Le Danemark autorise l'accès à internet lors d'examens

Julien L. - publié le Vendredi 06 Novembre 2009 à 14h05 - posté dans Société 2.0

Le gouvernement danois va expérimenter jusqu'en 2011 un tout nouveau principe éducatif. Des lycéens de quatorze lycées auront le droit d'accéder à Internet durant les examens, dont le fameux A Level, l'équivalent du baccalauréat en France. Une mesure audacieuse, qui va révolutionner la façon dont le savoir est dispensé et évalué, mais qui suscite également certaines inquiétudes, comme la fraude.

C'est un fait, les natifs numériques (digital natives en anglais) sont en passe de révolutionner en profondeur le rapport de la société à la technologie. Ayant grandi dans un environnement fait d'ordinateur, d'Internet, de jeux vidéo ou encore de baladeurs MP3, cette "génération Y" bouscule de nombreux domaines, à commencer par l'industrie du divertissement, transformant peu à peu l'ordre établi à travers de nouvelles pratiques, de nouveaux comportements.

Preuve en est avec cette information qui nous vient tout droit du Danemark. Le gouvernement danois vient d'autoriser le principe de l'usage d'Internet lors d'examens, dont le A Level, l'équivalent local du baccalauréat. Cette mesure expérimentale concernera quatorze établissements scolaires dans un premier temps et si l'essai est concluant, le principe devrait être généralisé à l'ensemble des lycéens danois dans deux ans.

C'est une petite révolution dans le monde de l'éducation, mais une révolution visiblement nécessaire aux yeux de Sanne Yde Schmidt, la responsable du projet au lycée Greve, à Copenhague : "si nous voulons être une école moderne et enseigner aux élèves des choses qui ont un sens dans nos sociétés contemporaines, nous devons leur apprendre à utiliser correctement Internet". Certes, mais quid des fraudeurs ?

Car le corollaire de cette mesure est évidemment la triche. Pour peu que le candidat maitrise un minimum l'outil informatique, il aura potentiellement accès à toutes les solutions possibles et imaginables. Dès lors, la valeur du diplôme pourrait être remise en question par les recruteurs, peu enclins à offrir un poste à une personne qui aurait laissé Internet "réfléchir à sa place".

D'où les nombreux gardes-fous mis en place par les responsables du projet. Tout d'abord, si la connexion à la Toile est autorisé, cela ne veut pas dire pour autant que les candidats auront accès à l'ensemble du net. Les messageries instantanées et les courriers électroniques seront par exemple interdits, afin d'éviter le moindre contact avec un autre candidat, un proche ou n'importe quel autre internaute.

De plus, pour les dissuader de tenter quoi que ce soit de répréhensible, des contrôles aléatoires pourraient être effectués sur les postes des candidats. Enfin, le Danemark ne serait fondamentalement pas un pays de tricheurs croit savoir Sanne Yde Schmidt : "la principale précaution est que nous leur faisons confiance" explique la responsable, qui précise que de toute façon "le taux de triche est très bas parce que les conséquences sont très lourdes" pour les lycéens.

D'ailleurs, les étudiants eux-mêmes vont dans le même sens : tout ceux qui ont été interrogés par la BBC ont affirmé n'avoir aucune intention de tricher... simplement parce qu'ils n'en auraient pas le temps ! "Je pense que c'est vraiment difficile de tricher parce que vous n'avez pas le temps, vous êtes sous pression et vous avez beaucoup trop de choses à faire" explique ainsi Nina Ahmed, une jeune étudiante de 18 ans. Même son de cloche chez Pernille Günther, qui note que "s'il est toujours possible de tricher" à un examen, elle relève que les Danois "sont intègres et ont une bonne auto-discipline" leur évitant de sombrer là-dedans.

Et pour la valeur de l'épreuve alors ? Hé bien elle ne serait nullement affectée, car la nature de l'examen aurait suffisamment évolué pour permettre justement l'arrivée de l'outil Internet sans fragiliser l'épreuve. Au lieu d'avoir des étudiants qui ânonneraient bêtement leur cours, nous aurions à la place des candidats qui devraient démontrer leur capacité à retrouver une information précise sur Internet, puis de l'analyser à travers un travail de réflexion ou de synthèse.

Finalement, cette expérimentation n'est que la suite logique de la nouvelle façon dont les lycéens travaillent chez eux. De plus en plus d'élèves se servent d'Internet pour faire leurs devoirs, car le savoir s'acquiert désormais différemment que du "par-coeur". C'est ce qu'estime ainsi le ministre de l'Éducation danois Bertel Haarder : "nos examens doivent refléter la vie quotidienne d'une salle de classe, et la vie quotidienne d'une salle de classe est elle-même le reflet de la vie en société". Dès lors, le mieux à faire est de les former au mieux à ce nouvel outil, en les aidant à trier l'information.

"Internet est indispensable désormais, même dans nos salles d'examens. Je suis convaincu que c'est une question de quelques années avant que d'autres pays européens adoptent cette même démarche" a poursuivi le ministre, fier de voir le Danemark être un véritable pionnier en la matière.

 
 
38
Commentaires à propos de Le Danemark autorise l'accès à internet lors d'examens
 

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Koguma
Le 06 Novembre 2009 à 14h26
Les non-geek vont pas aimer...
alain57
Le 06 Novembre 2009 à 14h40
moi j'aime ca
recracher du par coeur est pas forcement plus intelligent que de SAVOIR , ou de SAVOIR trouver l'info !

au boulo c'est pareil, si on sait plus, on cherche vite fait sur le net ou dans ses notes
bloufblouf
Le 06 Novembre 2009 à 14h41
Avec le risque de devenir dépendant d'internet pour obtenir toute connaissance, la mémorisation devenant inutile. Ayant toujours détesté le par c?ur ca ne m'aurait pas déplus, mais c'est pas forcement bénéfique.
Concernant la triche, si les sujets sont communs, on peut imaginer qu'un seul élève réussisse à téléverser les sujets pour que des pro de l'autre coté concoctent un corrigé en temps réel sur un site web.
L'idée peut être bonne pour qql épreuve, mais pas toutes, il ne faut pas rendre l'élève dépendant à la connaissance extérieure.
Radamanthe
Le 06 Novembre 2009 à 14h55
Avec le risque de devenir dépendant d'internet pour obtenir toute connaissance, la mémorisation devenant inutile.


C'est pas vraiment pire que d'être dépendant des livres ou des mentors...

On vit une autre époque, tout se transforme, même ça. Perso, je pensais pas que ça viendrait si vite.

Ayant toujours détesté le par c?ur ca ne m'aurait pas déplus, mais c'est pas forcement bénéfique.

Concernant la triche, si les sujets sont communs, on peut imaginer qu'un seul élève réussisse à téléverser les sujets pour que des pro de l'autre coté concoctent un corrigé en temps réel sur un site web.


Si on est assez malin pour tricher, on mérite un diplôme, mais comme y'a pas de diplôme de tricheur, on prend ce qu'on nous donne :)

L'idée peut être bonne pour qql épreuve, mais pas toutes, il ne faut pas rendre l'élève dépendant à la connaissance extérieure.


L'élève a toujours été dépendant de la connaissance extérieure, ce n'est pas le saint esprit qui la fait apparaître dans notre cerveau !
Crowell
Le 06 Novembre 2009 à 15h19
Informaticien de métier j'affirme ne pas savoir grand chose, mais savoir chercher rapidement et efficacement, cela ne s'applique sans doute pas à tous les corps de métier mais dans ma branche en particulier on n'est pas apprécié pour ce qu'on sait mais parce qu'on sait quoi et où chercher.

Je pense, mais ça n'engage que moi, qu'un enseignement basé sur l'ingurgitation de connaissances par coeur est moins interessant qu'un enseignement orienté vers la recherche de l'information, recherche qui demande logique et reflexion.
Koguma
Le 06 Novembre 2009 à 15h24
@alain 57
recracher du par coeur est pas forcement plus intelligent que de SAVOIR , ou de SAVOIR trouver l'info !


Tout à fait d'accord, c'est même ce que certains profs m'ont appris en étude supérieur, nous laissait les cours, notes, TP à disposition en nous disant "Je vous demanderai jamais d'apprendre par coeur ce qui m'intéresse, c'est que vous comprenez ce que vous faites et que vous sachiez trouvez l'information dont vous avez besoin"

@Radamanthe
Si on est assez malin pour tricher, on mérite un diplôme, mais comme y'a pas de diplôme de tricheur, on prend ce qu'on nous donne :)


Euh non je dirais qu'on mérite un diplôme si on triche et qu'on est assez malin pour pas se faire chopper, sa prouve que tu est plus intelligent que l'examinateur.
La bourrique
Le 06 Novembre 2009 à 15h28
Les derniers exams que j'ai passé, et il y a déjà un certain temps, on avait pas le droit au net (pas dispo dans toutes les salles), mais on avait le droit à nos cours et tout bouquins que l'on avait jugé nécessaire d'apporter.
Ce qui fait qu'on été noté et jugé sur notre capacité à réfléchir et à appliquer les formules (dont certaines étaient tordues) et pas sur notre capacité à réciter par coeur du blabla auquel on aurait rien compris.
Donc moi ça ne me choque pas, sous réserve de ne pas pouvoir faire bosser un autre à notre place.
Concernant la triche, si les sujets sont communs, on peut imaginer qu'un seul élève réussisse à téléverser les sujets pour que des pro de l'autre coté concoctent un corrigé en temps réel sur un site web.
Stimpak
Le 06 Novembre 2009 à 15h33
Si il arrive à tricher sans se faire pincer, manque plus que le diplôme pour mentir sans se faire griller et là il est paré pour la politique !
Prozac
Le 06 Novembre 2009 à 15h48
Bravo pour cet article d'une excellente qualité. Je suis aussi étonné par la pertinence des commentaires. Je vous plussoie tous.

Il fut un temps où c'était important de savoir par coeur. Parce que l'info était chiante à chercher, pouvait prendre quelques heures à quelques jours (pour peu qu'elle se trouve dans une bibliothèque à l'autre bout du pays), représentant une perte de temps monstrueuse. Maintenant, quiconque sait se servir vraiment bien du net peut retrouver n'importe quelle info dans n'importe quelle langue en moins de 3 secondes. Il est évident que ça révolutionne notre rapport au savoir !
Plus besoin d'ingurgiter toute la syntaxe d'un langage de programmation, il suffit d'en connaitre le fonctionnement, la logique. Pour le reste, le mot exact pour une fonction très précise on la retrouvera bien facilement et quasi-instantanément dans la javadoc ou dans le manuel de PHP.

Quant au risque de triche, à partir du moment où on interdit aux gens de communiquer entres eux, il n'est pas supérieur au risque de triche dans les examens "avec documents autorisés", ce qui est assez courant par exemple à la FAC.

Comme disait un de mes profs à la fac, "vous pouvez amener tous les documents que vous voulez et y compris le cours complet. Mais sachez que si vous ne connaissez pas déjà votre cours, si vous n'avez pas déjà compris, vous n'aurez jamais le temps matériel de chercher/lire/comprendre vos cours pour répondre aux questions pendant l'examen".

Et il avait raison. Les cours étaient pratiques pour vérifier un point de détail précis, un mot en particulier, vérifier qu'on ne confond pas deux notions proches. Mais 95% de la réussite à l'examen était assurée par le fait que les notions vues en cours étaient comprises. Pas de par coeur, juste une bonne intégration du sujet pour être à l'aise au moment d'en parler.
ATX3000
Le 06 Novembre 2009 à 16h24
Avant que la france trop attachée aux valeurs du diplome dans toute sa splendeur et surtout a la valeur du par coeur (certains cretins apprenent tout par coeur, comprennent rien mais ont les ponts)contrairement a ceux qui ont compris moins de choses mais qui les ont compris au moins!

ça demandera des siècles....
En france, il vaut mieux ingurgiter que d'avoir la finesse de vouloir savoir, comprendre et trouver, d'avoir l'esprit critique et d'être curieux, ce que vous avourez, sur internet peut se développer: quand vous cliquez sur un lien pour trouver quelque chose, ça vous en amene un autre, puis un autre, puis un autre qui vous interesse et vous passez finalement l'apres midi a avoir regardé plein de choses interessantes. vous vous couchez beaucoup moins bête le soir et sans le savoir, vousavez appris beaucoup de choses.

Comme ma venue sur cettepage: c'était pas prévu au programme...
enter
Le 06 Novembre 2009 à 16h43
Quelques réflexions, issues d'expériences personnelles ou d'expériences de mes enfants :

Un prof d'histoire/géo qui donne un devoir à la maison à ma fille sur l'économie de je ne sais plus quel pays. Tous ceux qui ont rendu des copies avec du copier/coller de Wikipédia se sont pris des tôles parce que le prof leur a expliqué qu'il s'agissait d'un sujet de réflexion sur l'économie et pas d'un sujet de maniement de la fonction copier/coller.

Un sujet pendant mes études (avant Internet) : toutes les formules mathématiques nécessaires à la résolution du devoir étaient indiquées en entête du sujet. Ce qui n'empêchait pas le sujet d'être complexe parce qu'il demandait de "réfléchir".

Un autre sujet d'examen où le prof nous avait laissé le choix entre examen avec documents ou examen sans documents. Quand nous avions choisi "avec documents", nous aurions du nous méfier.
A la place d'un devoir classique avec question 1, question 2, question 3 ... jusqu'à question 54, nous avons découvert un devoir (4 heures) où le sujet tenait en 2 lignes.
Nous avons vite rangés tous nos documents car nous avions compris que c'était un sujet de recherche où il fallait avoir compris l'essence de la matière.

Attention également à la fracture numérique : dans la classe de mon fils, il y a deux enfants qui n'ont pas Internet à la maison. Est-ce qu'ils doivent être pénalisés parce qu'ils ne sont pas aussi habitués que les autres à l'utilisation d'Internet ?

>>>"Avec le risque de devenir dépendant d'internet pour obtenir toute connaissance, la mémorisation devenant inutile."

Autre anecdote : mon fils, paniqué parce qu'il doit rendre le lendemain un devoir avec les dates de naissance et de mort de Beethoven, ces principales oeuvres, ... et qu'Internet est en rade.
Outre le fait qu'on peut se demander l'utilité de tels devoirs de copier/coller, il a fallu que je lui rappelle que nous avions à la maison de drôles d'objets appelés "dictionnaires" et qu'il est fort probable que ce monsieur Beethoven y soit mentionné.


>>>"Informaticien de métier j'affirme ne pas savoir grand chose, mais savoir chercher rapidement et efficacement"

Il est vrai qu'il est important de savoir chercher parce que le problème que l'on a à résoudre a peut-être traité ailleurs. Mais cela ne peut pas se résumer à uniquement savoir chercher. Parce qu'il est également essentiel d'avoir les bases nécessaires pour traiter des problèmes qui n'ont pas été résolu ailleurs. Ou savoir utiliser des solutions de problèmes ressemblants.

A certains niveaux, notamment au niveau de l'acquisition basique des connaissances, il est impératif que l'assistance d'Internet ou autre soit interdite.
L'acquisition basique de l'orthographe ou du calcul doit être acquise sans assistance "informatisée". Que l'on sache utiliser Internet ou une calculatrice pour orthographier le mot "ambiguïté" ou multiplier 785547 par 5987, c'est nécessaire.
Mais il faut absolument connaître les bases de l'orthographe et du calcul et ne pas être obligé de sortir sa calculatrice quand on veut faire 7 x 5.
TyAnn
Le 06 Novembre 2009 à 16h55
Je pense, mais ça n'engage que moi, qu'un enseignement basé sur l'ingurgitation de connaissances par coeur est moins interessant qu'un enseignement orienté vers la recherche de l'information, recherche qui demande logique et reflexion.


Je ne pense pas qu'il faille dissocier l'entraînement de la mémoire que constitue le par c?ur de la recherche de l'information et encore moins remplacer l'un par l'autre. Le savoir emmagasiné avec cette bête technique permet justement d'avoir de la matière pour exercer sa réflexion et sa logique. Certaines idées sont le résultat de l'association de plusieurs trucs qu'on a appris.

C'est malin de la part des Danois de proposer l'accès à Internet. Ca oblige les élèves à apprendre sans se contenter de ça.

En france, il vaut mieux ingurgiter que d'avoir la finesse de vouloir savoir, comprendre et trouver, d'avoir l'esprit critique et d'être curieux


En France, bien des profs de fac autorisent les étudiants à amener des livres, cours et autres documents à l'examen, or on peut être sûr que celui ou celle qui se plonge de longues minutes et de manière -trop- répétée dans la documentation va se vautrer. L'exercice phare de l'enseignement français reste quand même la dissertation, où le but est quand même de réfléchir plus que de recracher un cours...
enter
Le 06 Novembre 2009 à 16h59
>>>"Plus besoin d'ingurgiter toute la syntaxe d'un langage de programmation, il suffit d'en connaitre le fonctionnement, la logique. Pour le reste, le mot exact pour une fonction très précise on la retrouvera bien facilement et quasi-instantanément dans la javadoc ou dans le manuel de PHP."

C'est bien là le problème. Evidemment qu'il est facile de retrouver la syntaxe d'une fonction PHP : est-ce que c'est str_replace ou strreplace ? Et quand quel ordre sont les arguments ?

Mais la connaissance de la syntaxe d'un langage ne signifie pas que l'on sait programmer. Hélas, on voit tous les jours sur les forums spécialisés des gens qui ont appris la syntaxe de PHP ou de SQL mais qui ne savent pas ce qu'est la programmation.

Avant d'apprendre un langage procédural, il faut apprendre l'algorithmique. Savoir ce qu'est une boucle, une condition, ... Avant d'apprendre la syntaxe SQL, il est essentiel de connaître les principes d'une base de données relationnelles.

Malheureusement, les gens mettent souvent la charrue avant les boeufs. Ils pensent que parce qu'ils achètent une scie électrique, du bois et un tournevis, ils seront capables de construire les placards de leur cuisine.
Et en plus, ils pensent que ces placards seront beaux, robustes et fonctionnels.

Désolé, mais que ce soit construire des placards ou écrire des programmes, ce sont des métiers qui s'apprennent. J'en ai rien à faire d'un programmeur qui connaissent la syntaxe PHP. Ce que je veux c'est un programmeur qui sache programmer, qui sache s'intégrer dans une équipe, qui sache communiquer, qui sache comprendre une spéfic, qui sache écrire un document de conception.
enter
Le 06 Novembre 2009 à 17h01
>>>"En france, il vaut mieux ingurgiter que d'avoir la finesse de vouloir savoir, comprendre et trouver, d'avoir l'esprit critique et d'être curieux"

Est-ce que tu sais que la plupart des examens aux USA sont sous la forme de QCM ?
Va t'en monter une réflexion personnelle uniquement en cochant des cases ...
milfeuilles
Le 06 Novembre 2009 à 17h02
Euh, juste une question en passant: "savoir chercher" c'est taper deux mots dans google ?
Les choses ont changé...

De toutes façons, ce type de recherches, ce n'est absolument plus une réflexion, cela va vite se transformer en un infâme copié-collé d'une page web écrite par un ado boutonneux, qui aura lui-même pompé un autre site web.

Là où les bouquins et autres notes sont pour la plupart assez concis, internet permet de copier l'avis des autres. Vraiment intéressant...
En fait le plus gros problème risque d'être le manque de différentes sources, on trouve une info à un endroit qui nous plaît bien, c'est complet, ça fait illusion, emballé c'est pesé.

Pareil pour les QCM, c'est du sous-examen, j'ai toujours détesté. Puis bon, citer les Etats-Unis en référence d'enseignement, c'est osé. (Oui ceci est une perche tendue à tous ceux que l'on appelle "trolls")
Elisheva
Le 06 Novembre 2009 à 17h16
je plussoie que le "par cœur" sans réflexion ne va pas loin. Cependant, quelques questions restent en suspens:

Le risque du copier-coller est grand, surtout lors d'examens en temps limité. Recopier à la va-vite ce qui nous semble intéressant, est-ce différent du par cœur? On apporte une réponse automatique, parfois sans même vérifier ce qu'on met...bref, il faut bien avertir les élèves que la "facilité" ne dispense pas de la réflexion. Au contraire, elle se justifie plus que jamais.
D'autre part, cela incite à ne plus vraiment apprendre en se disant qu'on trouvera bien le jour j. Trier l'info et la structurer en un ensemble cohérent implique de maîtriser son sujet dès le départ, d'avoir déjà des connaissances assez poussées pour savoir où on va. Internet (ou tout document accepté lors de l'épreuve) ne devrait alors être qu'une aide, pour confirmer un doute ou approfondir un point crucial. Il ne faudrait pas donner l'habitude de moins apprendre en croyant que l'accès à l'info va remplacer.
Pour avoir passé ce type d'examen, j'ai vite compris. En gros, sur 3h, je n'ai pu consulter mes documents que pendant 10 minutes à tout casser, et encore en coup de vent. Avoir tout appris avant m'a sauvée.

Si les examens préparent au travail, alors il faut bien les avertir que l'accès à l'info n'est pas toujours avérée. Oui, au boulot, on a accès au net, mais il n'empêche que nous devons tous maîtriser notre travail, sans avoir à vérifier 50 fois. Pas le temps, et la compétence implique de savoir chercher mais aussi de ne pas avoir à le faire systématiquement.
Idem dans la "vraie vie": je pourrais me promener en forêt avec mon encyclopédie des plantes, mais je préfère savoir de moi-même le nom des arbres et comment les reconnaître.
Bien connaître le monde où nous évoluons, et en apprendre au quotidien est un vrai bonheur, internet ou pas! ;)

Enfin, il y a le souci de la fiabilité des infos sur le net: pas évident de faire le tri entre le fiable, l'approximatif et le faux. Il faut croiser les sources, vérifier sans relâche pour faire le tri et en tirer la "substantifique moelle". Cela ne s'improvise pas.
Combien de fois ai-je entendu des élèves me dire des énormités trouvées sur le net? Ils n'ont pas forcément l'habitude de vérifier, font confiance et peuvent parfois croire à des choses totalement ahurissantes. Appliquée à l'instruction, ce principe peut être un risque.



Bref, ce changement peut et doit être accompagné d'une éducation au net, et surtout il faut bien faire comprendre que rien ne remplace la connaissance pure, celle qu'on assimile vraiment (et pas celle qu'on récite sans comprendre). La possibilité d'accéder à des aides (internet ou documents) peut permettre d'être plus précis dans son travail, d'aller plus loin, mais la structure dépendra toujours de la connaissance pré-acquise.
Croux
Le 06 Novembre 2009 à 18h04
Intéressant, mais ceci va déplacer la sélection des candidats sur leur aptitude à utiliser des connaissances (capacité d'analyse et de synthèse, extrapolation, esprit critique, ...) en reléguant la connaissance au fond du panier. Malheureusement développer ces capacités nécessite en général de s'investir beaucoup plus dans sa formation intellectuelle et d'assimiler pas mal de connaissances. Je ne suis pas convaincu que la majorité des candidats en sorte gagnante...

En France, le baccalauréat a déjà connu des expérimentations similaires : fut un temps les formules à connaitre étaient rappelées dans le sujet du devoir et des questions "ouvertes" étaient posées. Depuis on en est revenu. Maintenant on demande même aux élèves d'apprendre par coeur quelques démonstrations importantes en mathématiques par exemple. Tout simplement parce que la barre était placée trop haute par rapport aux capacités moyennes des élèves.
Yap
Le 06 Novembre 2009 à 18h07
Informaticien de métier j'affirme ne pas savoir grand chose, mais savoir chercher rapidement et efficacement, cela ne s'applique sans doute pas à tous les corps de métier mais dans ma branche en particulier on n'est pas apprécié pour ce qu'on sait mais parce qu'on sait quoi et où chercher.

Je pense, mais ça n'engage que moi, qu'un enseignement basé sur l'ingurgitation de connaissances par coeur est moins interessant qu'un enseignement orienté vers la recherche de l'information, recherche qui demande logique et reflexion.

+++
Excellente initiative !!
+++
Fren
Le 06 Novembre 2009 à 18h08
A la limite,cela serait plus intéressant dans le cadre des cours eux-mêmes (un peu comme avec les TPE).
Croux
Le 06 Novembre 2009 à 18h09
Cette expérimentation n'est de toutes façons pas généralisable actuellement à la France pour une épreuve comme le Baccalauréat. Pour la simple et bonne raison que les conditions matérielles ne s'y prêtent pas. Elle peut par contre s'avérer utile à un niveau plus élevé, même si c'est déjà en partie le cas puisque pour certaines épreuves en université ou encore quelques concours (oraux de CAPES/Agrégation) certains documents sont autorisés.

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