Après avoir proposé le remboursement intégral d'un jeu vidéo buggé à sa sortie, l'éditeur Stardock a constaté qu'une très grande majorité des joueurs qui ont demandé le remboursement ont ensuite racheté le jeu une fois les problèmes corrigés.

Alors que certains éditeurs comme Activision préfèrent aller à l’encontre de leurs clients pour préserver certaines idéologies industrielles (en particulier le contrôle du joueur à travers des DRM et un multijoueur fermé), l’éditeur Stardock continue de promouvoir un respect intègre du joueur, et du donc du client.

Certains d’entre vous se souviennent peut-être que Stardock et Gas Powered Games avaient publié en septembre 2008 une Déclaration des Droits des Joueurs, qui prônait notamment dans son premier article que « les joueurs ont le droit de retourner les jeux qui ne fonctionnent pas avec leur ordinateur et d’être intégralement remboursés« . Dans son rapport annuel 2009 (.pdf) publié ce jeudi, Stardock dresse un premier bilan de cette Déclaration, qu’il a dû mettre en application.

L’éditeur raconte ainsi en toute transparence qu’à sa sortie, son jeu de stratégie Demigod a été « paralysé par la conjonction de ressources réseau insuffisantes et d’un code réseau qui n’était pas suffisamment évolutif« , et que « le résultat a été un désastre qui aurait pu être évité par un programme de bêta plus long et plus large« . Il avait fallu trois semaines au studio pour corriger le tir.

Fidèle à ses engagements, Stardock a proposé aux joueurs déçus par l’expérience multijoueurs de leur rembourser leur copie de Demigod, qu’ils l’aient achetée en ligne en version téléchargeable, ou en magasin en version boîte (auquel cas Stardock remboursait aussi de sa poche la partie du prix public qui revenait au détaillant).

Le remboursement, qui n’est déjà pas chose commune chez les éditeurs de jeux vidéo, est d’autant plus remarquable que tous les jeux édités par Stardock s’installent intégralement sur le disque dur, ne disposent d’aucun DRM, et ne demandent pas le CD au lancement. Un joueur qui a installé le jeu sur son PC peut donc tout à la fois se faire rembourser et continuer à y jouer.

A ce jour, 2.000 joueurs ont choisi de retourner leur exemplaire de Demigod, dont 60 % qui l’avaient acheté en magasin. Mais, c’est là le plus étonnant, Stardock ajoute que « près de 90 % de tous les utilisateurs qui ont retourné Demigod ont ensuite de nouveau acheté le jeu une fois que le problème réseau a été résolu« . Epatant.

L’opération a globalement été très profitable pour Stardock, puisqu’elle lui a permis d’éviter une campagne de dénigrement, et permis d’être au contraire respectée par les joueurs qui s’étaient eux-mêmes sentis respectés par l’éditeur.

Aujourd’hui, le jeu continue d’être vendu à plusieurs milliers d’exemplaires chaque semaine. Comme quoi le business n’est pas incompatible avec l’éthique.

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