Dans la guerre des navigateurs web, le moindre détail compte. Opera, Mozilla et Google ont transmis quelques critiques à la Commission européenne, estimant qu'en l'état, le Ballot Screen n'est pas encore totalement impartial. Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la concurrence, espère boucler ce dossier d'ici la fin de l'année.

Censé permettre à l’utilisateur de choisir librement son navigateur web lors de l’installation de Windows 7, le principe du « ballot screen » est encore loin de satisfaire la concurrence. Selon le New York Times, trois des principaux concurrents d’Internet Explorer ont soulevé différents problèmes dans la solution actuellement proposée par Microsoft. Google, Mozilla et Opera veulent en effet s’assurer que la firme de Redmond n’essaie pas insidieusement d’influencer la décision finale du consommateur.

Si dans un premier temps, Microsoft avait envisagé de commercialiser son nouveau système d’exploitation sans navigateur Internet, l’entreprise américaine avait trouvé par la suite une solution bien plus intéressante à soumettre à la Commission européenne. Plutôt que de ne rien présenter du tout, Microsoft allait mettre au point une fenêtre proposant les cinq principaux navigateurs les plus utilisés en Europe.

Depuis, le Ballot Screen a été mis à l’épreuve pendant un bon mois à travers un test de marché. La Commission européenne a alors demandé aux différents intéressés de lui faire part des remarques et des critiques liées à la version actuelle de la fenêtre de choix multiples. Or, si le principe n’est pas remis en cause, Mozilla, Opera et Google ont estimé que certains éléments sont problématiques.

En ce qui concerne Mozilla, le principal reproche concerne le classement alphabétique des noms des éditeurs pour présenter les différentes offres. Safari, qui est édité par Apple, se retrouve ainsi en pôle position, ce qui constitue un avantage disproportionné. « Les utilisateurs Windows qui découvriront cette interface n’hésiteront qu’entre deux navigateurs : Microsoft parce que c’est une application familière ou Safari parce qu’il arrive en tête de liste » a ainsi noté Jenny Boriss, une designer chez Mozilla. Pour remédier à ce problème, elle suggère plutôt une présentation générée aléatoirement par l’ordinateur.

Opera en revanche a choisi de cibler la présence du logo de Microsoft en haut du Ballot Screen. Hakon Wium Lie, le responsable technique chez Opera, demande un affichage sur une page neutre pour ne pas influencer l’utilisateur. « C’est comme si vous aviez une élection avec le nom ou le logo d’un des candidats inscrit sur chaque bulletin de vote » estime-t-il. « Vous ne voudriez pas de ça« . De plus, l’éditeur scandinave veut mettre fin aux avertissements Windows se déclenchant lorsqu’un internaute télécharge une application alternative aux solutions de Microsoft.

Selon un avocat antitrust à Bruxelles, il est fortement envisageable que la Commission européenne prenne en compte les remarques formulées par la concurrence et demande à Microsoft de faire de nouvelles concessions. Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge de la concurrence, souhaite que ce dossier se termine d’ici la fin de l’année, avant l’expiration de son mandat politique.

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