Google accusé de réduire le savoir disponible
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 02 Octobre 2009 à 14h27 -
posté dans Société 2.0
![]() Acaparé par les services commerciaux, Internet serait déjà devenu l'exploitant du temps de cerveau disponible, au détriment du savoir. Dans une tribune publiée par Libération, un éditeur de solutions d'enseignement en ligne émet l'idée qu'Internet est structurellement rétrécisseur de savoir, et accuse Google d'en être le principal architecte.
Libération publie cette semaine une tribune à contre-courant de Thierry Klein, président de la société Speechi, qui déglingue Google. Il réfute l'idée selon laquelle "Internet représenterait une chance pour le savoir humain", et accuse le moteur de recherche d'être "l'acteur majeur" d'un "rétrécissement" du savoir. Selon lui, la quantité moyenne de savoir à laquelle un internaute accède réellement (ce qu'il dénomme "le savoir disponible") "diminue structurellement de jour en jour", et n'a même "jamais été très élevée sur le Web". De quoi fouetter l'égo de plus d'un internaute qui se respecte. Thierry Klein explique en effet que parce qu'il fonctionne sur un modèle publicitaire, qui met en avant la publicité avant le savoir, "Google s'adresse avant tout au consommateur qui est en vous, pas à l'homme ou à la femme de savoir". "Votre soif de savoir, si tant est qu'un tel terme ait un sens, c'est l'alibi qu'il vous sert, le leurre avec lequel il vous attire. Laissez passer quelques années et vous vous retrouverez tous à lire des blagues idiotes, échanger des messages insignifiants sur Facebook, acheter en ligne ou à taper le mot le plus recherché sur Internet, c'est-à-dire " sexe " : vous ferez comme tout le monde", croit savoir l'auteur. Le propos, un brin provocateur, n'est pas inintéressant. Selon M. Klein, l'internaute qui va sur Internet "rentre dans une entreprise de distraction, au sens premier du terme, qui est celui de détournement". Il déplore la présence sur Internet d'une "distraction permanente" qu'il faut "comparer à son comportement en bibliothèque, isolé, sans rien pouvoir faire d'autre". L'homme serait incapable de se concentrer sur le savoir sans être presque physiquement contraint à l'austérité. Sur Internet, "au bout de quelques minutes, il a toutes les chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche (lire la Bourse, les résultats sportifs, tchater sur MSN...)". Il élabore même un théorème : "la quantité de savoir disponible est corrélée au pourcentage du nombre de pages web qui ne sont pas financées par la publicité". Or, nous explique Thierry Klein, "Google, comme toutes les entreprises qui constituent ce qu'on appelle " le Web 2.0 " (Facebook, YouTube, DailyMotion...), oriente vos recherches pour que ce pourcentage diminue". C'est une pensée originale. Mais biaisée. L'auteur pense qu'un "page sans publicité a plus de chance d'être intéressante, au sens du savoir", parce que "l'éditeur (d'un site avec publicités) n'a pas pour objectif d'augmenter votre connaissance, mais de vous faire cliquer sur un lien sponsorisé". Il est vrai que Wikipedia pourrait servir de parfait exemple à la théorie. Sans doute parce que l'amateurisme, exercé par passion, est plus créatif que le professionnalisme, enfermé dans de multiples contraintes. Mais en rester là serait ne rien comprendre au cercle vertueux que provoque Google. L'auteur reconnaît bien que "pour Google, la qualité des résultats est un moyen, non une fin", mais il s'arrête en chemin. Car pour les éditeurs aussi, la qualité de la connaissance délivrée est un moyen de rentabiliser l'activité. Plus un site est qualitatif, plus il a de chances d'être souvent visité et d'apparaître en tête des moteurs de recherche. C'est en tout cas le pari que nous faisons sur Numerama depuis de nombreuses années, en essayant modestement d'apporter des informations qualitatives qui satisfont votre appétit de savoir. Sans cette exigence qualitative, Numerama serait enterré au fin fonds des résultats de Google, ne serait jamais visité, et sombrerait. C'est le cas de centaines de milliers de sites internet qui sont "condamnés à la qualité" pour exister. Tout comme Google sombrera le jour où il cessera de délivrer des résultats pertinents au profit des résultats les plus rémunérateurs pour lui. L'internaute en sort gagnant. Il accède à un savoir plus qualitatif, plus facilement accessible, à un coût souvent nul. Par ailleurs, s'il est vrai qu'Internet tend vers la "distraction permanente", il n'est pas certain que ça soit au détriment du savoir. L'apprentissage n'a pas à être une entreprise austère, comme semble le laisser croire le dirigeant de la société Speechi, éditeur de solutions d'enseignement. Les pédagogues ont depuis longtemps reconnu la force pédagogique du divertissement (on apprend d'autant mieux en s'amusant), mais aussi que l'on apprennait d'autant mieux que l'on était capable de laisser régulièrement le cerveau s'oxygéner. Ce qui, en quantité raisonnable, peut permettre les "distractions" pourfendées par M. Klein. Déjà Socrate, en son temps, avait émis l'idée que le développement de l'écrit risquait de porter atteinte aux acquis de la culture, parce que les hommes "cesseraient d'exercer leur mémoire". à lire aussi
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Commentaires à propos de «Google accusé de réduire le savoir disponible»
Je pensais lire autre-chose dans cet article.
La condamnation à la qualité prime au final, mais dans l'horizon temporel d'une vie humaine, une bibliothèque sera TOUJOURS mieux qu'internet si vous voulez fouiller des sujets. Je m'explique : à moins de vouloir payer, sur internet, vous n'accédez qu'au savoir gratuit. Même en prenant en compte tous les gentils gars partageant gratuitement du savoir de pointe, par principe d'objectivité, sur internet, on aura toujours à recouper plusieurs sources, une source ne suffit pas. Tandis que dans les circuits du savoir traditionnels, à un stade ou à un autre, quelqu'un a payé, et on a accès à de savoir payant. Des livres, des revues, des magazines, et tutti quanti. Et quel que soit le sujet, un livre dédié à un sujet précis contient des centaines de fois plus d'informations qu'une page wikipedia ou une page encarta... Conclusion, croisez les sources de toutes façons L'auteur fait une généralité sur l'internaute qui n'est pas bonne pour son raisonnement. Nous sommes tous différents. Nous somme tous unique. Nous avons tous un comportement différent face aux informations accessible sur internet.
Bart simpson passerait son temps a dezinguer du zombie la ou sa s?ur lisa passerait son temps a éplucher wikipedia, pour faire simple. Kad, le 02/10/2009 - 14:27 Selon lui, la quantité moyenne de savoir à laquelle un internaute accède réellement (ce qu'il dénomme "le savoir disponible") "diminue structurellement de jour en jour", et n'a même "jamais été très élevée sur le Web".Quant au modèle de Google qui "met en avant la publicité avant le savoir", euh... Oui, en soit on peut éventuellement considérer cela. Mais en est-il différent des autres médias ? Télévision ? Journaux ? Magasines ? Ah bah non, dans les autres médias, c'est encore pire. Je pense que ce monsieur n'aime pas vraiment la concurrence du web à son activité, puisque le web, et les moteurs de recherche, permettent d'accéder facilement justement à tout ce savoir disponible, supprimant de fait le besoin des "mauvais" enseignements (ceux qui se contentent de fournir le savoir brut tel qu'on peut le trouver dans les documents, sans réel "enseignement" justement). Peut-être Speechi propose-t-il uniquement ce mauvais enseignement et voit d'un mauvais ½il cette concurrence d'Internet (sur lequel cependant son modèle commercial est fondé, puisque cette société opère elle-même par Internet, mais il est vrai qu'elle opérerait tout aussi bien sur un Minitel 2.0 Même sa comparaison avec la bibliothèque est assez foireuse : d'une, dans la plupart des bibliothèques, tu as également les distractions, avec entre autres choses des BDs, des magasines de divertissement. Il y a aussi toujours le café du coin. Certes la tentation du divertissement est plus présente sur Internet, mais en contrepartie, le savoir disponible est lui bien plus important que dans n'importe quelle biblothèque (physique, puisqu'il y a également des bibliothèques Internet, dont le projet Archive.org bien connu). Honnêtement ce monsieur aurait déjà l'air moins con s'il n'utilisait pas un vocabulaire adéquat (et c'est pourtant un vocabulaire extrêmement courant). Que penser d'une diatribe écrite par quelqu'un qui considère que "disponible = utilisé" ? Et je ne parle même pas de l'enseignement proposé par sa société... Je sais que si je cherchais une entreprise pour de l'enseignement par Internet, je prendrais soin désormais d'éviter la sienne Et comme le souligne l'article, affirmer que la présence de publicité signifie que l'auteur de la page n'a pas comme objectif premier la transmission de l'information, mais le pognon qu'il peut gagner par la publicité... En suivant le même raisonnement, on peut conclure que son entreprise n'a pas comme but premier d'enseigner et de transmettre de l'information, mais uniquement de rafler ton pognon. C'est peut-être ça d'ailleurs des moteurs de recherches commerciales existent : essayé msn search.
c'est bizzard mais les premiers résultats ne sont que des liens commerciaux mis en avant. si google marche c'est car les résultats sont pointus a condition de bien chercher renaud045, le 02/10/2009 - 14:32 Je suis d'accord avec l'auteur. Il suffit de voir les sites les plus consultés : people, news qui recyclent les memes articles, sport, etc.... Mais bon, quand on veut trouver, encherchant bien, on peut trouver des choses interessantes, c'est comme à la bibliothèque en somme... Chacun fait ce qu'il veut de sa connexion, mais les moyens d'apprendre sont là, à portée de main.
Les exemples de personnes ordinaires ayant acquis une somme de connaissance énorme grâce à Internet ne manquent pas, on ne va pas reprocher à l'outil la bêtise des autres... "Sur Internet, "au bout de quelques minutes, il a toutes les chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche (lire la Bourse, les résultats sportifs, tchater sur MSN"."
Hein ? tu disais ? Pardon je regardais une vidéo qu'on vient de m'envoyer par email avec un skateur qui se casse la jambe... Alors ? tu disais quoi déjà ? c'est tout le contraire... quand on cherche on trouve et on apprends et sur tout..... après si on flane on flane, chose très différente.
internet à l'utilité que l'on souhaite, donc forcement ca dérange... "Tout comme Google sombrera le jour où il cessera de délivrer des résultats pertinents au profit des résultats les plus rémunérateurs pour lui."
eh ben je sais pas pour vous, mais moi je commence à tester d'autres moteurs car google ne me satisfait plus du tout. déjà, on ne peut pas personnaliser sa recherche, à savoir, orienter le moteur vers un type d'information que l'on souhaite (et exclure totalement les sites commerciaux par exemple). la plupart du temps sont mélangés les sites commerciaux avec la vraie info que l'on recherche, c'est extrêmement déplaisant (sans parler des redondances bidons). le seul fait que google soit encore en tête dans mes recherches, c'est uniquement dû à la médiocrité des résultats des autres moteurs. par contre, je rejoins gorkk pour dire que si internet à, en général, réponse à tout, il est de plus en plus laborieux d'obtenir la bonne réponse (ou du moins, une réponse qui nous convienne) car google à une façon de hiérarchiser ses trouvailles qui tend à éliminer la demande rare pour mettre en avant la demande fournie. résultat : cela favorise la redondance de l'information au détriment de la variété. Ce que je viens de lire est particulièrement ennuyant et absolument pas instructif. Internet ne s'appelle pas la toile pour rien. Quand on y entre pour chercher quelque chose de précis on en ressort rarement avec sa réponse. Par contre on ressort avec des tas de réponses sur d'autres sujets!
Hier soir je cherchais je-ne-sais-plus-quoi, 2 heures après j'ai appris à fabriqué le meilleur avion en papier du monde (et quelques notions en aérodynamisme), des notions de conduite sportives, la différence entre un carburateur et un injecteur, le principe de fonctionnement d'une bobine Tesla, que l'ouvre boite est apparu 40 ans après la boite de conserve, ... Bref, soit ce mec à d'énormes préjugés, soit il a une expérience du web insuffisante pour en comprendre la puissance. L'auteur de cette tribune n'a pas tort à une exception près à mon sens : si l'accès au savoir est de moins en moins important, la faute en revient non pas aux acteurs du net mais uniquement à celui qui le consulte. Certes l'offre est immense, autant que les tentations. Mais à qui jeter la première pierre ? A Internet et ses acteurs ou à l'internaute et son environnement socio-culturel ?
Car fonctionne sur une logique de demande, et non d'offre. Si la volonté de l'internaute pour apprendre est réelle, il trouvera son affaire. Internet peut, au contraire, être un formidable source de savoir et surtout un aiguillon pour la curiosité. Internet n'est certes pas exhaustif ou suffisant, les bibliothèques, les lieux de savoir ont un rôle important. Mais Internet permet d'éveiller l'intérêt pour des sujets auquel l'internaute n'aurait pas eu accès. Gardons en tête que finalement le plus important est d'éveiller les consciences et d'éduquer les jeunes à la curiosité et à l'esprit critique. Internet pourrait à terme réaliser un rêve cher à tous les "Lumières" : l'accès universel au savoir. "Déjà Socrate, en son temps, avait émis l'idée que le développement de l'écrit risquait de porter atteinte aux acquis de la culture"
Ecrits dans le genre " les "distractions" pourfendées par M. Klein.". ant1, le 02/10/2009 - 15:58 L'auteur de cette tribune n'a pas tort à une exception près à mon sens : si l'accès au savoir est de moins en moins important, la faute en revient non pas aux acteurs du net mais uniquement à celui qui le consulte. Certes l'offre est immense, autant que les tentations. Mais à qui jeter la première pierre ? A Internet et ses acteurs ou à l'internaute et son environnement socio-culturel ? Car fonctionne sur une logique de demande, et non d'offre. Si la volonté de l'internaute pour apprendre est réelle, il trouvera son affaire. Internet peut, au contraire, être un formidable source de savoir et surtout un aiguillon pour la curiosité. Internet n'est certes pas exhaustif ou suffisant, les bibliothèques, les lieux de savoir ont un rôle important. Mais Internet permet d'éveiller l'intérêt pour des sujets auquel l'internaute n'aurait pas eu accès. Gardons en tête que finalement le plus important est d'éveiller les consciences et d'éduquer les jeunes à la curiosité et à l'esprit critique. Internet pourrait à terme réaliser un rêve cher à tous les "Lumières" : l'accès universel au savoir. disons que le truc qu'il faudrait c'est un moteur de recherche spécialisé dans le savoir et un moteur de recherche spécialisé dans le commercial. seulement là, je vois pas comment un algo serait capable de différencier l'un et l'autre... encore plus avec les sites d'informations qui comportent de la pub, y'a que le tri à la main qui permettrait de faire ca. L'idée de départ est tout de même un peu biaisé. Internet est un outil (à mon avis formidable) pour qui cherche du "savoir". Mais qui a dit que c'était sa fonction ? On ne va peut-être pas dans une bibliothèque (que) pour le divertissement, mais sur internet, on peut !
@pleindeuss
déjà, on ne peut pas personnaliser sa recherche, à savoir, orienter le moteur vers un type d'information que l'on souhaite (et exclure totalement les sites commerciaux par exemple).
Google est justement en train d'améliorer cet aspect : http://googleblog.bl...er-updates.html "Google vous incite, en moyenne, à aller vers les pages les plus intéressantes pour les annonceurs, qui sont sa source de revenu. "
"Google crée du trafic, si possible sponsorisé, pas du savoir ;ses algorithmes ont pour objectif final de maximiser le revenu obtenu en cliquant sur les liens sponsorisés." Qui est assez bete pour cliquer sur les liens sponsorisés, placés à droite pas trés visible ? L'algo de google avantage ce que les gens conseillent en créant des hyperliens. Et on voit trés souvent wikipedia en tete. Et au sujet de la distraction c'est un question de volonté. S'il n'y avait pas internet les gens regarderaient TF1. Et souvent on se perd et se distrait sur wikipedia. lildadou, le 02/10/2009 - 15:54 Ce que je viens de lire est particulièrement ennuyant et absolument pas instructif. Internet ne s'appelle pas la toile pour rien. Quand on y entre pour chercher quelque chose de précis on en ressort rarement avec sa réponse. Par contre on ressort avec des tas de réponses sur d'autres sujets! Hier soir je cherchais je-ne-sais-plus-quoi, 2 heures après j'ai appris à fabriqué le meilleur avion en papier du monde (et quelques notions en aérodynamisme), des notions de conduite sportives, la différence entre un carburateur et un injecteur, le principe de fonctionnement d'une bobine Tesla, que l'ouvre boite est apparu 40 ans après la boite de conserve, ... Bref, soit ce mec à d'énormes préjugés, soit il a une expérience du web insuffisante pour en comprendre la puissance. sans etre mechant on trouve ta du mal fouiller comme les 3/4 d'utilisateurs. il faut bien souvent lire les sujets, les pages et tres tres tres tres tres souvent on y trouve la réponse. moi je me rappelle pas ne pas avoir trouver un truc. tout se trouve. dit moi ce que tu recherche pour voir, on verra si je trouve. masi j'en suis quasi sur.
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Mais bon, quand on veut trouver, encherchant bien, on peut trouver des choses interessantes, c'est comme à la bibliothèque en somme...