Joost, la TV des créateurs de Kazaa, n'est plus (MAJ)

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 25 Novembre 2009 à 11h30 - posté dans TV Numérique

Mise à jour : La mort de Joost est officielle. Dans un enterrement sans fleurs, le service autrefois très prometteur créé par les inventeurs de Kazaa et de Skype a été racheté par Adconion Media, qui n'exploitera que ses actifs technologiques. Peut-être Joost aurait-il connu un destin plus prolifique s'il n'avait pas voulu dès le départ respecter les ayants droit et obtenir leur accord pour diffuser des programmes. Il n'a obtenu au final que très peu de programmes attractifs, ce qui a provoqué sa mort à petit feu. En tournant le dos aux studios et en laissant les utilisateurs s'approprier la diffusion des contenus, Kazaa avait connu un bien meilleur succès. Ce qui fait tout le paradoxe de l'industrie culturelle, qui tue dans l'oeuf les services légaux et encourage les développeurs à inventer des services qui n'ont pas besoin de l'autorisation des ayants droit pour prospérer. A méditer.

Article du 2 juillet 2009 - C'est le premier échec des nordistes Janus Friis et Niklas Zennström. Joost, conçu par les deux créateurs de Kazaa et de Skype, n'ambitionne plus de jouer dans la cour des grands. Le service de télévision en ligne a annoncé qu'il abandonnait le marché grand-public, pour se concentrer sur les services aux entreprises de médias comme les câblo-opérateurs ou les fournisseurs de télévision par satellite. C'est un échec considérable par rapport aux ambitions premières de Friis et Zennström, qui pensaient avoir trouvé avec Joost la formule idéale pour dominer la TV de demain et gagner encore plusieurs milliards de dollars.

L'idée de base de Joost était de s'affranchir des grilles de programmes pour donner à tous les éditeurs de télévision la possibilité d'exposer leurs chaînes sur Joost, avec des programmes à la demande financés par des publicités interactives, par du paiement à l'acte ou sur abonnement. Pour économiser en frais de bande passante, Joost devait reprendre la technologie P2P de Joltid (la société mère des deux nordistes), pour que les vidéos soient distribuées par les spectateurs entre eux, et non plus uniquement servies par un serveur central. Joost promettait en outre aux studios de télévision et de cinéma de protéger leurs contenus avec un système de chiffrage emprunté à celui de Skype, qui devait rendre les contenus très difficiles à copier.

Mais Joost n'a jamais fonctionné. La technologie P2P a obligé la société à imposer l'installation d'un logiciel spécifique sur l'ordinateur des spectateurs, au moment où YouTube, Dailymotion ou Hulu proposaient avec succès des vidéos lisibles directement sur un navigateur, et exportables sur les blogs pour faciliter leur marketing viral.

Joost n'a pas non plus réussi à séduire suffisamment d'éditeurs de contenus pour convaincre les internautes de l'intérêt d'installer le logiciel. Par peur de véhiculer des contenus pirates, alors que ses concurrents web permettent à tous les internautes de diffuser de leurs propres vidéos, Joost reposait sur un modèle propriétaire qui ne permettait la diffusion que des vidéos partenaires. Un contre-sens à l'heure où les médias doivent au contraire se déconcentrer et proposer le plus possible de contenus.

Après une vague de licenciements en début d'année dernière, Joost a finalement changé d'optique en fin d'année pour lancer son service sur le web, avec Flash. Mais trop tard.

Joost a annoncé une restructuration (donc des licenciements), le remplacement de son président Mike Volpi par son responsable technologique Matt Zelesko, et un changement complet de stratégie. Il développera désormais des portails vidéo pour les entreprises.

La morale de l'histoire : proposer un service propriétaire, fermé, avec l'obsession de contrôler les contenus pour éviter tout piratage est la recette idéale de l'échec assuré.

Publié par Guillaume Champeau, le 25 Novembre 2009 à 11h30
 
 
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Commentaires à propos de «Joost, la TV des créateurs de Kazaa, n'est plus (MAJ)»
 
La morale de l'histoire : proposer un service propriétaire, fermé, avec l'obsession de contrôler les contenus pour éviter tout piratage est la recette idéale de l'échec assuré.
So say we all !

Franchement, niveau conclusions, vous assurez sur Numérama :D
La morale de l'histoire : proposer un service propriétaire, fermé, avec l'obsession de contrôler les contenus pour éviter tout piratage est la recette idéale de l'échec assuré.

So say we all !Franchement, niveau conclusions, vous assurez sur Numérama

En plus c'est marrant , ca me rappelle un certain projet de loi qui devrait être (re) débattu à l'Assemblée prochainement :)
Y a plus qu'à mettre le software en GPL et hop ! :D
Faut pas trop leur jeter la pierre non plus (d'autant que c'est facile maintenant): même si leur model est en général assez fermé et plus ou moins payant (idem que skype, qui lui, marche assez bien) reconnaissons que ces types essaient d'innover. C'est déjà pas mal...

--> je rêve, je défends les créateurs de skype!!! Milles excuses: TOUS SOUS Jabber !!!! ;-)
Dommage, car ça marchait super bien ! Mais au niveau contenu, on avait fait vite le tour... Et pour les francophones, il y avait vraiment pas grand chose.
C'est une vraie bonne idée que les producteurs auraient dû s'accaparer, comme d'habitude. Je suis cependant certain que le concept reviendra prochainement, car la technologie p2p est la seule à même d'assurer une forte économie de BP pour les éditeurs.

RIP joost !
La morale de l'histoire : proposer un service propriétaire, fermé, avec l'obsession de contrôler les contenus pour éviter tout piratage est la recette idéale de l'échec assuré.

Faut pas trop leur jeter la pierre. Tu serais prêt à te lancer là-dedans en sachant que TPB, qui n'héberge que des fichiers .torrent, ont été condamnés ? En gros, tu jouerais au plus fin avec des gens qui te disent "Ne nous embarrassons pas de la loi, allons-en aux faits" ?
Encore une victime des titulaires du droit d'être stupide.
c'était pas mal joost...comme concept..
Perso pour moi c'est la TV qui est morte. C'est à dire le concept de devoir respecter un horaire pour assister à une émission.
"Je veux voir ce que je veux quand je veux", c'est ça pour moi la TV de demain (ce qui n'en sera plus vraiment une).
Justement Joost c'était sans horaires.
Les seules programme qui m'intéressaient m'étaient interdit du fait de ma zone géographique...
Peut-être Joost aurait-il connu un destin plus prolifique s'il n'avait pas voulu dès le départ respecter les ayants droit et obtenir leur accord pour diffuser des programmes.

c'est pas peut être mais c'est sur.

dommage qu'ils est choisi la voie légal, on voit bien ce que cela donne au bout du compte, une fermeture... et après ils viennent casser les couilles au gens alors qu'ils ne sont pas capables de faire quoi que ce soit..

une honte ces ayants droits...
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