Hadopi : le ministère veut brider la presse en cas de problème

Guillaume Champeau - publié le Mardi 06 Octobre 2009 à 10h23 - posté dans Société 2.0

Le cahier des charges de réalisation du site officiel de l'Hadopi interdit aux prestataires de communiquer auprès de la presse en cas de problème sans concertation préalable avec le ministère de la Culture.

Le ministère de la culture apprend de ses erreurs. Non pas en lisant l'avis du Conseil constitutionnel, qui aurait dû le convaincre de renoncer purement et simplement à l'Hadopi, mais en se remémorant l'échec cuisant de son site de propagande pro-Hadopi Jaimelesartistes.fr. Pour mémoire, le site avait été ouvert pour soutenir le projet de riposte graduée, avec l'assurance de la part du ministère que les hackers "peuvent toujours attaquer, le site est super blindé". Quelques heures après cette déclaration, le site était déjà hors ligne. Sous l'effet des multiples attaques DDOS, le ministère de la Culture a finalement choisi de fermer Jaimelesartistes.fr, tandis que la sénatrice UMP Muriel Marland-Militello dénonçait le "terrorisme cybernétique" des internautes pirates.

Mais ce qui a le moins plu au ministère, c'est la communication de ses prestataires auprès de la presse. "Etant ingénieur en informatique, je suis totalement conscient du caractère inapplicable de la loi, et qu'elle peut d'ailleurs nous faire courir des risques en tant qu'hébergeur Internet. Elle n'est faite que pour satisfaire les majors du disque, ou d'autres grosses sociétés ayant des intérêts dans le domaine", avait par exemple déclaré le premier hébergeur du site, en annonçant qu'il jetait l'éponge suite aux multiples attaques DDOS ingérables à son niveau.

Le nouvel hébergeur, OVH, n'avait guère été plus conciliant à l'égard des services de Christine Albanel. "La loi Hadopi semble avoir retenu des méthodes héritées du passé alors qu'en même temps le Parlement européen émettait une proposition visant à faire de l'accès à Internet un droit fondamental", avait ainsi regretté Octave Klaba, le fondateur du service d'hébergement, en apprenant que sa société avoit été choisie pour prendre le relais.

Pour le ministère de la Culture, il n'est plus question de se voir parasiter sa communication par ses intermédiaires techniques. Le cahier des charges de réalisation du site officiel de l'Hadopi, dont PC Inpact a pris connaissance, comprend un seul passage souligné pour marquer son importance : "en cas d'incident rendant indisponible, momentanément ou non, tout ou partie du service dû à l'Hadopi, le titulaire devra s'interdire toute communication vis-à-vis de l'extérieur et en particulier de la presse tant qu'un communiqué commun n'aura pas été rédigé. En l'absence d'un communiqué commun, l'Hadopi ou le MCC seront seuls habilités à communiquer sur cet incident".

Le gouvernement, qui s'attend à de fortes attaques DDOS contre le site de l'Hadopi, veut totalement maîtriser sa communication en cas d'indisponibilité du site. Mais arrivera-t-elle à faire taire tous ces "professionnels de l'Internet" qui jugent presque unaniment que la loi Hadopi est déjà obsolète ? C'est moins sûr.

Publié par Guillaume Champeau, le 6 Octobre 2009 à 10h23
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : le ministère veut brider la presse en cas de problème»
 

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Il vont devoir commander un super-ordinateur de chez IBM connecté au net par une fibre optique de 10 mètres de diamètre pour gérer le flood continu de paquets DoS.
Pas besoin de DDOS, ils vont bien s'auto-pwner comme ils en ont l'habitude.
il y a une différence entre, comme tu le dis justement, informer ses clients qui seraient sur le meme datacenter, et ce qui est inclus dans l'appel d'offre : Informer la presse.

Oui, mais dans cette hypothèse, le client "victime collatérale" de l'attaque DDOS n'est lui tenu à aucune confidentialité...et peut donc parler à qui bon lui semble de la non-disponibilité de son site.
En effet, la clause entre l'Hadopi et l'hébergeur ne peut pas impliquer un tiers au contrat, juste par ce qu'il serait par hasard chez le même hébergeur. Dès lors, l'info peut filtrer le plus légalement du monde.
"le titulaire devra s'interdire toute communication vis-à-vis de l'extérieur et en particulier de la presse tant qu'un communiqué commun n'aura pas été rédigé. En l'absence d'un communiqué commun, l'Hadopi ou le MCC seront seuls habilités à communiquer sur cet incident"

Le site est sensé être accessible au publique, alors le jour ou il ne l'es plus, pas besoin de communiqué de presse pour savoir qu'il y a un soucis, il suffit d'un internaute qui n'arrive plus à accéder au site et tout le monde peut être au courant.

Y en a qu'on pas encore compris que le schéma d'une communication "physique" ne peut s'appliquer à un modèle "virtuel".
enter, le 06/10/2009 - 10:30
>>>"parasyter "

Argh ! Un parasaïteux attaque ...

Sinon, quel est le problème ? Une clause de confidentialité telle qu'on en trouve sur la plupart des contrats. Un client qui demande que le fournisseur soit loyal.

Ouh la la : voila un scoop de PCinpact, relayé par Numerama.

Au fait, M'ssieurs de Numerama, c'est quand que vous arrêtez de recopier les articles des autres et que vous vous lancez dans vos propres enquêtes ?

Pauvre "inter" ! tu te veux interprète ou intermédiaire ?
Malheur à toi, tu n'es qu'inter - minable et tes commentaires sont à l'image de ton avatar : VIDES !

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