Kouchner a défendu cette semaine le droit au fascisme (ou à peu près)

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 09 Juillet 2010 à 20h08 - posté dans Société 2.0

Alors que la presse sur Internet était attaquée comme jamais par le gouvernement dans l'affaire Woerth, assimilée au "fascisme" par Xavier Bertrand, le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner organisait cette semaine au Quai d'Orsay une grande réunion internationale pour la défense de la liberté d'expression sur Internet.

Dans le grand déballage contre Mediapart et Internet orchestré par le gouvernement pour prendre la défense d'Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy, il est un ministre que nous n'avons pas entendu piper mot : Bernard Kouchner. Déjà en préavis de départ selon les rumeurs, le ministre des affaires étrangères a dû se sentir particulièrement mal à l'aise cette semaine, au plus fort de l'affaire Woerth-Bettencourt.

Car au moment où les ministres faisaient bloc pour dénoncer les prétendues "méthodes fascistes" de Mediapart et les "médias aux relents d'extrême droite et de trotskisme mêlés", en expliquant qu'un journaliste sur Internet ne pouvait pas être un vrai journaliste, Bernard Kouchner recevait jeudi au Quai d'Orsay une soixantaine d'invités, représentants de dix-sept gouvernements, d'ONG, d'entreprises et d'organisations internationales... pour défendre la liberté d'expression sur Internet.

La réunion était planifiée depuis le mois de mai et la rencontre entre Bernard Kouchner et son homologue néerlandais Maxime Verhagen, qui s'étaient mis d'accord pour faire de la France et des Pays-Bas les champions de la liberté d'expression en ligne. Elle devait concrétiser les grandes idées d'un "Internet universel, ouvert, fondé sur la liberté d'expression et d'association, sur la tolérance et le respect de la vie privée", qu'avait défendu le ministre des affaires étrangères dans une tribune publiée à la fois par Le Monde et le New York Times.

"Les participants ont constaté le nombre croissant d'atteintes à la liberté d'expression sur Internet", écrit la diplomatie française dans un communiqué publié le jour-même où la député UMP Muriel Marland-Militello prescrit une régulation (comprendre restriction) de la liberté de la presse. "Afin de lutter contre la négation, dans les nouveaux médias, de cette liberté fondamentale, ils sont convenus de la nécessité d'une mobilisation de tous les acteurs, étatiques et non-étatiques", poursuit le communauté du Quai d'Orsay.

Il définit les quatre directions engagées par les travaux : coordonner ou mettre en réseau les initiatives existantes pour suivre les engagements des Etats en matière de liberté d'expression sur Internet ; mettre en oeuvre des règles de responsabilité sociale (un code de conduite pour les entreprises exportatrice de technologies de filtrage et de brouillage) ; favoriser l'aide aux cyber-dissidents à travers les ONG ; et créer un statut juridique pour Internet proche d'un espace international.

Dans son discours d'ouverture de la réunion, Bernard Kouchner a souligné qu'avec "le développement d'Internet, jamais la liberté d'expression et de communication n'aura connue telle révolution ! (...) Un espace sans équivalent pour l'exercice de la liberté d'expression et d'opinion à travers le monde est en train de se constituer".

En total décalage, M. Kouchner ? Pas tout à fait.

Car il a aussi prévenu :

Ne soyons pas naïfs. Les révolutions technologiques peuvent apporter le meilleur comme le pire. Ne fermons pas les yeux sur les dérives possibles, au risque de voir ce formidable progrès se transformer en régression. Car Internet peut aussi être détourné de ce que doit être sa vocation : un espace de liberté. Si les droits fondamentaux sont bafoués, le réseau peut se transformer, comme tout média, mais avec une puissance décuplée, en instrument de propagande, de désinformation, de répression et de surveillance.

(...)

Ne nous y trompons pas ! La liberté que nous appelons de nos voeux sur Internet n'est pas une liberté absolue. Elle comporte des limitations. Et ces limitations sont justes et légitimes si elles sont déterminées non par quelques uns, mais par tous à travers les mécanismes de la démocratie ; si elles sont encadrées par la loi et ne relèvent pas de l'arbitraire ; si elles visent à protéger d'autres droits fondamentaux, tels que le droit à la vie privée et le droit de propriété intellectuelle ; si les sanctions qu'elles instaurent sont proportionnées au délit ou au crime.

Publié par Guillaume Champeau, le 9 Juillet 2010 à 20h08
 
 
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Commentaires à propos de «Kouchner a défendu cette semaine le droit au fascisme (ou à peu près)»
 

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Au niveau de liberté d'expression il n'est pas nécessaire d'ajouter des lois pour internet, les lois actuelles s'y appliquent déjà, et même au début d'internet, il y à toujours eut des limite, fixé par une "décence commune" qui est la netiquette.
Rien n'est inifini, contrairement à ce que les libéraux voudrais nous faire croire (sauf la connerie), lisez Dany Robert Dufour, les gens, vous verrez, c'est bien. :)

Après, pour la réaction de l'UMP à l'affaire Bettencourt, la défense de l'UMP c'est du n'importe quoi, ça ne vaut pas mieux que Monsieur K qui vous accuse d'être antisémite. Image IPB
Quand au reste, il faut aussi faire attention à ce que certaine lois ne viennent pas non plus empiéter la liberté d'expression ou de la presse, comme par exemple, le BREIN qui veut interdire les discussions sur la modification de la propriété intellectuelle au nom du respect de celle-ci.
Faut il aussi interdire les discussions sur les bidonnages statistiques des Pro IP selon le BREIN. Pas des cerveaux ces mecs.
droits fondamentaux et droit de propriété intellectuelle...N'importe quoi, depuis quand c'est un droit fondamental ? Faut arrêter de délirer...
Le réseau Internet est abondamment utilisé par les américains pour soutenir des dissidents dans des pays sur lesquels ils veulent faire main basse. Ce fut le cas en Iran aux dernières élections mais la tentative à avorté. Ils le feront dans chaque pays où leurs entreprises ont des intérêts, en particulier ceux pétrolifères car l'or noir est devenu l'étalon de la richesse. Demain il n'y aura plus d'or noir. Le monde passera au tout-électrique. Il faudra des batteries. Du lithium. C'est curieux que l'on ait récemment découvert que le pays où on en trouve une gigantesque quantité est l'Afghanistan...

Ne vous leurrez pas, il existe une certaine liberté sur Internet, celle qu'on peut vous accorder sans qu'on ait besoin de vous rectifier. Quand vous voyez des sites comme Wikileaks dénonçant les dommages de guerre des américains être menacés, censurés et infiltrés, hackés, on me dira en quoi on peut encore divulguer des informations libres qui n'aillent pas dans le sens du poil de l'Oncle Sam.

Quand à l'Hadopi, elle n'a rien à voir avec la propriété intellectuelle. Il s'agit d'un puissant outil de contrôle. Qui va où, fait quoi et poste quoi. L'Internet est devenu un peu trop libre pour les gouvernants.
Répondre à cet article c'est prendre le risque d'être fiché dans Edwige, ou d'être accuser d'ennemi de l'état. Est-ce que l'exemple de l'affaire Coupat ou de l'affaire Bétancourt ne les interpellent pas sur les intentions précises du gouvernement : est ce que internet n'est pas aujourd'hui en guerre pour défendre la démocratie contre les puissances financières et néo-libérales, creuset du fascisme.
Actualitée du 20 mars 2008
Cet article d'octobre 2006 annonçait la volonté du ministère de la Justice de mettre en place une plate-forme d'écoutes. Aujourd'hui, sa mise en marche opérationnelle vient d'être officiellement annoncée.
(http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/20/01001-20080320ARTFIG00010-la-justice-se-dote-d-une-super-plate-forme-d-ecoutes.php)
L'étendue de ses moyens et des données collectées est impressionnant - les voix, les images, les données de connexion, les dates et heures d'appels, le contenu des SMS, des mails et de toutes les communications circulant sur le Net, la géolocalisation, etc... Rattachée au secrétariat général du ministère de la justice, c'est à dire au pouvoir en place, elle sera accessible sans vérification de l'opportunité des recherches (!) qui resteront confidentielles (!). Pourquoi ce formidable outil de basse police stalinienne dépourvu de contrôle des contenus collectés, des véritables motifs de consultation et de l'utilisation est confié à l'administration de la Justice ? Tout simplement parce que la légitimité, la fonction théoriquement honnête, le pouvoir supérieur et la fonction suprême de dernier rempart de la république démocratique qu'elle représente pour les citoyens permettent de jouer sur la "confiance" et d'imposer à la fois le système de surveillance permanent et l'impossibilité d'obtenir condamnation de ses abus.
Askrin, le 12/07/2010 - 13:57
droits fondamentaux et droit de propriété intellectuelle...N'importe quoi, depuis quand c'est un droit fondamental ? Faut arrêter de délirer...

L'affaire a lieu aux USA alors:


To promote the Progress of Science and useful Arts, by securing for limited Times to Authors and Inventors the exclusive Right to their respective Writings and Discoveries;



Copyright and patent protection of authors and inventors are authorized by this clause, although it uses neither word.

http://www.senate.go...onstitution.htm

Section 8 article 1

ce qui explique le GROS CASSE TETE des députés et sénateurs US lorsque il faut y toucher.

Autre point cette disposition protéger L'HOMME (écrivain inventeur) et non la personne morale MAIS si elle stipule une limite elle ne dit pas OU elle doit s'arreter juste que cela doit être "limité dans le temps" ua sénat et a la chambre de se démerder.
Ca fait drôle quand même un séminaire sur la liberté et internet mené par celui qui facture des enquêtes sur le système de santé au Gabon à son ami Omar Bongo qui fut 42 ans "Président" dudit Gabon(ils se tutoyaient d'ailleurs)...

Source Wikipedia :

Omar Bongo est réélu président de la République du Gabon en 1979 : toujours candidat unique, il obtient 99,8 % des suffrages.

http://fr.wikipedia....B3.5D.2C.5B2.5D

A lire :

Bongo décaisse 817000 euros pour une société dont Kouchner est resté le président

http://www.nettali.n...euros-pour.html

Liberté et démocratie ont de fameux défenseurs !

Pour le séminaire de l'an prochain, lke président chinois ou Poutine ?

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