Serait-ce un nouveau modèle économique en phase d’expérimentation ? Selon mUmbrella, le journal australien the Sydney Morning Herald a décidé que l’accès à son application iPad serait uniquement réservé aux abonnés de la version papier. Une façon de redresser le tir à l’heure où la presse papier est fortement malmenée par la dématérialisation des contenus et la poussée de l’information gratuite sur le web ?

Jusqu’à présent, la presse essayait plutôt de monétiser d’une façon ou d’une autre son arrivée dans la sphère numérique, pensant sans doute que la presse papier finirait par disparaitre tôt ou tard, remplacée par une version dématérialisée. Depuis plusieurs mois maintenant, certains groupes de presse ont ainsi fait le choix du « paywall », sorte de péage à l’entrée de certains sites (ou articles) demandant une contribution financière ponctuelle ou un abonnement pour accéder au contenu.

En France, le quotidien Le Monde a commencé à creuser de ce côté-là. Certains de ses articles publiés en ligne sont uniquement accessibles aux abonnés ayant payés un accès. Le média avait cependant choisi de ne pas faire un tarif unique, en proposant plusieurs offres allant de 6 euros(lecture sur le site Internet) à 29,90 euros par mois (offre « quadriple play » qui permet d’accéder au site web, aux applications mobiles (iPhone, iPad), mais également à l’envoi par la poste de la version imprimée sur du papier recyclé).

Ainsi donc, Le Monde a d’une certaine façon lié l’accès à ses applications à la condition d’un abonnement, même s’il est toujours possible d’obtenir l’application gratuitement sur l’iPhone ou de s’abonner sans forcément prendre une offre quadriple play.

Cependant, là où the Sydney Morning Herald cherche à innover, c’est en faisant de l’abonnement papier une condition sine qua non pour profiter de la version numérique. En d’autres termes, pour profiter de la version moderne du média, il faut se lier à la version ancienne. Curieux paradoxe !

On pourrait néanmoins objecter que la version numérique apporte une réelle valeur ajoutée au « pack » global. Or, Mike Masnick rapporte que l’application n’est pas si exceptionnelle que cela. Manifestement, il ne s’agit plus ou moins que d’une version PDF de la version papier du journal.

Quel est donc alors l’intérêt de s’abonner au journal si la version dématérialisée n’apporte aucune nouveauté ? C’est d’autant plus dommageable que le numérique peut justement apporter de nouveaux contenus à l’utilisateur et une nouvelle façon de consommer l’information.

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