Nespresso, "What else ?". A partir du mois de mai, les grandes surfaces pourront apporter une réponse à George Clooney en proposant dans leur rayon des capsules compatibles Nespresso, jusque là interdites sur le marché. Un ancien dirigeant de la filiale de Nestlé aurait en effet "cassé le DRM" des dosettes pour faire concurrence à son ancien employeur.

L’an dernier, lorsque Nestlé a poursuivi en justice un site Internet qui souhaitait promouvoir le « café libre » par opposition au café « fermé« , « propriétaire » et « captif » de Nespresso, nous avions fait ce parallèle entre les machines à café Nespresso et les baladeurs Apple :

En quelques sortes, Nestlé est un peu l’Apple de la machine à café, et Nespresso son iPod. Les dosettes à café ne pouvant être achetées que sur l’iTunes de Nestlé, c’est-à-dire son site internet ou les boutiques officielles comme celle présente aux Champs Elysées. Nestlé a toutefois un avantage supplémentaire par rapport à Apple : les consommateurs peuvent difficilement contourner le « DRM » des Nespresso avec l’utilisation de capsules piratées (certains essayent). L’enfermement du consommateur n’est donc que plus fort encore.

Nous expliquions en effet que pour empêcher la vente de dosettes compatibles, « Nespresso interdit à des producteurs concurrents de commercialiser des dosettes compatibles, en usant sans doute de ses brevets et autres protections des dessins et modèles pour les en dissuader« .

Or Jean-Luc Gaillard, qui a dirigé Nespresso entre 1988 et 1997 puis fondé depuis la société Ethical Coffee Compagny, affirme avoir en quelque sorte cassé le DRM des cafetières de George Clooney. Il aurait en effet exploité une « faille«  dans les brevets de la filiale de Nestlé, et pris « toutes les précautions juridiques nécessaires » pour commercialiser des dosettes compatibles. Elles seront commercialisées dans les grandes surfaces Casino, Monoprix et Leader Price.

Nestlé, de son côté, a le bon réflexe. « Ce ne sont pas les brevets qui nous protègent le plus, c’est la qualité de nos produits« , assure ainsi Nespresso. En effet. Mais dans ce cas, pourquoi avoir jusque là protégé mordicus (et avec grande fierté) sa propriété intellectuelle pour empêcher les consommateurs de goûter la qualité inférieure des produits concurrents ? Et pourquoi avoir porté plainte contre un site qui mettait en avant les avantages des systèmes standards telles que les dosettes ESE ?

Si la qualité des dosettes est sans aucun doute un critère très important, le prix en est un également. Or une fois que le consommateur a acheté sa cafetière Nespresso, il n’a pas d’autre choix que d’acheter très cher les dosettes adéquates vendues exclusivement par Nespresso. L’arrivée de dosettes compatibles concurrentes l’obligera donc à baisser ses prix, ou à varier ses gammes pour conserver la clientèle moins fortunée.

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