Hier, Facebook a dévoilé son service de géolocalisation. Surnommé Places, il permet à un utilisateur de signaler sa position géographique et d'effectuer des marquages, comme la présence d'un contact ou d'un lieu particulier. Pour une ONG américaine, le service présente quelques faiblesses au niveau du respect de la vie privée. L'ONG regrette l'absence de réglages permettant un contrôle plus pointu de la confidentialité.

Ces dernières années, les critiques n’ont pas manqué pour fustiger la gestion calamiteuse de Facebook en matière de vie privée. Le réseau social créé par Mark Zuckerberg a souvent été accusé de faire passer ses intérêts avant ceux des membres, au risque de fragiliser la confidentialité de certaines informations personnelles.

Devant la bronca des utilisateurs et des organisations de défense, le site web a cherché à se racheter une virginité, en essayant de regagner la confiance de ses membres. Facebook a donc multiplié les actions et les discours pour affirmer que jamais le réseau social ne trahira ses principes. Mais le mal est fait, et Facebook n’y coupera plus : désormais, chaque évolution du service et chaque lancement d’une nouvelle fonctionnalité sera scrupuleusement observée.

Cela s’est notamment vu lorsque Facebook a présenté hier son service de géolocalisation. Baptisée Places, l’application propose des fonctionnalités finalement assez proches des autres services du même acabit. L’utilisateur peut partager sa position géographique avec ses contacts ou retrouver des proches qui se trouveraient à proximité.

Pour l’heure, seuls les utilisateurs américains peuvent profiter du service. Une application est d’ores et déjà disponible pour l’iPhone, ainsi qu’un site mobile pour les navigateurs web supportant le HTML 5.

Facebook a promis que Places serait bientôt porté sur d’autres plates-formes mobiles, comme Android, et accessible prochainement aux membres situés en dehors des États-Unis. Cependant, Mark Zuckerberg s’est bien gardé de préciser un quelconque calendrier.

Mais à peine Places est-il entré en service que le service est déjà critiqué. Selon le site de l’Union américaine pour les libertés civiles pour la Californie du Nord (ACLU of Northern California), le service de géolocalisation de Facebook expose trop d’informations personnelles.

Selon l’ONG américaine, la fonctionnalité « People Here Now » (« Les gens actuellement dans le coin »), activée par défaut, ne propose pas de contrôles détaillés. L’utilisateur a simplement le choix d’activer ou de désactiver cette fonctionnalité. Il n’est pas non plus possible de se masquer à certains utilisateurs, et pas à d’autres.

Plus embêtant. Si un utilisateur souhaite signaler la présence d’un ami sur Places, ce dernier ne peut pas empêcher complètement ce marquage. Selon l’ACLU, il ne peut que reporter indéfiniment la requête en sélectionnant « Pas maintenant ». Cela ressemble dans les grandes lignes au marquage des contacts sur les photos. Il n’est pas possible de retirer la photo mise en ligne par un ami. Seule la mention peut-être retirée.

La réaction de Facebook à cette polémique récente sera intéressante à observer. En mai dernier, le réseau social rappelait dans ses principes que l’utilisateur a le contrôle sur la manière dont leurs informations sont partagées. Mark Zuckerberg a tout intérêt à le démontrer en offrant des réglages plus précis.

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