Alors que de plus en plus de sites misent sur le contenu généré par l'utilisateur, la société Opera Software a dévoilé un nouveau projet appelé Opera Unite visant à transformer le navigateur de l'internaute en un serveur personnel.

Depuis quelques années maintenant, une tendance lourde se dessine sur Internet. Alors que la nature même du Réseau des réseaux était censée être une structure sans véritable centre, différents acteurs ont transformé progressivement Internet en une sorte de Minitel 2.0. Dans chaque secteur, la concentration des contenus et des contenants est tout à fait perceptible : héberger des vidéos sur YouTube, consulter son courrier électronique sur Gmail ou Hotmail, envoyer des photos sur Flickr ou Picasa… si ces services sont certes très populaires et performants, est-ce pour autant encore de l’Internet ? D’autant que tout le contenu mis en ligne est centralisé sur des serveurs qui appartiennent à des sociétés à but lucratif. Certains parviennent même à monétiser leurs services grâce aux contenus générés par les utilisateurs.

Or, tout le monde n’est pas disposé à accepter cet état de fait. Du moins, certains proposent d’autres solutions et explorent d’autres voies. C’est le cas des Norvégiens d’Opera Software, une entreprise principalement connue pour avoir conçu la suite Internet Opera. En effet, avec la prochaine version de leur navigateur web, Opera 10, la société va introduire une nouvelle technologie appelée Opera Unite, permettant à l’internaute d’étendre considérablement ses possibilités en ligne.

L’objectif annoncé est finalement simple : vous n’avez plus besoin d’intermédiaires ou de services tiers pour héberger votre contenu. Fini les serveurs web appartenant à d’autres individus, vous êtes le serveur, ou plutôt votre navigateur devient votre serveur personnel.

À l’heure actuelle, Opera Unite proposera six services de base :

Partage de fichiers (File Sharing) : plus besoin de mettre en ligne les fichiers ou de configurer un accès FTP, il suffit juste d’indiquer quel répertoire sera partagé, et son contenu sera disponible aux autres internautes. Bien entendu, il est possible de filtrer qui a accès à quoi, en autorisant au cas par cas grâce à l’utilisation d’un mot de passe.

Serveur Web (Web Server) : ici, c’est la possibilité d’héberger un site web sur son ordinateur qui est mis en avant. À nouveau, le processus est très simple et se fait en trois étapes : installation du service, indication de l’emplacement du dossier où se trouve le site web et diffusion de l’URL aux amis. Ceux qui suivront ce lien pourront ainsi accéder directement au site web à partir du bureau.

Partage de photos (Photo Sharing) : à nouveau, l’utilisateur n’a finalement rien à faire. Il lui suffit d’indiquer l’emplacement d’un dossier de photos et Opera Unite se chargera de le transformer en une galerie pleinement fonctionnelle. Une alternative à Picasa ou Flickr ?

Lecteur multimédia (Media Player) : permet d’accéder à votre bibliothèque musicale de n’importe quel endroit où vous êtes. Opera Unite permet à l’utilisateur d’accéder facilement aux musiques sans les dupliquer ou les mettre en ligne. Pour l’instant dédié à la musique, Gageons que le Media Player s’ouvre à d’autres types de média comme la vidéo par exemple, tout en élargissant sa compatibilité avec un maximum de formats.

Le salon (The Lounge) : un système de messagerie instantané accessible par n’importe qui, même à ceux n’ayant pas de compte Opera Unite.

Le frigo (Fridge) : assez proche du salon, le frigo permet de communiquer en laissant des petites notes consultables tout de suite ou plus tard. Bien entendu, il est possible de paramétrer cet espace pour limiter le nombre de notes affichées. Il est possible également d’en supprimer. Les autres internautes peuvent également supprimer leurs propres notes.

Pour l’instant, Opera Unite est dans une phase de développement très préliminaire. Toutefois, à terme cela pourrait entrainer une modification radicale de ce qu’est la communication sur Internet. En effet, jusqu’à présent, c’est l’ADSL qui prime, favorisant ainsi la communication verticale (source vers récepteurs) au lieu d’une communication davantage horizontale d’égal à égal (tous sources et récepteurs). Or, si tout le monde s’improvise comme source en lançant son propre serveur, va se poser inévitablement la question de la faiblesse du débit montant et de la capacité de la bande-passante à absorber ce changement de comportement.

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