L'affaire Mitterrand ou la place de l'artiste dans la hiérarchie des hommes

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 08 Octobre 2009 à 22h06 - posté dans Société 2.0

L'artiste n'est pas un homme comme les autres. C'est, au détour de son intervention au journal de 20 heures, le message qu'a envoyé Frédéric Mitterrand jeudi soir. Un message qui nous ramène dans un certain écho au débat sur la loi Hadopi, et plus généralement sur la défense du droit d'auteur par le gouvernement.

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Nous nous sommes interdits de commenter jusqu'à ce soir ce qu'il convient désormais d'appeler "l'affaire Mitterrand". Aussi vigoureuse que soit notre opposition au projet de loi Hadopi 2 défendu par le ministre de la Culture, il nous a semblé qu'il n'était pas dans le rôle de Numerama de commenter une affaire sans lien avec le numérique et le droit d'auteur. Mais au fond il nous semblait, sans mettre vraiment le doigt sur le lien précis, que "l'affaire" n'était pas totalement déconnectée de la loi Hadopi et plus généralement de la manière dont le gouvernement entend lutter contre le partage de fichiers en France.

Aussi ce soir, alors que Frédéric Mitterrand était l'invité de Laurence Ferrari sur le journal de 20H, nous avons finalement compris où se situait le lien. Il était là, perché droit comme une évidence. Il est dans la place que donne le gouvernement à "l'artiste" dans la hiérarchie des hommes.

Pour justifier son soutien très fort à Roman Polanski, pourtant accusé d'avoir abusé d'une jeune fille de 13 ans, Frédéric Mitterrand a eu des mots très simples : "je suis ministre de la Culture et de la Communication".

"Le ministre de la Culture et de la Communication s'occupe des artistes et ne les abandonne pas", a expliqué le successeur de Christine Albanel. "Lorsqu'il y a eu son arrestation l'émotion était très forte parmi toutes sortes d'artistes, il y a eu immédiatement une centaine de créateurs et d'artistes au Festival de Zurich qui ont signé une pétition".

Voilà donc la clé.

Entendrait-on un ministre de l'agriculture dire, après qu'un fermier ait violé une fillette, que le ministre de l'agriculture n'abandonne pas les agriculteurs ? Ou un ministre de l'industrie assurer, devant un patron accusé de malversations, qu'il s'occupe des industriels et n'abandonne pas le patronnat ?

Pour une raison qui nous échappe, "l'artiste" bénéficie en France comme souvent ailleurs dans le monde d'un statut privilégié. Il n'est pas tout à fait homme, il est d'abord "artiste". Il est différent. Et au nom de cette différence dont la raison profonde nous échappe, le gouvernement permet tout.

C'est au nom de la défense des artistes qu'il a fait voter par le Parlement une première loi Hadopi qui se voulait au dessus des droits fondamentaux des citoyens. Une loi qui violait la liberté d'expression, la liberté de communication, et les droits de la défense. C'est encore au nom des artistes qu'il a défendu avec le projet de loi Hadopi 2 une loi qui prévoit une condamnation sans audience, basée pourtant sur des preuves qui n'en sont pas, en créant une entorse au droit commun spécialement pour les artistes et les créateurs. C'est aussi au nom de la protection des artistes que le droit d'auteur est sans cesse allongé dans sa durée, contre toute logique économique et sociale, et qu'il est sans cesse étendu dans son périmètre. C'est au nom des artistes que l'on s'apprête à taxer les fournisseurs d'accès et les moteurs de recherche, donc les consommateurs, sans accorder aux citoyens de droits supplémentaires. Nous pourrions, longtemps, continuer la liste.

Or il faudra qu'un jour s'ouvre le débat fondamental de la place de l'artiste dans la hiérarchie des hommes. Car on semble avoir oublié que l'artiste n'est ni en dessous, ni au dessus des autres hommes, mais qu'il doit composer avec eux. Qu'il doit s'inscrire dans un nouveau contrat social le plus équilibré possible pour tous.

Les artistes gagneront en effet la respectabilité qu'ils méritent de retrouver le jour où ils exigeront de ceux qui prétendent les défendre qu'ils cessent de les placer au dessus du commun des hommes.

Publié par Guillaume Champeau, le 8 Octobre 2009 à 22h06
 
 
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Commentaires à propos de «L'affaire Mitterrand ou la place de l'artiste dans la hiérarchie des hommes»
 

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Mitterrand pédophile : La presse mondiale :

"Le ministre de Carla est un gay pédophile, Sarkozy le défend"

«Le ministre est pédophile», Sarkozy embarassé"

"En mars dernier, deux Français ont été condamnés à sept ans de prison pour « tourisme sexuel aggravé sur des mineurs de moins de quinze ans » en Asie. Je me demande comment ils ont réagi quand ils ont vu un ministre pédophile prendre la défense d'un artiste pédophile, alors qu'eux croupissent en taule pour avoir commis le même crime! Cela dit, c'est de leur faute. Ces hommes étaient médecins. Ils n'avaient qu'à écrire des livres ou à tourner des films s'ils voulaient sauter des enfants en toute libertéâ€"

http://www.arretsuri...ite.php?id=5769
Enorme !! Nouvelle affaire Mitterrand. Il cherche à influencer la Justice pour protéger 2 violeurs dont son filleul :


http://tinyurl.com/yzrch8t
Il me semble que les artistes paient la très mauvaise image qu'a laissée leur initiative peu intelligente et fort liberticide pour protéger leurs droits. Ils ont diabolisé internet, internet les a pendus. Car le réseau a joué un grand rôle dans cet affaire qui, en son absence, aurait été étoufée derrière les portes capitonées. Il n'auraient pas du oublier que c'est leur public qu'ils violaient. Un public qui commence à haïr les artistes.
Excellent article, bravo !

Je voudrais éclaircir un point. Mitterrand n'a pas parlé de tentation ou dérive, je sais plus, "libertaire", mais libertarienne. Visiblement, en France, peu de gens savent ce que c'est (vu les commentaires sur le Monde.fr où certains disaient que libertarien, c'est pas dans le dico). Il y a même des libertariens en France (le fiston à Glucksman, par ex.)
Les libertariens sont des mecs qui prônent la totale disparition de l'État et une société entièrement basée sur les principe de propriété privée, de "libre" marché et de responsabilité purement individuelle (négation du principe de responsabilité collective). Parmi eux: Clint Eastwood, Penn & Teller... Pour eux, la prostitution est un métier qu'on exerce par choix, le port d'armes est essentiel (pour se défendre contre le Gouvernement), l'écologie, la protection des espèces en voie de disparition, bref tout ce qui est en rapport avec la nature, c'est de la connerie et ça doit passer après le respect de la propriété privée, les OGM sont une merveille, etc.
Donc il ne faut pas confondre avec les libertaires, qui souhaitent eux aussi la disparition de l'État (beaucoup moins depuis la mondialisation) mais rejettent l'idée même de propriété privée. Quelques points communs toutefois entre anars et libertariens: respect de la liberté d'expression, des choix individuels, grande tolérance en matière de moeurs, de coutumes, etc.

Cela dit, les dérives libertariennes sur le Net, ça fait partie de l'argumentation selon laquelle les internautes sont les suppôts d'un capitalisme sauvage et c'était donc de toutes façons déplacé et c'est une insulte de plus à l'endroit des internautes.
superpromo, le 09/10/2009 - 12:25
ça me rappelle l'affaire Bertrand Cantat, pour ce qui est de l'émotion.
Plus une personne nous est proche, plus nous sommes à même de pardonner.
Je pense que tout criminel devrait avoir droit à être comprit et écouté, quel que soit son crime.
Les commères prêtes à cracher leurs jugements hâtifs sur n'importe qui puent de la gueule.

Grosse différence tout de même : chez Cantat il n'y avait pas l'intention de commettre un crime, ce qu'on ne peut pas dire de Polanski. Idem pour Mitterrand, il ne peut pas raconter que c'est à l'insu de son plein gré qu'il se tape des boxeurs de 40 balais en Thaïlande. Et pour être compris et écouté, il vaut mieux éviter de se mettre à hurler au lynchage par le peuple (ce peuple et cet internet qui font peur à Finkielkraut qui ne perd jamais une occasion de dire une connerie, sur France inter vendredi matin)
lilalola, le 09/10/2009 - 15:32
Et comme le disait je ne sais plus qui, ce qui me paraît gênant dans l'affaire Polanski c'est de juger un homme qui n'est plus du tout le même que celui qui a couché avec cette fille de 13 ans.
Ce qui est dingue dans cette histoire, c'est l'hypocrisie des autorités suisses ... Polanski se rendait régulièrement dans ce pays dans lequel il avait acquis une résidence secondaire... !!

Pour le fait que la fille faisait 25 ans, les gens qui se servent de cet argument me semblent de mauvaise foi; les photos ont circulé dans les journaux, elle pouvait faire 3 ans de plus à la rigueur, mais pas au delà.
D'ailleurs je ne crois pas que Polanski ait utilisé cet argument. L'autre jour dans l'émission de Giesbert, un invité citait des passages de l'autobio de Polanski; il raconte avoir discuté de son âge avec la fille (qui lui aurait d'ailleurs précisé à cette occasion avoir des relations sexuelles régulières depuis l'âge de 8 ans)

C'est vrai que c'est d'une élégance rare que d'écrire dans son autobiographie que la fille dont on a abusé n'était plus vierge (salope) depuis l'âge de 8 ans (pédophile elle-même, donc). Chapeau bas, M. Polanski, la classe, vous au moins, vous savez ce que c'est!
Et Finkie lui aussi, agit en vrai gentleman (lui qi passe son temps à faire la morale à tout le monde), en rappelant sur France Inter (antenne du service public, en plus) que la victime avait une vie sexuelle (grosse salope) tout en faisant semblant de défendre Polanski parce que la victime elle-même ne veut plus entendre parler de cette histoire. On croit rêver, vraiment ! Heureusement que Michaud l'a remis à sa place !

Quant à la procédure suisse, lisez le blog d'Éolas. Quand Polanski se rendait dans son chalet suisse, il ne l'annonçait pas dans la presse. Pour ce festival, sa présence était connue, il était donc facile pour les flics de le cueillir.
1. J'ai de manière constante demandé la suppression de ce Ministère coûteux (et notamment par les subventions de toute sorte qu'il distribue à une corporation, faussant toutes règles de "marché". Et évidemment conduisant à la médiocrité de la production d'un produit aussi marchand que tous les autres. Un tel Ministère ne peut pas exister dans une démocratie authentique. La France est-elle une démocratie?
1. L'artiste ne se démarque pas du reste des humains. Il n'y a aucun privilège spécifique (et d'ailleurs que veut dire simplement artiste: tout homme ou femme qui...etc?). C'est avant tout un artisan comme il y en a tant d'autres qui, en raison de ses talents réels ou présupposés va vendre des produits ou sa force de travail. Un théatre ne devrait pas avoir de subvention: il offre un service: la distraction des spectateurs moyennant un prix. Le produit répond au marché c'est un succés, il ne répond pas c'est un four. Exacement cmme une entreprise qui peut même êztre en faillite pour ne pas avoir respecté cette règle marketing élémentaire: le couple produit X marché.
Tout artiste rêve de mourir riche comme tout soldat de métier maréchal. Certains y ont parfaitement réussi comme de grands capitalistes.
La règle est la loi naturelle et un tel Minsitère en la fausant établit des privilèges par ponctionnemment sur le citoyen qui souvent même ne bénéficie d'une contrepartie.
Le Ministère d ela Culture et (pire de la communication), par son pouvoir politique ou redistributeur) est antidémocratique et d'ailluers ce n'est spécialment und émocrate qui l' a créé, de Gaulle. Et ce ministère dans notre psedodémocratie n'a cessé de poser des problèmes (rappelons nous entre tantd'autres l'affaire des colonnes de Buren malgré le recours des citoyens et le jugement en leur faveur du tribunal adminitratif)
NON l'artiste a au cours des siècles pu être protégé par des mécènes parce que le marché était trés étroit et ne fo,nctionnait pas comme un vrai marché mais le ùmarché s'est élaqrgi, diversifié à partir du 109ème siècle et jusqu'à la création par un galeriste Daniel Gervis , La FIAC qui se dit bien Foire.
Qu'est que l'oeuvre dite d'art? Toute oeuvre répond à un besoin de l'homme.
On en arrive avec l'erreur d ebase, que cautionne
Mitterand à ce qu'il profère qui est tout à fait scandaleux (ce qui n'exclue pas la protection jurique pour l'eouvre comme elle existe pour tout produit).
Evidemment avecnotre manie d'être supérieurs en tout (quand on sait la réalité) il nous faut disposer d'exceptions dites françaises comme ce Ministère , non seulement inutile et trés coûteux mais pervers et donc d'autant plus coûteux.
soma78, le 09/10/2009 - 10:31
lol51, le 09/10/2009 - 10:23
En fait chez chez Numérama, on ne réfléchit pas le numérique, on se branle avec son intellect pour y sortir une sorte de propagande crypto-communiste ayant un vague rapport avec l'informatique et internet.
Sympathisant de l'UMP je te vois !!!!!! Il n'y a qu'eux pour encore utiliser le terme "crypto-communiste".......
C'est bête mais je ne suis pas sympathisant de l'UMP ! Je suis de gauche et indigné par naïveté des articles, les imprécisions quotidiennes, et la chasse aux sorcières permanente que pratique Numérama...
lol51, le 10/10/2009 - 10:31
C'est bête mais je ne suis pas sympathisant de l'UMP ! Je suis de gauche et indigné par naïveté des articles, les imprécisions quotidiennes, et la chasse aux sorcières permanente que pratique Numérama...
oui on atteint des sommets de demagogie ici,
Je suis catastrophé.
ratiatum a été en son temps un bon site d'information. ce temps est revolu.
Concernant son "témoignage de moralité" en faveur des violeurs : voilà ce que dit Mitterrand
"deux fils ont fait une énorme connerie, pour parler vulgairement"
http://actualite.por...contre-attaque/

Le viol collectif n'est qu'une "connerie" pour le ministre de l'inculture ?!
L'Artiste est une sousmerde que je dépossèderais DEFINITIVEMENT en 2012, gniak gniak gniak
Maelick
"Il veut défendre les artistes parce qu'il est ministre de la culture, mais la culture n'appartient pas aux artistes, la culture est à tout le monde. "
+1
Outre l'image donné par notre Ministre, le problème est plutôt simple et s'articule sur deux points : Frederic Mitterrand à t il eu des partenaires mineurs ? Son démenti est formel, mais ses explication confuses.
Est il également normal, crédible et sain que quelqu'un ayant ce passé et sur lequel repose ce genre de soupçons se prononce publiquement, et donc au nom du gouvernement, sur des affaire impliquant à chaque fois des mineures violés ?
Le simple rapprochement de ses écrits, et de ces faits me faite effectivement me poser des questions sur le personnage.

Frederic Mitterrand dépasse ici le simple cadre littéraire et la sphère de sa vie privée dont il a fait étalage et se pose en défenseur d'un petit nombre, minimisant cette la tragédie qu'est le viol de mineurs et la gravité de ce qui s'est passé. Parler d'une histoire qui n'a pas de sens pour décrire l'affaire Polanski, et d'un écart pour parler d'un viol en réunion est gravissime. Durant toute cette semaine, je n'ai pas entendu un seul mot de compassion envers les deux victimes, uniquement un déballage ad nauseam de sa propre souffrance personnelle et des persécutions dont il est victimes.

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