La chaîne de langue arabe Al Jazeera avait été l'une des premières au monde à signer un accord avec YouTube pour diffuser ses reportages en ligne dans le monde entier. A l'occasion du conflit à Gaza, la chaîne d'information va beaucoup plus loin, et offre des dizaines de reportages sous une licence libre qui autorise tous les internautes et tous les médias du monde à les diffuser ou à les re-monter librement, sans frais.

L’initiative est passée relativement inaperçue, elle est pourtant majeure dans l’histoire médiatique. C’est Framablog qui la relate. La chaîne d’information Al Jazeera a inauguré le 13 janvier un espace vidéo entièrement placé sous licence Creative Commons, pour le moment rempli d’une vingtaine de reportages filmés à Gaza depuis les débuts du conflit le 29 décembre 2008.

« La guerre et la crise qui se déroulent actuellement à Gaza, et la rareté des images d’information disponibles, fait de ce dépôt une ressource clé pour quiconque produit des contenus sur la situation actuelle« , explique la chaîne qatarie Al Jazeera, qui propose des reportages en langue arabe et anglaise, que les journalistes du monde entier peuvent exploiter dans leurs propres rédactions.

La licence choisie, Creative Commons 3.0 Attribution (CC-by 3.0), est la plus libre possible. Elle autorise toute forme d’exploitation, y compris commerciale, à la seule condition de citer Al Jazeera comme source des images. Les amateurs ou les professionnels peuvent reprendre les vidéos à leur guise, pour en faire n’importe quel montage, gratuitement.

Pour Lawrence Lessig, le fondateur de la fondation Creative Commons, « Al Jazeera enseigne une leçon importante sur la manière dont la liberté d’expression se construit et se soutient« .

Les vidéos sont hébergées sur la plateforme Blip.tv, l’une des seules à autoriser l’utilisation de licences libres lors de l’upload des vidéos.

Dans nos 5 propositions pour l’audiovisuel public numérique, formulées à l’occasion du débat sur la loi audiovisuel, Numerama avait proposé que France Télévisions utilise également des licences libres de type Creative Commons pour faciliter la redistribution de ses émissions et reportages. « Si le service public audiovisuel français ne dépend d’aucune mesure d’audience, on voit mal ce qui justifierait encore de priver les internautes français de la possibilité d’être eux mêmes diffuseurs des œuvres de leur service public« , écrivions-nous.

Cette proposition est plus que jamais d’actualité.

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