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Le Libre censuré par l'INPI à la Cité des Sciences ?

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 21 Avril 2010 à 10h34 - posté dans High-Tech

Depuis mardi et jusqu'au 13 février 2011, la Cité des Sciences et de l'Industrie organise à Paris une exposition sur la contrefaçon en partenariat notamment avec les dounanes, l'Union des Fabriquants, et l'Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI). "La vraie expo qui parle du faux", selon son slogan, aborde à la fois les questions de violation de droits des brevets, des marques ou des droits d'auteur. Une vitrine idéale pour les groupes d'intérêts qui cherchent à enseigner aux plus jeunes le respect de la propriété intellectuelle.

Mais l'art libre et le logiciel libre n'ont pas voie au chapitre pour montrer qu'il existe une alternative entre le tout propriétaire des industries représentées, et la contrefaçon. Selon Isabelle Vodjdani du collectif Libre Accès, "initialement, les commissaires de l'exposition avaient prévu de consacrer un modeste volet à la présentation du Libre", avec la présentation dans un coin de salle d'un "texte concis définissant le Libre, ses enjeux et ses perspectives".

Toutefois, rapporte-t-elle sur son blog, "quatre jours avant l'ouverture de l'exposition, j'ai reçu un mail de la commissaire en chef m'informant que mon texte ne pourra pas être diffusé". Le message disait : "notre partenaire principal, l'INPI, est farouchement opposé à ce que l'exposition donne la parole aux défenseurs du "libre". Nous avons essayé de discuter et d'argumenter avec eux mais l'INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d'enregistrer".

Cette censure est dérangeante à plus d'un titre. L'INPI est un établissement public qui a notamment pour mission de "former à la propriété industrielle et d'oeuvrer pour son développement". Il assure ainsi chaque année environ 15 000 heures de formation, dont sont sans doute exclues les questions liées aux licences libres qui prennent pourtant une place croissante dans l'économie, en particulier du logiciel. L'INPI est aussi "fortement impliqué dans l'élaboration du droit de la propriété industrielle et représente la France dans les instances communautaires et internationales compétentes", ce qui en dit long sur la défense du libre par la France à l'échelle internationale.

La Cité des Sciences est elle aussi un établissement public, qui selon sa présidente Claudie Haigneré a vocation à "promouvoir, sur tout le territoire et avec l'ensemble des partenaires de terrain, le rayonnement de la culture scientifique et technique". Or le logiciel libre est une part importante de la culture scientifique et technique française. L'exclure en obéissant aux injonctions de l'INPI est contraire aux objectifs de l'établissement.

Contacté en début de matinée, le service de communication de l'INPI nous a indiqué ne pas avoir connaissance de l'incident, mais il devrait revenir vers nous avec ses explications.

Publié par Guillaume Champeau, le 21 Avril 2010 à 10h34
 
 
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Commentaires à propos de «Le Libre censuré par l'INPI à la Cité des Sciences ?»
 

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En meme temps l'INPI c'est un gros truc de M... qui n'aime que l'argent alors forcement ils ne peuvent qu'être contre, si on pouvait dissoudre l'INPI ca se ne serait pas plus mal !
surtout que le libre est recommandé par ailleurs par les instances européennes et le gouvernement français.
Et hop, un "musée" de moins sur la liste.
herbeapipe, le 21/04/2010 - 13:30
Et hop, un "musée" de moins sur la liste.

Enfin bon, c'est pas leur faute directement, mais qu'est ce qui les oblige à se plier à cette INPI de m....... ?

Ca me rappelle les cours (de propagandes) au sujet du "droit" d'auteur dans les écoles au primaire (histoire de bien formater les gosses dès le plus jeune âge).
Drôles d'oiseaux à la Vilette... Dès la première phrase, du dossier de presse, ça démarre sur les chapeaux des valves: "Véritable manifeste anti-contrefaçon, « Contrefaçon, la vraie expo qui parle du faux » est une exposition citoyenne et pédagogique de la Cité des Sciences et de l'Industrie, qui aborde un phénomène de société qui nous concerne tous : chaque consommateur est tour à tour acteur, témoin, complice ou victime de copies." Nous sommes donc tous complices de ce "délit criminel" (sic). Ont participé à ce dossier citoyen et pédagogique: -L'INPI, Ilstitut National de la Propriété Industrielle. - La Douane (les gabelous dans la bergerie). - L'UNIFAB, association française de lutte anti-contrefaçon. - MICROSOFT (la bande à Ballmer). - Sanofi-Aventis, groupe pharmaceutique, inventeur du "délit criminel", une trouvaille à breveter d'urgence. - LEEM, les Entreprises du médicament. - PSA (Peugeot-Citroën) et Renault. Les absents: - Les acteurs du Libre (Logiciel, littérature, multimedia). - La Sécu, qui recommande les génériques. La lecture de ce dossier ne manque pas d'intérêt. Pour ceux qui veulent en faire une analyse plus fine, voici le lien vers la page qui contient le lien javascript (il est long comme le Transsibérien, ceci explique cela) vers le susdit dossier: http://www.cite-scie...ux&tname=Detail (ouf). Voilà un beau lièvre soulevé par Numerama...
àa c'est bien l'imbécilité de la fonctionne publique française qui s'en prend au domaine... public. Ces fonctionnaires doivent être mis en prison pour haute trahison et terrorisme... à la vitesse de la lumière.
Mais quels pourritures mafieuses. Beurk!
@poilagratter --> Pourquoi aller dépenser de l'argent dans un ticket alors que ce dossier de presse remplit à lui seul si merveilleusement bien sa mission de propagande ? :rire:

A noter, tout de même, un paragraphe qui sort du lot : page 9, l'avis éclairé et intelligent de Maurice Cassier, directeur de recherche au CNRS, qui dénonce la perversité et les dangers des brevets pharmaceutiques. Ca a le mérite d'être souligné.

Conclusion : beau lavage de cerveau des gamins, qui partiront du principe que "copier une musique ou un logiciel çay mal" (exit les Creative Commons et l'open-source)...
le service de communication de l'INPI nous a indiqué ne pas avoir connaissance de l'incident, mais il devrait revenir vers nous avec ses explications.

ben voyons ;)

et mon CU c'est du POULET ? :D
Merci à Numerama pour cette info ; il est toujours intéressant de savoir ce qu'il est fait de notre argent par des organismes publics.

J'espère que le parti pirate, Odebi, UFC et bien sûr tout ce qui représente le libre, vont se saisir de cette info assez gerbante et la traiter comme il se doit !
L'INPI rejoint la liste des entités blacklistées.

En même temps, de la part d'un organisme dont la raison d'être est de graver dans le marbre les réservations de droits et les monopoles d'exploitation, comment s'en étonner.
Enfin, faudrait quand même dire à l'INPI que s'opposer au Libre, c'est un combat d'arrière-garde...
ça m'ennuie un peu s'agissant d'une expo qui doit par ailleurs présenter un grand intérêt sur les autres cas de contrefaçon (luxe, médicaments, textile...), et qui nous apprendrait aussi, mais si vous avez une heure à tuer aujourd'hui, je propose de coller un texte dans le genre de ce qui suit sur les sites qui vantent l'expo...

"Cette exposition, sous prétexte d'évoquer toutes les formes de la contrefaçon et les dangers afférents (au risque des amalgames), est un prétexte pour une charge menée par le gouvernement (fidèle factotum des industries culturelles) contre les modes alternatifs de diffusion des biens culturels. Des incongruités obscènes comme l'Hadopi y sont vantées, des pans entiers de constructions juridiques et économiques sont purement et simplement niés (le logiciel libre, les licences Creative Commons, les modalités de création et de diffusion collaboratives).

Demandez à l'INPI, partenaire de l'exposition, pourquoi les licences libres, qui sont une déclinaison originale du droit d'auteur et questionnent le concept de contrefaçon d'une façon pertinente, ne seront pas représentées ni même mentionnées lors de cette exposition.

Demandez aussi aux organisateurs pourquoi la Douane s'associe si étroitement à cette exposition.

Et au final, zappez ce qui est aussi un outil de propagande pour les initiatives que prend le gouvernement en faveur des oligopoles industriels, au détriment des droits et des libertés des citoyens."
C'est quoi leur problème enfin ? Le Libre *fait partie* du droit d'auteur, autant que le reste, puisqu'il se construit dessus!
D'ailleurs justement ils auraient fort à dire sur les contrefaçons de logiciels libres (dont les viols de licence)...
cf. http://gpl-violations.org/ et http://ffmpeg.org/shame.html
Un petit rappel sur l'INPI qui fait régulièrement de la désinformation sur les pièces auto compatibles qui ne seront libéralisées dans l'EU qu'en 2012.

http://www.argusdela...pour-2012.23560

ce qui est amusant, c'est que le rapport européen sur l'absence de dangerosité des pièces compatible est difficile à trouver sur le net alors que les récriminations des constructeurs apparaissent dans les premiers résultats donnés par google.
En vérité je vous le dis ... Ben ça devient TRES GRAVE ... en France.
L'INPI outre passe ses droits en imposant son "dictat" à la Cité des Sciences.
Pourquoi Numérama ne saisirait pas le Juge des référés ...
(Avec l'appui de la lettre de la C des S)
Et pourquoi Numérama ne saisirait pas immédiatement le Ministre de la Culture ... (lol)
M.... il y a la loi ... soit ... mais l'abus de Droit des organismes publics ce n'est plus tolérable.
BOYCOTT ...
EDU, le 21/04/2010 - 14:39
le service de communication de l'INPI nous a indiqué ne pas avoir connaissance de l'incident, mais il devrait revenir vers nous avec ses explications.

et mon CU c'est du POULET ? :D

"Je sais pas... ça vous arrive de picorer du maïs avec le rectum ?"

(©flander's company)
Très juste ce qu'a dit Timekeeper.
Si pour un tel sujet, la Cité subit déjà l'influence de ses sponsors. J'ose même pas imaginer une expo qui porterait sur les OGM.
Je les vois déjà dire : "Excusez-nous mais Monsanto, notre partenaire principal, nous a demandé de ne pas parler des risques liés aux OGM". BRAVO la cité des Sciences.
Intéressant aussi l'amalgame fait dans le logo de l'exposition, entre la contrefaçon et le piratage :

Image IPB


Site de l'exposition.



Quel rapport entre la contrefaçon de médicaments ou de produits de luxe et les corsaires des Caraïbes d'il y a plusieurs centaines d'années ?
Pourquoi les copieurs de musique sur internet exagérément surnommés par un "pirates" hors de propos, sont-ils stigmatisés dans le logo de cette exposition ?

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