Orange Sport : Bercy était intervenu pour sauver la Ligue 1 et Orange
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 15 Mai 2009 à 00h00 -
posté dans Télécoms
![]() Jeudi, la cour d'appel de Paris a autorisé Orange à commercialiser en exclusivité son bouquet Orange Sport, qui comprend la chaîne Orange Foot et donc certains matchs de la Ligue 1. Mais la décision, surprenante, dérange. Bercy, via la Direction de la concurrence, était exceptionnellement intervenue devant la cour d'appel en faveur de l'opérateur. Or le directeur de cabinet de Christine Lagarde prendra bientôt la direction de France Telecom... C'est un grand soulagement pour Orange et pour la Ligue de Football Professionnel (LFP). "Cette décision valide la stratégie de la Ligue qui, lors du lancement de l'appel d'offres pour les droits de la Ligue 1, a su recréer la concurrence en permettant l'entrée sur le marché de nouveaux acteurs, dont France Telecom", s'est immédiatement félicité Frédéric Thiriez, le président de la LFP, intervenante au procès. La cour d'appel de Paris a contredit jeudi le tribunal de commerce qui, le 23 février dernier, avait donné raison à SFR et Free et estimé que lier l'accès aux contenus exclusifs d'Orange Sport à la souscription d'un abonnement télécom chez le même opérateur était constitutif d'une vente liée et d'une concurrence déloyale. En première instance, le tribunal avait ainsi ordonné à Orange d'arrêter de commercialiser ses chaînes de foot et de rugby, ou alors de donner à ses concurrents la possibilité de les proposer à leurs propres abonnés. Alors que le 31 mars la cour d'appel avait maintenu l'exécution provisoire de la décision de première instance, elle a totalement changé d'avis et estimé jeudi qu'il "ne saurait être considéré que le fait que l'accès à la chaîne Orange Sports soit associé exclusivement à l'offre ADSL de Orange altère de façon significative sa liberté de choix à l'égard des offres ADSL, bien au contraire". "Contrairement à ce que prétendent SFR et Free, le seul fait que le consommateur doive souscrire un abonnement ADSL Orange pour obtenir un accès à la chaîne Orange Sports ne répond pas à la définition de la contrainte", écrit la cour d'appel. Les magistrats estiment qu'il est "constant que, dans le cadre de la concurrence qu'ils se livrent, tous les fournisseurs d'accès à internet s'efforcent d'enrichir le contenu de leurs offres pour les rendre plus attractives, par la mise en place de services innovants ou l'acquisition de droits exclusifs sur des contenus audiovisuels, cinématographiques ou sportifs événementiels". Mais est-ce parce qu'une pratique est "constante" qu'elle est nécessairement légale ? La motivation de l'arrêt est étrange, et va contre l'avis de l'autorité de régulation des télécoms. SFR et Free ont déjà fait connaître leur intention de se pourvoir en cassation. D'autant que les circonstances de l'arrêt sont pour le moins particulières, comme il devient de plus en plus fréquent en France. Entre le 31 mars où elle a rendu sa première décision sur le sursis à exécution et le 14 mai où elle a rendu sa décision sur le fond, dans un sens contraire, la cour d'appel de Paris a reçu le 30 avril dernier des "conclusions d'intervention" écrites de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Or l'organisme dépend de Bercy, donc de Christine Lagarde... dont le directeur de cabinet Stéphane Richard vient d'être propulsé numéro deux de France Telecom. Il prendra ses fonctions cet été, et prendra la tête du groupe (dont l'Etat détient encore 26 %) en 2011. La commission de déontologie, saisie pour la forme, a donné son accord. "Cette intrusion d'un service administratif dans un tel litige est tellement inhabituelle que la cour d'appel lui a demandé de préciser à quel titre il intervenait", précise le Canard Enchaîné, qui commentait mercredi l'affaire Richard, qui n'est pas sans rappeler l'affaire Pérol. Sans doute plus grave, l'annonce de l'arrivée de Stéphane Richard aux commandes de France Telecom intervient au moment-même où le gouvernement retarde l'obtention de la quatrième licence 3G par Free, sous le prétexte d'une nouvelle étude (à la hausse) du prix. Or, comme le raconte le Canard, c'est "la Commission des participations et des transferts, nommée par Bercy, et dans laquelle Richard ne compte que des amis", qui va fixer le juste prix de la licence. Plus le dossier tarde, plus la licence sera chère, et plus Orange, SFR et Bouygues seront satisfaits. On se souvient aussi que si la cour d'appel ne donnait pas raison jeudi à Orange, le gouvernement avait fait savoir qu'il modifierait la loi en conséquence. Il pourra finalement s'abstenir, et éviter ainsi d'éventuelles représailles de Bruxelles, avant que l'affaire n'arrive éventuellement dans les mains des instances de justice européennes. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Orange Sport : Bercy était intervenu pour sauver la Ligue 1 et Orange»
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tahityboy
le 15/05/2009 à 09:54
Moi j'adore le foot, je regarderai bien tous le match mais voilà si je devrais arrêter mon abonnement Free pour orange pour une chaine de télé,c'est pas trop ridicule. Et non ce n'est pas une contrainte??? Est ce que l'état ne devrais pas rester en place et veiller à une concurrence saine qui enrichirait le pays au lieu de tout faire pour enrichir des groupes non innovant et qui ralentisse l'essor du pays.... Quelle France mes amis.....
J'adore, je suis chez xlub internet par exemple, et je veux voire le foot, obligé de d'abonné a orange, de prendre leur ligne internet et là une bande de vieux connard a décidé que c'était pas contraignant ? Bah ils ont qu'a me payer mon abonnement alors...
Solution => boycott du foot à la TV.
En plus vous gagnerez plein de temps libre pour faire autre chose. C'est simple: vous voulez du foot: allez cher Orange. Vous voulez de l'internet: allez chez un fournisseur internet. On n'achète pas des légumes chez un marchand de chaussures.
Croire que la DGCCRF est à la botte de Sarkozy/Albanel/Richard c'est considérer que les gens qui y travaillent n'ont aucune intégrité. Merci pour eux. Même raisonnement pour les juges de la Cour d'Appel de Paris...
Ensuite je me demande si un seul d'entre vous a pris connaissance du contenu de l'arrêt de la Cour d'appel. C'est bien aussi de lire le contenu d'une décision, ça évite de crier au scandale quand il n'y en pas forcément. Et puis ça évite surtout de passer pour un mouton qui pense ce qu'on lui dit de penser. Pourquoi la CA infirme le jugement du tribunal ? Car entre temps la CJCE a rendu un arrêt qui condamne une législation nationale (belge en l'occurrence) qui interdisait les ventes liées. Pourquoi ? Car la vente liée n'est pas interdite, en soi, par la directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales, à laquelle les droits nationaux sont soumis. Donc l'article L122-1 du code de commerce, sur lequel est fondé la décision de première instance, a dû être interprété par la Cour d'appel dans un sens conforme au droit communautaire. Que dit le droit communautaire ? Qu'une pratique commerciale est déloyale si elle est contraire à la diligence professionnelle et si elle est elle est trompeuse ou agressive. En l'espèce Free et Neuf/SFR n'apportent aucun élément démontrant que ces conditions sont remplies. Donc Orange est sauvé. "La motivation de l'arrêt est étrange, et va contre l'avis de l'autorité de régulation des télécoms." -> Oui on peut dire cela, mais on peut également dire qu'il va dans le sens de l'avis du CSA... Je veux bien qu'on puisse dénoncer le fait que Richard soit parachuté chez France Telecom. Pour autant il faut être un minimum impartial quand on traite de genre d'infos. >>>Dans une démocratie, la séparation des pouvoirs c'est l'indépendance du législatif (parlement), de l'executif (gouvernement), et du judiciaire (juge)
Attention, c'est un peu moins simple que ça. Cette définition de la séparation des pouvoirs date du XVIIIème siècle, à une époque de monarchie absolue où il y avait une collusion totale entre ceux qui préparait les lois, ceux qui les mettaient en forme et ceux qui les appliquaient : c'est à dire dans la plupart des cas, uniquement des "fonctionnaires" sous le contrôle du Roi et de ses conseillers. Cette distinction existe toujours fonctionnellement dans nos démocraties modernes, mais on ne peut pas réduire le rôle du gouvernement à simplement de l'exécutif. Cette fonction existe bien évidemment toujours : ce sont les ministères qui mettent en oeuvre les lois votées par le Parlement. Mais les gouvernements ont un rôle législatif important puisque ce se sont eux qui préparent les lois qu'ils vont soumettre au Parlement (les lois d'initiative parlementaire sont assez rares). Il n'y a (du moins à ma connaissance) pas de pays où le gouvernement est cantonné dans un rôle d'exécutif. Même aux USA (qui se sont largement inspirés de ces principes), si les élections de mi-mandat envoient une chambre des représentants de majorité différente du gouvernement, tout ce passe à base de négociation (en fait les dossiers avancent alors très très lentement). Cela dit, il est assez logique que le Parlement ne soit pas le seul dépositaire du rôle législatif. On aurait du mal à imaginer une entreprise avec 500 directeurs. Il est absolument nécessaire que le rôle d'initiative législative (celui qui prépare les lois en définissant la politique d'un pays) soit regroupé autour d'une petite équipe. @Lucien35
+1 C'est vrai que c'est un peu la pensée unique sur ce site. Ca fait du bien de voir des gens qui osent dire un peu autre chose que "tous pourris". Franchement c'est pas parce-que le copain de Sarko 1er va pouvoir diffuser des matches français qu'ils vont être de meilleur qualité.
tu voudrais donner des yeux à la justice, impossible de violer cette femme pleine de vice...."trust"
>>>Allons, allons...un peu de modération... "Tu perds ton sang froid." ;-)) Faut voir que toute la législation risque maintenant d'évoluer en direction de la protection des contenus exclusifs sous la pression des industries des réseaux (téléphone, internet...).
Internet ou le plus grand supermarché du monde...Malheureusement c'est complètement contraire à l'essence d'internet qui favorise les échanges libres des contenus. C'est aussi contraire aux intérêts du citoyen et à la circulation des savoirs. Le bras de fer se fera sur Internet, si ils échouent à contrôler le réseau, alors ils perdront. Ils devraient donc perdre à terme à moins d'organiser une dictature mondiale. Le plus inquiétant c'est sur la 3G où le filtrage et tout ce qu'on ne voudrait jamais voir sur Internet se pratique en catimini. cri-cri de blériot (62):comment expliquer que Sarko est le plus petit,mais que c'est lui qui nous en mets plein le cul!!!!! (ouille)?
Slt cette affaire n'aurait jamais du avoir lieu Orange à répondu a l'appel d'offre de LNF pour une exclusivité qu'ils ont obtenu (cher) ensuite ils ont fait la commercialisation de façon a rentabiliser au mieux leur investissement, Sfr et free auraient du participer à l'appel d'offre au lieu de pleurer devant les tribunaux ,par contre je suis d'accord avec la plupart des commentaires Bercy n'aurait pas du intervenir
'enter', le 01/01/1970 - 01:00 >>>Dans une démocratie, la séparation des pouvoirs c'est l'indépendance du législatif (parlement), de l'executif (gouvernement), et du judiciaire (juge) Attention, c'est un peu moins simple que ça. Cette définition de la séparation des pouvoirs date du XVIIIème siècle, à une époque de monarchie absolue où il y avait une collusion totale entre ceux qui préparait les lois, ceux qui les mettaient en forme et ceux qui les appliquaient : c'est à dire dans la plupart des cas, uniquement des "fonctionnaires" sous le contrôle du Roi et de ses conseillers. Cette distinction existe toujours fonctionnellement dans nos démocraties modernes, mais on ne peut pas réduire le rôle du gouvernement à simplement de l'exécutif. Cette fonction existe bien évidemment toujours : ce sont les ministères qui mettent en oeuvre les lois votées par le Parlement. Mais les gouvernements ont un rôle législatif important puisque ce se sont eux qui préparent les lois qu'ils vont soumettre au Parlement (les lois d'initiative parlementaire sont assez rares). Il n'y a (du moins à ma connaissance) pas de pays où le gouvernement est cantonné dans un rôle d'exécutif. Même aux USA (qui se sont largement inspirés de ces principes), si les élections de mi-mandat envoient une chambre des représentants de majorité différente du gouvernement, tout ce passe à base de négociation (en fait les dossiers avancent alors très très lentement). Cela dit, il est assez logique que le Parlement ne soit pas le seul dépositaire du rôle législatif. On aurait du mal à imaginer une entreprise avec 500 directeurs. Il est absolument nécessaire que le rôle d'initiative législative (celui qui prépare les lois en définissant la politique d'un pays) soit regroupé autour d'une petite équipe. Ce n'est pas tant le rôle législatif du gouvernement qui gêne mais bel et bien la pression qu'exerce le président sur les parlementaires UMP. Cette pression les oblige à suivre les décisions du gouvernement sans pouvoir représenter les gens qui les ont élus et surtout sans pouvoir ses élus donner leurs avis et leur voix. Heureusement, en Suisse la séparation est encore très forte, car on a la chance de ne pas avoir de parti majoritaire et également de pouvoir avoir au seins des partis des intentions de vote différentes. Il n'est pas rare d'avoir un parti qui donne des consignes différentes d'une région à une autre selon les intérêts en jeu.
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