L'Observatoire de la musique dresse un état des lieux critique du numérique
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 19 Octobre 2009 à 18h57 -
posté dans Musique Numérique
![]() L'Observatoire de la musique a publié son état des lieux du marché de l'offre numérique pour le 1er semestre 2009. Les conclusions sont sans concession à l'égard de l'industrie musicale, accusée de paralyser le marché en France par excès de gourmandise.
Sur les six premiers de l'année, il s'est vendu en France 45,2 millions de titres téléchargés, ce qui ne représente qu'une progression de 31 % par rapport au 1er semestre 2008. Pour un marché aussi jeune, la croissance est trop faible pour espérer une compension efficace de la baisse des ventes de supports matériels. Par ailleurs, l'El Dorado de la vente sur mobiles semble déjà s'effondrer. Les ventes de musique sur PC ont gagné 48 % de progression avec 39,1 millions de titres vendus, tandis que les téléchargements sur mobile ont chuté de 26 % à 6,1 millions. En chiffre d'affaires, le prix de gros à l'unité des morceaux étant à la baisse, l'augmentation du marché n'a été que de 14 %, à 34,2 millions d'euros au premier semestre. La part de marché du numérique s'établit à 8,1 %, en hausse de 1,9 point seulement. Ce qui confirme la stagnation du marché du numérique en France, malgré les discours propagandistes et culpabilisateurs qui ont entouré les débats sur la loi Hadopi. Mais contrairement au SNEP, qui avait le premier annoncé des chiffres de cet ordre, l'Observatoire ne pointe pas les responsabilités vers le piratage, mais bien vers les majors qui étouffent le développement de l'offre légale. "On note, depuis cette année, un certain attentisme au point de ralentir les velléités d’entrant majeur dans la création de nouveaux sites de musique", constate l'Observatoire dans son rapport (.pdf). "Avec la crise, chacun reste fixé à son modèle économique ou tente de se repositionner à moindre frais, notamment sur des services moins coûteux en achat de droits (licencing), voire non musicaux (cf l’évolution d’APPLE)". La faute, pas seulement aux éditeurs de services qui seraient trop frileux, mais aussi aux majors qui seraient trop gourmandes. Ainsi, "si les catalogues sont généralement accessibles à l’ensemble des éditeurs de services en ligne, leur coût d’acquisition reste trop élevé au regard de leur potentiel de développement sur le net, rendant plus que problématique le manque de rentabilité du secteur de la diffusion numérique", note l'Observatoire. Il voit un un repositionnement des sites de streaming à la demande comme Deezer vers les webradios, "dont les redevances sont moindres". Par ailleurs, l'Observatoire décrit "une forme d’inertie quant à la diversification des contenus associés à la cession des catalogues musicaux", qui "ne permet toujours pas aux sites de proposer les paroles (lyrics) des chansons, ni des partitions. Les droits graphiques ne font pas l’objet, en France, d’une gestion collective au-delà d’une plate forme technique/commerciale commune de mise à disposition de fichiers". Même problème pour la diffusion en direct des concerts, gelée par "la chaîne des droits" qui est "dommageable pour l'offre légale". De plus, "malgré l’abandon des mesures techniques de protection, l’utilisation de la musique par les internautes demeure rigide, avec, souvent, des fichiers de qualité insuffisante et/ou non disponibles". "L’horizon de l’utilisateur lambda n’est que contrainte technicienne, juridique et demain judiciaire", résume l'Observatoire. "C’est une des raisons de l’attractivité du spectacle vivant qui conserve toute sa puissance d’émotion et de partage." L'Observatoire regrette par ailleurs "les actions légales menées contre le site Seeqpod, qui a dû cesser son exploitation", qui ont "entamé le développement des webplayers". Une bonne base de travail pour Patrick Zelnik. 15
Commentaires à propos de L'Observatoire de la musique dresse un état des lieux critique du numérique
cfg
Le 19 Octobre 2009 à 19h59
> l'Observatoire décrit "une forme d'inertie quant à la diversification des contenus associés à la cession des catalogues musicaux", qui "ne permet toujours pas aux sites de proposer les paroles (lyrics) des chansons, ni des partitions.
Partitions, tablatures et paroles ont consciencieusement été éradiquées par les Ayants Droits. Tout cela existait avant, saisis par des internautes partageurs fans de zique. Mais les avocats sont venus faire un carnage sur le Net. Seule la database CDDB a survécue au massacre, phagocitée par Sony. http://www.olga.net/ ![]() Kitcha
Le 19 Octobre 2009 à 20h00
Je me souviens que durant Hadopi 1, Christine Albanel nous martelait qu'Hadopi était la base pour que l'offre légale puisse se développer.
En fait, il semble qu'il fallait commencer par développer l'offre légale. ![]() pleindeuss
Le 19 Octobre 2009 à 21h19
bah que tous les acteurs du net boycottent massivement ces putains de musiques proprio et qu'ils balancent uniquement du libre.
ok l'offre légale pour le coup sera incapable de concurrencer l'offre illégale mais à terme, si les artistes veulent un minimum de visibilité sur le net, ils seront obligé de basculer vers le monde libre. c'est facile de venir pleurnicher comme quoi ils se font rincer la rondelle a longueur de journée, mais ils le cherchent quoi... putain faut arrêter d'être débile. pourquoi y'a pas encore un syndicat des diffuseurs de musique en ligne ? une coalition des webradios/stream musicos qui déciderait d'un commun accord de bannir toute musique non libre ? ![]() ![]() Al29300
Le 19 Octobre 2009 à 21h22
- Les offres légales de copyrights ont progressé de 31 ou 45%....et comme l'offre numérique totalise 8% sur les PC . Ils décollent du néant...mais comme ce décollage stagne ; ils n'osent pas parler de progrès !Pour les mobiles; c'est la déconfiture !
Les sites de streaming-vidéo s'en sortent et gagnent de l'audience....et les sites de copylefts se débrouillent bien tous seuls. - Les Majors, la Sacem & la Snep sont toujours aussi cupides qu'aveugles :"si les catalogues sont généralement accessibles à l'ensemble des éditeurs de services en ligne, leur coût d'acquisition reste trop élevé au regard de leur potentiel de développement sur le net, rendant plus que problématique le manque de rentabilité du secteur de la diffusion numérique" C'est çà qui les perdra tous...les diffuseurs de leurs catalogues sont condamnés à 1 équilibre financier incertain !....et là; je n'ai pas parlé d'Hadopi . - La musique copyrightée reçoit des taxes sur les supports vierges, sur les mobiles...demain sur les FAI...çà devient de l'assistanat, organisé par le Gouvernement...ce qui contribue à la fragiliser encore plus ! Tout ce système , qui n'a pas su s'adapter à l'arrivée du web, refuse de réformer le Copyright d'un ïota...donc il est voué à étiolement et court à sa perte ! ![]() horizon
Le 19 Octobre 2009 à 22h05
honnetement fallait s'y attendre.....le telechargement par mobile , a part mongola qui va telecharger le single de diams pour le mettre très fort en lieux publique avec une qualité de son indecente je ne vois pas qui aurait pu etre interressé , c'est du bon sens. Quand a l'offre legal , désolé mais elle éxiste l'ITMS a d'ores et déja un sacré catalogue. Si ca ne décole pas c'est peut etre que les gens n'en veulent pas , pas a ce prix en tout cas.
Pour cfg , si tu cherches un peu tu trouveras pas mal de fichier guitarpro un peu partout ![]() ![]() Timekeeper
Le 19 Octobre 2009 à 23h55
Même problème pour la diffusion en direct des concerts, gelée par "la chaîne des droits" qui est "dommageable pour l'offre légale". La chaîne des droits est bien trop grande. Il faudrait lui couper quelques maillons. Genre maillons "majeurs"... ![]() ![]() Silver974
Le 20 Octobre 2009 à 08h09
Etude interressante, ou l'on constate que l'on ne cherche plus a seduire le consommateur via une offre novatrice et attractive, mais juste a preserver un business modele autrefois rentable, et a satisfaire des actionnaires de plus en plus exigeant ... ne serait ce pas la une forme de schyzophrenie, ou l'on cherche a imposer au consommateur un "produit" afin de satisfaire des actionnaires, dont, pourtant le revenu depend du succes aupres des consommateurs ... A quand l'achat obligatoire ?
![]() collinmic
Le 20 Octobre 2009 à 09h24
Les majors vont se retrouver dans un système qu'ils ne contrôleront plus du tout s'il refuse d'évoluer et de s'adapter aux nouveaux modèles de distribution.
PS: Je sais pas si je suis mal réveillé mais certaines phrases m'ont semblé incompréhensible, je pense qu'il manque des mots ci et la ![]() ![]() wren
Le 20 Octobre 2009 à 09h40
quelqu'un peut juste m'expliquer comment ils ont pu mettre CodaFm comme une offre légale ?????
![]() ![]() EDU
Le 20 Octobre 2009 à 10h36
Silver974, le 20/10/2009 - 08:09 Etude interressante, ou l'on constate que l'on ne cherche plus a seduire le consommateur via une offre novatrice et attractive, mais juste a preserver un business modele autrefois rentable, et a satisfaire des actionnaires de plus en plus exigeant ... ne serait ce pas la une forme de schyzophrenie, ou l'on cherche a imposer au consommateur un "produit" afin de satisfaire des actionnaires, dont, pourtant le revenu depend du succes aupres des consommateurs ... A quand l'achat obligatoire ?et oui ^^ en gros appliquer le modèle actuel à l'internet et flouer le consomateur en lui refourguant le vieux modèle au même prix.. c'est affligeant de voir une industrie ne pas savoir s'adapter et de voir aussi tout le monde dire ; internet c'est le mal. un peu comme ségala... bien sur la PUB c'est bien.. d'ou la suppression sur certaines chaines.. mais oui la PUB c'est bien ca ne fait pas de mal... ![]() ![]() anomail2
Le 20 Octobre 2009 à 12h19
'et oui ^^ en gros appliquer le modèle actuel à l'internet et flouer le consomateur en lui refourguant le vieux modèle au même prix..'
C'est déjà un peu ce qui s'est passé au moment du passage du vinyle au CD. On avait déjà les licences et pourtant on les a repayées. Il faut dire qu'à l'époque le bond technologique était évident, mais cette fois-ci il vont avoir du mal a nous revendre encore la même chose au même prix. ![]() ![]() anomail2
Le 20 Octobre 2009 à 12h23
'Partitions, tablatures et paroles ont consciencieusement été éradiquées par les Ayants Droits. Tout cela existait avant, saisis par des internautes partageurs fans de zique. Mais les avocats sont venus faire un carnage sur le Net. Seule la database CDDB a survécue au massacre, phagocitée par Sony.'
Et oui, en abusant du pouvoir que leur donne ce vieux modèle de propriété intellectuelle les majors se tirent une balle dans le pied (voir la tête). Du coup les gens sont mécontents et achètent de moins en moins leurs produits. ![]() ![]() aubasmots
Le 20 Octobre 2009 à 17h35
La seule musique qui m'intéresse désormais est la musique LIBRE, le show business, me débecte, et plus un sous ne sortira de ma poche pour cette catégorie "d'artistes" qui donne son aval pour couper l'accès Internet, à une famille entière pendant un AN, sous prétexte que le petit dernier à eu le malheur de télécharger une de leur chansonnette...
![]() ![]() EDU
Le 21 Octobre 2009 à 08h43
leur problème vient du fait que internet fait changer les choses à chaque secondes donc ils ne suivent pas c'est sur...
d'ou les lois comme HADOPI pour essayer de contrer et garder un modèle au moins 10/15 ans... c'est quand même dingue de voir ca o_o ![]() |
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