La question de la collecte des adresses IP par les sociétés assermentées pour le compte de la Haute Autorité a toujours été centrale dans le débat sur la lutte contre le piratage. En effet, le risque de collecter des adresses IP innocentes est omniprésent. Or, un nouvel outil pourrait considérablement faciliter la tache des ayants droit, en discernant les adresses IP partageant effectivement un contenu piraté des autres IP.

De toutes les embûches qui attendent les ayants droit et la Haute Autorité, la question de la collecte des adresses IP suspectées d’enfreindre le droit d’auteur est sans aucun doute la plus importante. Et pour cause, de nombreux moyens permettant d’injecter de fausses adresses IP dans les relevés des chasseurs de pirates se sont développés ces dernières années.

Le dernier exemple en date, SeedFuck, a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps, au point d’inquiéter certains parlementaires de la majorité présidentielle. L’un des députés avait d’ailleurs interpellé Frédéric Mitterrand sur ce « petit programme qui inonde les réseaux de téléchargements, en P2P, de fausses adresses IP« .

L’outil avait de quoi inquiéter : il générait de fausses adresses IP en créant de l’activité sur un hash (identifiant unique d’un fichier) donné. Ces fausses adresses IP génère également du trafic et des évènements, comme un téléchargement complété par exemple. Un problème supplémentaire pour une Haute Autorité s’étant déjà illustrée par la grande faiblesse du niveau de preuve exigé pour partir en chasse contre les pirates.

Pour empêcher SeedFuck de nuire au travail de collecte, la CNIL avait solutionné indirectement le problème en imposant la présence de « segments de fichiers téléchargés » dans les « données transmises à la Hadopi« . En d’autres termes, en plus de fournir des informations sur l’adresse IP, le réseau peer-to-peer utilisé, le nom du FAI ou encore l’heure et la date du méfait, les sociétés d’ayants droit devront également renseigner la Haute Autorité sur la nature du fichier échangé.

Or, un nouvel outil pourrait prochainement faire le bonheur des chasseurs de pirates. En effet, Torrentfreak rapporte l’existence d’un logiciel, BitAudit, capable de discerner les peers effectifs des autres adresses IP sur un fichier BitTorrent bien précis. Un outil qui n’a pas été conçu originellement pour faire la chasse aux pirates, mais pour comprendre aisément le fonctionnement d’un tel protocole, a assuré le développeur.

« Je suis un ingénieur et j’ai toujours aimé savoir comment les choses fonctionnent. Tous les clients BitTorrent que j’ai essayé ne me montraient pas ce qu’il se passait exactement en coulisse, alors je me suis décidé à programmer pour en savoir plus » a expliqué Sam. L’écriture du code s’est déroulé il y a un an, et désormais il cherche des beta-testeurs pour améliorer BitAudit.

Avec BitAudit entre les mains, nul doute que les ayants droit pourraient améliorer grandement la fiabilité des collectes d’adresses IP en filtrant très en amont les adresses IP suspectées de pirater effectivement un fichier des autres IP.

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