate". Un pirate, ce n'est pas une personne qui télécharge des fichiers soumis aux droits d'auteur et qui décident qu'il faut passer à la caisse pour jouir de leurs fichiers, mais bien une personne qui s'infiltre dans des systèmes avec de bonnes ou de mauvaises intentions...


Et ceux qui attaquent et arraisonnent des bateaux quelque part dans le Détroit de Malaga, tu les appelles comment ?



:rolleyes:


Détroit de malaga ? xD.
Putain, même quand il est pas là, on parle de lui ! :p.
kemo, le 30/09/2010 - 19:01
Pour appuyer ce que j'énonce, actuellement le virus Stuxnet s'en prend à du matériel sensible, comment qualifier les initiateurs de ce vilain programme sans embrouiller les non-initiés?
Attention, tu vas passer pour un conspirationniste.
conspirationniste: celui là aussi est utilisé à outrance.

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