Un artiste découvre sa propre musique supprimée de YouTube... à cause d'un ayant-droit

Julien L. - publié le Jeudi 23 Juillet 2009 à 17h16 - posté dans Musique Numérique

Un artiste britannique, Calvin Harris, a eu la mauvaise surprise de voir son propre travail supprimé de YouTube. À l'origine, une plainte déposée par un ayant-droit pour... une violation du droit d'auteur.

Depuis plusieurs mois maintenant, YouTube fait de son mieux pour retirer dès que possible les contenus soumis au droit d'auteur. Le site web d'hébergement de vidéos reçoit en effet de nombreuses plaintes liées à la mise à disposition illégale d'oeuvres protégées. Dans une récente affaire rapportée par Techcrunch, nous apprenons que YouTube fait non seulement du zèle sans vraiment vérifier les demandes des ayants-droits, mais en plus, les titulaires de droits d'auteur se tirent eux-mêmes une balle dans le pied en demandant la suppression d'une vidéo appartenant bel et bien à un artiste.

C'est l'étrange histoire qui est arrivée à Calvin Harris, un artiste britannique. En effet, Calvin utilise les réseaux sociaux pour faire connaitre son travail au plus grand nombre et dispose donc de plusieurs comptes, notamment sur YouTube et sur Twitter. Malheureusement pour le musicien, son clip "Ready for the Weekend - Original Mix" a purement et simplement été effacé de son propre compte suite à une plainte d'un ayant-droit.

Évidemment, lorsque Calvin Harris a découvert cette suppression, l'artiste a exprimé son mécontentement sur Twitter dans des propos tout à fait compréhensibles, même pour les non-anglophones. Les propos très durs d'Harris sont principalement dirigés contre la BPI, une association interprofessionnelle de l'industrie britannique du disque intégrant notamment les quatre grandes majors du disque (Warner Music, EMI, Sony BMG, et Universal Music).

Selon Techcrunch, cet épisode malheureux cache en réalité un plus gros problème. Des querelles et des luttes de plus en plus importantes surviendraient entre les différents labels de musique. En effet, ces derniers n'hésiteraient plus à se mettre des bâtons dans les roues en se balançant sans vergogne la loi américaine du Digital Millennium Copyright Act (DMCA). Pour mémoire, cette loi a pour but de fournir notamment un moyen de lutte contre les violations du droit d'auteur.

Il semblerait qu'aucun avertissement préalable n'ait été envoyé, laissant dès lors l'artiste impuissant et ignorant de la prochaine suppression de sa vidéo. Forcément, lorsque l'on jette un oeil sur le site de la BPI, on ne peut s'empêcher de sourire : "la BPI croit qu'un système de réponse graduée - laquelle permet d'avertir les contrevenants par un système progressif de notifications, d'avertissements et de mesures dissuasives - est une mesure loyale et proportionnée pour amener un changement de comportement".

Et Techcrunch de conclure : "qui a besoin d'un changement de comportement ici ?".

Publié par Julien L., le 23 Juillet 2009 à 17h16
 
 
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Commentaires à propos de «Un artiste découvre sa propre musique supprimée de YouTube... à cause d'un ayant-droit»
 

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c'est bien connu, les majors ont tous les droits :p
eh ben espérons que le fucked artist change son esprit et qu'il se tourne vers le monde libre.
Nous ne sommes plus en régime républicain, mais en monarchie. Tout est permis !!!
Youtube ne fait pas que ça sur les artistes. J'ai eu la désagréable expérience de voir les vidéos que je postais des interventions de sarkozy alors qu'il était candidat qui se sont vus supprimés sous prétextes d'infraction aux droits d'auteurs..
Il conviendrait de se souvenir ou de prendre conscience qu'en droit anglo-saxon c'est le Copyright qui s'impose et non le Droit d'Auteur. De fait c'est le producteur qui est le plus souvent titulaire du droit exclusif d'autoriser ou d'interdire, le créateur n'a plus qu'à s'effacer ou aura beaucoup de mal aller contre. Ceci explique sans doute cela. Numerama a bien tort d'entretenir la confusion mais peut-être qu'on y a pas encore compris qu'il avait une différence de pratiques juridiques entre les pays de droits d'auteur et les pays de copyright. Pourtant les mots disent bien ce qu'ils veulent dire et si on traduit mot à mot copyright on obtient droit de (réaliser des) copies. À l'origine le créateur en est automatiquement titulaire mais lorsqu'il l'a cédé à un tiers il en est dépossédé, si ce n'est automatiquement une fois qu'il a enregistré pour un producteur. Ainsi si la maison de disque demande le retrait du clip YouTube celui-ci ne peut que s'incliner.
L'exemple de la France n'est pas représentatif du reste du monde. Sony et Warner font jeu égal avec Universal à l'échelle mondiale, seule EMI voit ses parts de marché diminuées.

4 maisons de disque ? euh... c'est qui les 3 autres ? parce que à part Universal qui bouffe tous les autres...
C'est la mort de la culture avec HADOPI
Et oui, une fois dans l'engrenage des ayants droit, votre musique ne vous appartient plus et vous devenez leurs choses ... HADOPI c'est tout ça, la mort de la culture.
Avec cette loi HADOPI, moi qui crée des titres, j'ai bien peur que les sites comme youtube censure sans même se poser de questions. Du coup, la culture prend un virage extremiste
C'est tout le drame de la cession des droits patrimoniaux, on perd réellement les droits sur son oeuvre, au point de risquer l'attaque pour contrefaçon quand on met sa propre oeuvre sur son site perso.

A quand un syndicat des auteurs visant à défendre un meilleur contrôle de ses droits patrimoniaux et à éviter les situations actuelles de cession totale de ses droits qui sont systématiquement préjudiciables à l'auteur et qui ne sont toujours profitable exclusivement qu'au cessionnaire ?
Et cela est valable dans le monde de l'écrit (littérature ou autre), de la musique, et du reste... Tout le système est fait pour avantager les cessionnaires, tandis que le cédant - qui est quand-même lui qui a fait tout le vrai travail, se fait systématiquement spolier.
et au fait question con: il est pas "ayant droit" de sa propre chanson lui ???

Il les a probablement cédé à l'exploitant. C'est le deal classique "je te donne mes droits, en échange tu te charges de les faire fructifier et tu me donnes X% des recettes".

Evidemment, il existe d'autres modèles envisageables, du style licence non-exclusive, mais aucune maison de disque, aucun éditeur, aucun distributeur ne propose ce genre de contrats, parce que c'est beaucoup moins intéressants pour eux puisque ça les empêche de b__ser l'auteur... aucun label n'a d'intérêt à ce que tu restes propriétaire - donc maître - de ta propre oeuvre, alors qu'ils peuvent te la piquer pour en profiter un maximum et pour te mettre au pas (puisque tu ne peux pas aller voir ailleurs avec tes morceaux, puisque tu n'es plus propriétaire des droits).

Bref, de l'entubage dans toute sa splendeur. Et après, tu les vois la main sur le coeur en train de verser une larme sur la sauvegarde des Artistes...

Les Artistes, dans un premier temps, ce dont ils auraient besoin, c'est qu'on arrête de les prendre pour de gentils pigeon à qui on peut voler le travail pour trois franc six sous...
Nous ne sommes plus en régime républicain, mais en monarchie. Tout est permis !!!

Mais qu'est-ce que tu racontes toi ? Ca se passe même pas en France. Il existe des tas de monarchies où les droits sont plutôt mieux respectées qu'ailleurs (compare la Suède et le Danemark, qui sont des monarchies, avec la France, qui est une République), et cette affaire n'a de toute façon aucun rapport avec la politique.

àa devrait pas être permis de la ramener quand on est aussi à l'ouest...
Il conviendrait de se souvenir ou de prendre conscience qu'en droit anglo-saxon c'est le Copyright qui s'impose et non le Droit d'Auteur. D

Bwof, ça se passe pareil sous le régime du Droit d'Auteur à la française. Tu cèdes le plus souvent tes droits patrimoniaux pour ne garder que tes droits moraux, qui te laissent assez peu de pouvoir en fin de compte.

J'ai déjà eu la désagréable surprise de découvrir (aaah les petites lignes dans le contrat) que j'avais cédé tous mes droits patrimoniaux sur un travail dont J'étais l'auteur à une entreprise... autant dire que j'étais furax.
et cette affaire n'a de toute façon aucun rapport avec la politique.

Un peu quand même. C'est bien la conséquence d'une certaine politique, qui a créé un certain droit.
Le retrait est stupide dans les faits puisque la présence de cette vidéo permettait de faire de la pub à l'artiste...

Pour ce qui est de la différence copyright / droit d'auteur, les philosophies de base sont bien différentes mais Makhno je te trouve quand même idéaliste. Les deux logiques tendent de plus en plus à se confondre ...

Ici il y a quand même quelque chose que je trouve un peu "bizarre". Vous parlez de l'artiste et de ses droits sur son oeuvre, ok. Il y a deux choses différentes : la chanson (auteur + interprète) et le vidéoclip, qui n'est pas l'oeuvre du mec qui interprète la chanson, mais d'un auteur-réalisateur qui a signé un contrat d'engagement + un contrat de cession de droits avec la maison de disques.

Le BPI, j'imagine que ça doit être l'équivalent de la SCPP française ?
Je suis bien d'accord avec Calvin. Reste maintenant à ce que les autres artistes en fassent de même, et ça devrait aller déjà mieux. Après restera la loi Loppsi 2
Qui a jamais cru que les lois que les Majors font voter sont destinées à protéger les auteurs ? Les Majors ne protègent que leurs propres intérêts.
les artistes contemporains vivent une drôle d'époque . http://www.artistescontemporains.org
lilalola, le 24/07/2009 - 17:32
Pour ce qui est de la différence copyright / droit d'auteur, les philosophies de base sont bien différentes mais Makhno je te trouve quand même idéaliste. Les deux logiques tendent de plus en plus à se confondre ...
Que les grands groupes aient la fâcheuse tendance de vouloir Copyrightiser le Droit d'Auteur est patent mais c'est un autre débat, fort intéressant encore qu'il faille justement distinguer la différence entre les deux pour l'aborder. Le fait est qu'un auteur dispose d'armes plus efficaces pour faire valoir ses droits lorsque la loi est plus équitable. Quand tu enregistres aux USA tu cèdes tes droits automatiquement, en France le producteur ne peut rien faire sans un contrat que tu négocies avec lui. La différence est énorme. Si Nina Simone avait été à la SACEM elle n'aurait pas tout perdu sur “My Baby Just Cares for Me”. Elle aurait été automatiquement rémunérée pour tous les passages de la pub dans les medias sans qu'elle ait à lever le petit doigt. Or ça se chiffre en millions de dollars.

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