Le procès EMI - Pink Floyd a-t-il négligé l'intérêt du mélomane ?
Julien L. -
publié le Vendredi 12 Mars 2010 à 20h17 -
posté dans Société 2.0
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Après avoir entendu les prétentions des deux parties, un tribunal londonien chargé d'arbitrer le conflit a finalement ordonné à EMI de mettre fin à cette pratique, estimant que les mêmes règles devaient s'appliquer uniformément, qu'importe le format où est stocké la musique (CD physique ou fichier numérique). Et à côté de cette interdiction, la justice a exigé le versement à titre provisionnel de 44 000 euros de dommages et intérêts, en attendant de fixer définitivement le dédommagement à donner au groupe. Si la nouvelle de la condamnation d'EMI a bien évidemment fait le bonheur des opposants aux majors, la victoire des Pink Floyd dans cette affaire est-elle vraiment une bonne chose ? Car si les critiques envers les maisons de disques ne sont pas dénuées de fondement - ces dernières se sont "remarquablement" illustrées par un immobilisme constant et une incapacité chronique à embrasser les nouvelles technologies sans arrière-pensée -, encore faut-il s'assurer que tout cela ne va pas d'une façon ou d'une autre affecter le mélomane. Or, c'est peut-être ce qui s'est produit avec l'affaire EMI / Pink Floyd, comme le fait remarquer très judicieusement Freakbits. Loin de nous l'idée de dédouaner les maisons de disques de leurs travers et de leurs errements. Par le passé, elles ont largement démontré leur capacité à nuire à la créativité musicale, au public et aux artistes en activité ou anciennement sous contrat. À chaque fois, nous souhaitons que les droits des amateurs de musique et des artistes soient respectés, et que les sociétés chargées de commercialiser à grande échelle des albums de musique n'abusent pas de leur position de force pour dicter quoi que ce soit au consommateur, à l'artiste ou au législateur, sous prétexte que la révolution numérique bouleverse toute une économie. La grande force du fichier MP3 (ou de n'importe quel autre format audio) est d'avoir libéré l'individu du format finalement assez rigide de l'album CD. Avec l'ère du numérique, il est désormais possible d'acquérir des fichiers à l'unité, en choisissant les titres les plus attirants, ou de récupérer l'album en entier. Le consommateur a le choix : il n'a plus à débourser systématiquement une somme importante pour un bien culturel dont le format est finalement handicapant. Combien de CD ont-ils été achetés en France et dans le monde juste pour profiter d'un ou deux titres ? Sans doute énormément. Certes, dans cette affaire le groupe Pink Floyd a mis en avant la cohérence artistique des albums, cohérence qui serait nettement entamée si les musiques étaient écoutées à l'unité. Mais dans ce cas là, que dire des stations de radio qui diffusent tout à fait légalement les plus grands titres du groupe, sans pour autant lancer tout l'album ? Si on suit la logique du groupe, la sensibilité artistique des albums est violée. Est-ce pour autant que les Pink Floyd vont poursuivre les stations FM ? En faisant abstraction des royalties qu'EMI doit visiblement à Pink Floyd, il n'est pas sûr que cette victoire judiciaire soit nécessairement une bonne chose : car si le groupe va récupérer beaucoup d'argent, cela va peut-être se faire au détriment de la liberté d'appréciation de l'individu. Ne devrait-on pas être libre d'aborder une oeuvre à notre façon, même si cela va à l'encontre d'un travail artistique ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le procès EMI - Pink Floyd a-t-il négligé l'intérêt du mélomane ?»
Mindo, le 12/03/2010 - 20:17
La grande force du fichier MP3 (ou de n'importe quel autre format audio numérique) est d'avoir libéré l'individu du format finalement assez rigide de l'album CD. Avec l'ère du numérique, il est désormais possible d'acquérir des fichiers à l'unité, en choisissant les titres les plus attirants, ou de récupérer l'album en entier. Le consommateur a le choix : il n'a plus à débourser systématiquement une somme importante pour un bien culturel dont le format est finalement assez rigide. Combien de CD ont-ils été achetés en France et dans le monde juste pour profiter d'un ou deux titres ? Sans doute énormément.Mindo, le 12/03/2010 - 20:17 Certes, dans cette affaire le groupe Pink Floyd a mis en avant la cohérence artistique des albums, cohérence qui serait nettement entamée si les musiques étaient écoutées à l'unité. Mais dans ce cas là, que dire des stations de radio qui diffusent tout à fait légalement les plus grands titres du groupe, sans pour autant diffuser tout l'album ?Et si, suite aux conclusions de ce procès les majors font un retour en arrière en ne vendant plus de titre à l'unité, je crains que la santé de cette industrie risque d'aller de mal en pis... Sauf que les titres des floyds qui passent en radio sont des singles qui ont étés composés ou recomposés en tant que singles par le groupe ! Pas des tracks amputées d'un album et balancées telle quelles. Renseignez vous un peu avant de dire des âneries...
Les majors ne vendront pas de titre à l'unité si le contrat signé interdit de vendre des singles sans l'accord du groupe c'est tout. Les gens qui achètent un album pour un ou deux titres sont de toute façon crétins qui donnent leur argent à un artiste qu'ils n'aiment pas et ne connaissent pas vraiment, et achètent l'album pour se la péter parce qu'ils font la pub à la télé, alors qu'ils ne veulent que le morceau sorti aussi en single beaucoup moins cher. C'est vrai que beaucoup d'albums des Pink Floyd sont conçus comme un tout et d'ailleurs, très souvent, les titres s'enchaînent avec des transitions qui passent mal quand on fait une compil de morceaux pris sur différents albums.
Il n'empêche que je n'ai pas toujours envie d'écouter un album entier et que mon droit en tant qu'auditeur est de choisir ce que j'ai envie d'entendre. La comparaison entre les séquences d'un film est absurde, car même intégré à un tout, chaque titre se suffit à lui même (Anoter Brick in the wall s'écoute très bien sans connaître les autres morceaux) tandis qu'un film suit un scénario qui deviendrait incompréhensible dans un ordre différent ou amputé de séquences. Quand à la plupart des albums, pour moi ce sont juste des chansons mises bout à bout et il y a bien longtemps que je fais mes propres compils en virant les titres qui ne me plaisent pas (y compris avec les Pink Floyd). apbgalx, le 13/03/2010 - 21:51 Vous inquiétez pas pour les mélomanes : ils n'écoutent pas les Pink Floyds.wykaaa, le 13/03/2010 - 09:45
Pink Floyd a raison. Point ! Explications... Argumentation... Justification ?? ... De ce post assez "étrange" (on va dire). Vous me faites bien rire mais déjà un mélomane n'écoute pas du MP3 !
Le simple fait de la compression MP3 dégrade complètement la musique, alors après saucissonner l'oeuvre, on est plus à ça près ! ben ça dépend si on considère l'album comme un produit ou comme une oeuvre :
si dans un tableau telle partie a été faite avec telle technique, même si c'est cette partie qui donne sa valeur au tableau, je n'ai pas le souvenir que quiconque ait eu l'idée de découper le tableau pour ne prendre que ladite partie... Plusieurs arguments peuvent aller à l'encontre de l'idée que les morceaux des albums sont indissociables :
- des singles passent en radio (another brick, money) - des compils existent (echoes, great collection of dance songs,...) - des 45 tours ont existé (les singles qu'on entend en radio, learning to fly, on the turning away,...) - en concert, ils ne jouent pas d'album complet Dans la plupart des cas, on peut effectivement dire que ces versions ne sont pas de simples extraits des albums mais ont été retravaillées pour la compil, pour le single (l'intro à la guitare d'another brick par exemple). Mais pour les morceaux sortis uniquement en singles puis compilés des années plus tard sans modification, on fait quoi (arnold layne ou see emily play) ? De même, j'ai le souvenir d'un 45t ne contenant que l'intro de shine on you crazy diamond. C'est pas si simple finalement !! Il reste quand même un truc : ils ont signé un contrat et ce contrat doit être respecté, point barre ! Et puis m..., quand on aime le floyd, on achète le CD, pas un truc tout compressé tout pourri ! Et on écoute l'album en entier, ou au moins une "face" (enfin, ce qui était une face en 33t). Tiens je vais me faire tout Wish you were here moi !
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Certains albums sont à considérer comme un tout indisociable.
Pas tous, mais si c'est la volonté de l'artiste, pourquoi la maison de disque pourrait passer outre ?
Maintenant... les titres à l'unité seront toujours dispo en piratage... du coup c'est un peu foireux.
Mais bon, les sites de vente en ligne reposent quasi uniquement sur la vente de titres, et non sur la vente d'albums... ce principe là aussi est foireux. (du coup les albums sont très chers)