Le Syndicat National de la Magistrature et le Syndicat des Avocats de France ont publié aujourd’hui un communiqué commun, qui dénonce le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi). Le communiqué qui émane de deux organisations des plus sérieuses commence fort, en rappelant cette citation de Frédéric Lefebvre, qualifié d’humoriste (sic) : « A force de réfléchir avant de légiférer, on reste immobile« .

Le communiqué dénonce assez largement l’ensemble du texte qui sera débattu mardi à l’Assemblée Nationale, notamment sur la vidéosurveillance (qui devient « vidéoprotection » pour rassurer madame Michu) qui vise à « généraliser l’espionnage des espaces publics, au nom d’une  » efficacité  » d’autant plus hypothétique que le fameux  » exemple anglais  » s’apparente à un  » véritable fiasco  » selon l’expression d’un responsable de Scotland Yard…« . Mais il s’attaque aussi au filtrage illusoire des sites pédopornographiques.

Il s’agit selon les deux organisations d’un « fitrage policier des sites internet, aussi inefficace que lourd de menaces« . Vous pourrez lire pour mieux comprendre le livre « Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du net » paru aux éditions InLibroVeritas. Le PDF est disponible gratuitement. Même si son encadrement par un juge devrait finalement limiter les risque de dérives, l’idée-même du filtrage pose de redoutables questions. Quand bien même le filtrage serait possible techniquement sans effet de bord, il risque d’être contreproductif, d’alimenter financièrement les réseaux pédopornographiques qui proposent des moyens d’accès sécurisé aux contenus moyennant finances, d’être extrêmement coûteux pour les FAI (donc pour les abonnés), et de créer un précédent législatif qui sera progressivement étendu, comme l’a été le fichage des empreintes génétiques.

En conclusion, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France « appellent les parlementaires et tous les citoyens soucieux du respect des équilibres démocratiques à s’opposer fermement à ce nouveau projet liberticide qui poursuit en réalité d’autres objectifs que la lutte contre la délinquance et nous prépare une société de contrôle« .

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