Commission Copie Privée : l'UFC-Que-Choisir écartée, l'UNAF confortée
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 30 Décembre 2009 à 20h41 -
posté dans Société 2.0
![]() L'arrêté fixant la nouvelle composition de la Commission Copie privée, la première depuis la réforme Besson, est tombé ce mercredi. Surprise, l'UFC-Que Choisir qui combat la taxe pour copie privée a été écartée. En revanche, l'Union Nationale des Associations Familiales qui n'est pas hostile a été confortée. On notera aussi l'apparition de la Fédération Française des Télécoms qui représente les FAI, et de la FEVAD qui représente les cybermarchands de supports taxés.
L'association de consommateurs paye son opposition à la rémunération pour copie privée, qu'elle souhaite remplacer par une sorte de licence globale. Pour protester notamment contre une méthodologie qui fait des bénéficiaires de la copie privée les donneurs d'ordres des études qui servent à fixer le montant des taxes, l'UFC-Que-Choisir avait quitté depuis plusieurs années la table des négociations, pratiquant la politique de la chaise vide. "Il n'est pas question de discuter de nouvelles taxes avec des études qui seraient encore commandées et financées par les ayants droit", nous avait prétenu le porte-parole de l'UFC-Que Choisir Edouard Barreiro. "Nous voulons avoir la possibilité d'influer sur la méthodologie choisie, de comprendre comment a été définie une certaine méthodologie, et nous voulons stabiliser cette méthodologie pour qu'elle soit la même quel que soit le support : lecteur MP3, mémoire Flash, disque dur, disques Blu-Ray...". C'est raté. La réforme ne le prévoit pas, et l'UFC-Que Choisir a été écartée malgré sa grande popularité. Le gouvernement, qui a signé le décret de trois mains (Ministères de la Culture, de l'Industrie et de la Consommation), a probablement anticipé la mise en oeuvre de la réforme Besson qui prévoit qu'un membre est automatiquement congédié s'il ne peut justifier de trois absences. En revanche, l'UNAF fait toujours partie des heureux élus, censés représenter les consommateurs et donc contre-balancer les désirs les plus fous des industries culturelles bénéficiaires de la taxe. Or comme nous l'avions expliqué, l'Union Nationale des Associations Familiales défend la taxe pour copie privée au noms des familles d'artistes qu'elle représente également. Le cul entre deux chaises, comme on dit vulgairement. Sur le papier, la composition de la commission semble équilibrée. Les bénéficiaires de la taxe comptent 12 sièges, tout comme les vendeurs des supports taxés (6 sièges) et les représentants des consommateurs (6 sièges). Mais en pratique, la moindre division parmi les 12 groupements représentés chez "les opposants à la taxe" (un siège chacun) fait pencher la balance en faveur des ayants droit, dont les deux principales organisations bénéficient de cinq voix chacunes. Voilà comment l'on arrive sans difficulté à des taxes de plus en plus aberrantes, où les ayants droit perdent tout contact avec la réalité et nourissent le marché gris. C'est justement pour rappeler l'existence de ce marché gris que la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) fait son entrée à la commission. En 2007, la cour d'appel de Paris a jugé que les sites de vente étrangers n'avaient ni à payer la taxe, ni à rappeler l'obligation faite aux consommateurs français de la payer à réception des produits. Ce qui cause un préjudice évident aux sites marchands français, qui sont obligés de vendre plus chers les mêmes produits et subissent ainsi une distorsion de concurrence dont se préoccupe Bruxelles. Quant à la Fédération Française des Télécoms (FFT), son entrée au sein de la Commission Copie Privée est le signe avant-coureur d'une extension du champ d'application de la rémunération pour copie privée. Peut-être directement étendue aux abonnements à Internet qui seront taxés, mais peut-être aussi aux services de stockage ou d'enregistrement TV à distance, qui prennent une place croissante dans les pratiques des internautes. Avec tout cela, on oublierait cependant presque l'essentiel. Le fait que la rémunération pour copie privée a été mise en place pour dédommager les ayants droit des actes de copie privée, qui sont devenus dans l'univers numérique totalement interdits et même bientôt chassés par l'Hadopi. Taxer une pratique par ailleurs poursuivie pénalement, voilà bien le vrai scandale de cette commission pour copie privée, bien avant l'évincement de l'UFC-Que Choisir, qui reste anecdotique. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Commission Copie Privée : l'UFC-Que-Choisir écartée, l'UNAF confortée»
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estann
le 31/12/2009 à 18:07
jt_69.V, le 31/12/2009 - 18:00
Bof... de toutes façons, qui grave encore des DVD de nos jours ? VIDEOCLUB, le 31/12/2009 - 12:13
une petite question, ta VOD prends en compte la même qualité que le BR et le BR 3D ?et puis si tu veux voir le dernier Harry Potter il faut la box Orange et pour le film La Haut la box SFR c'est pas mal la VOD à ce jour Pour une fois je suis d'accord avec toi les exclusivités cassent une peu (beaucoup) les pieds (pour rester poli), cependant le piratage a permis une baisse rapide des prix pour les DVD pourquoi louer un DVD 3€ pour 24 heures quand on peut l'avoir "définitivement" pour 5€ ( Zergy, le 31/12/2009 - 13:47
Leur identité nationale, j'espère qu'on va leur faire passer à travers le corps. Vous voulez qu'on se sente français ? Continuez à augmenter les impôts et à pavaner dans les soirées Fouquets, et nous, on viendra alors vous chercher pour vous tondre à la bastille avant de vous envoyer illico dans la France que vous aimez (mais si, la France tu l'aimes ou tu la quittes...), c-a-d la Chine ou l'Iran!
La tondeuse c'est pour les journalistes. Pour les politiques la véritable identité française c'est ça Si seulement... Je suis sidéré que enter n'ait toujours pas pigé comment utilisé les balises de citation, mais bon, c'est anecdotique, mais ça montre bien le personnage qui est super bien intégré dans la vie numérique et tout quoi... Bref.
Tu paies une taxe pour copier des oeuvres à partir de sources légales : des CD achetés, prêtés par des amis ou loués dans des médiathèques. Cela ne t'autorise pas à aller télécharger illégalement de la musique ou des films.
Depuis la loi DADVSI, enter, la copie privée est devenue elle aussi illicite... Le contournement des dispositifs de protection est aussi interdit. Personne n'a parlé de téléchargement illégal ici sauf toi. Hors sujet donc... La taxe pour copie privée pour un DVD vaut environ 0.5 centimes d'euros pour un morceau mp3 de 6 Mo. Tu crois vraiment que cette taxe de un demi-centime équivaut au prix du morceau de musique téléchargé illégalement ?
Je dois etre fatigué, mais j'ai rien compris là tellement tout est amalgamé...softangel, le 01/01/2010 - 01:11 Je suis sidéré que enter n'ait toujours pas pigé comment utilisé les balises de citation, mais bon, c'est anecdotique, mais ça montre bien le personnage qui est super bien intégré dans la vie numérique et tout quoi... Bref.softangel, le 01/01/2010 - 01:11 Depuis la loi DADVSI, enter, la copie privée est devenue elle aussi illicite... Le contournement des dispositifs de protection est aussi interdit.C'est bien beau la copie privée, encore faut-il prouver que tu possèdes bien l'original : or, la copie privée permet justement de conserver une copie d'un original qu'on peut ensuite avoir perdu ou qui soit définitivement abimé... Du coup, si on l'a plus, l'original, on peut même pas prouver qu'on a copié légalement. Cette taxe est une grosse merde, y'a pas d'autre mot pour la définir, et seuls les enter et fcna2005/videoclub sont encore là à la défendre. Elle est belle la france avec tous ces vautours, jamais rassasiés.
Artiste, auteur et membre d'une société d'auteurs (pour combien de temps encore ?), je suis opposé à cette taxe.
Dès lors que je réalise une sauvegarde numérique de mes propres oeuvres, je paie cette taxe. Je ne bénéficie d'aucun retour de la part de la société d'auteur à laquelle j'appartiens, alors que d'autres "artistes" profitent de mon travail, notamment des "artistes" membres d'autres sociétés d'auteurs...Question moralité, c'est fabuleux !! Bref, lassés de voir notre travail artistique profiter à d'autres, comme beaucoup d'artistes dans mon cas, nous envisageons la création d'un collectif et le dépôt d'une plainte...Nous ne savons pas encore sous quel angle attaquer, et l'aide d'un juriste nous serait précieuse. Mais au fait : Le délit de recel s'applique à ceux qui, en connaissance de cause, tirent profit ou bénéfice de l'infraction d'origine. L'article 321-1 sanctionne donc le recel d'usage. Le receleur doit, pour commettre l'infraction, connaître l'origine délictueuse de la chose dont il se sert ou utilise. C'est le cas me semble t'il depuis le vote de la loi Hadopi ?? Merci de nous éclairer. darkevil, le 02/01/2010 - 03:43 C'est bien beau la copie privée, encore faut-il prouver que tu possèdes bien l'original : or, la copie privée permet justement de conserver une copie d'un original qu'on peut ensuite avoir perdu ou qui soit définitivement abimé... Du coup, si on l'a plus, l'original, on peut même pas prouver qu'on a copié légalement.artiste66, le 02/01/2010 - 11:57 Dès lors que je réalise une sauvegarde numérique de mes propres oeuvres, je paie cette taxe. Je ne bénéficie d'aucun retour de la part de la société d'auteur à laquelle j'appartiens, alors que d'autres "artistes" profitent de mon travail, notamment des "artistes" membres d'autres sociétés d'auteurs...Question moralité, c'est fabuleux !! Bref, lassés de voir notre travail artistique profiter à d'autres, comme beaucoup d'artistes dans mon cas, nous envisageons la création d'un collectif et le dépôt d'une plainte... Tout ce que j'ai trouvé dans la loi sur le droit à la copie privée, c'est cet extrait de l'article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle :
Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : 1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ; 2° Les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique ; Peut-on me dire où il est demandé de posséder l'original ?
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