Filtrage : l'IWF lève le blocage de Wikipédia sans reconnaître son erreur

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 10 Décembre 2008 à 17h03 - posté dans Société 2.0

Sans reconnaître avoir commis une bourde symbolique des risques liés au filtrage sans contrôle judiciaire, l'Internet Watch Foundation a retiré de sa black list l'adresse de la page de Wikipédia consacrée à l'album Virgin Killer de Scorpions.

L'anecdote devra rester bien présente dans les mémoires des députés lorsque le gouvernement français proposera l'an prochain au Parlement d'adopter le projet de loi visant à obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer l'accès aux pages qui lui seront communiquées par le ministère de l'intérieur. Dès lors qu'il faut tracer une ligne entre le contenu licite ou illicite, le contrôle du juge reste incontournable. Tout projet de règlementation visant à contourner l'autorité judiciaire pour atteindre aux libertés publiques pose des questions graves qu'il est imprudent d'ignorer.

Certes, le blocage en Grande-Bretagne de la page de Wikipédia consacrée à l'album Virgin Killer peut prêter à sourire par son absurdité. Il est toutefois révélateur de deux choses : 1. qu'un filtrage ne peut pas être automatisé sans dérive sur la base d'un simple listing alimenté par des instances qui, le plus souvent, ont intérêt à publier des résultats chiffrés pour justifier leur existence ; 2. que tout contenu mis en cause est soumis à interprétation et nécessite une décision judiciaire lorsqu'il est décidé de le censurer.

Face au tollé général et légitime qu'a causé le blocage de Wikipédia en Grande-Bretagne, L'Internet Watch Foundation (IWF) a retiré l'URL incriminée de sa liste d'adresses que les FAI doivent filtrer. Mais sans s'excuser ou se remettre en question. Elle assure en effet avoir "examiné avec soin les questions en jeu dans cette affaire", et "confirmé que l'image en question est potentiellement en violation avec la loi sur la protection des enfants de 1978". Elle a réétudié le dossier mardi, et "la décision a été prise d'éliminer cette page de notre liste noire", mais uniquement parce que l'image datait de 1976 et qu'elle était déjà largement diffusée sur Internet et ailleurs.

Il faut donc comprendre qu'un groupe de musique récent, peu connu, qui proposerait le même genre d'imagerie sur la pochette de son album, pourrait être assimilé à une organisation pédophile par l'IWF, qui ordonnera le filtrage aux FAI.

Loin de refermer le débat en reconnaissant simplement que l'image n'avait pas de caractère pédopornographique, l'IWF l'accentue. Ce qui peut-être, au fond, une bonne chose.

Car avant-même la nature de l'image, c'est bien la légitimité de l'IWF à en décider qui doit être au centre du débat. Si la France veut s'inspirer de la Grande-Bretagne pour filtrer les contenus pédopornographiques, elle devra le faire dans un cadre judiciaire strict. Sans oublier que le filtrage ne sera jamais une réponse efficace au problème de la pédophilie, mais simplement une manière de s'enfouir la tête dans le sable.

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Décembre 2008 à 17h03
 
 
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Commentaires à propos de «Filtrage : l'IWF lève le blocage de Wikipédia sans reconnaître son erreur»
 

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Dans les pétitions, ce n'est pas toujours le volume qui compte, mais la notoriété de ceux qui signent.
Exemple célèbre : la pétition des 343 femmes dans le Nouvel Obs en 1971 qui a été le point de départ de la loi sur l'IVG.

C'est plus le fait que ce soit wikipedia qui a joué dans le retrait de cette censure plutôt qu'autre chose.

Quand à faire des statistique sur le fait que cette censure soit toujours justifiée ou pas, encore faudrait il que la liste de sites censurés soit publié.

Après il est amusant d'avoir une image pédophile dont le créateur n'est en aucun cas inquiété, ni toutes les personnes qui ont participé à son exploitation. Enfin dire qu'il suffit à cette image d'être ancienne pour pour qu'étant pédophile, les personnes l'utilisant ne puisse pas être incriminés est de l'ordre de la fumisterie juridique.

Si papa Émile louis avait réalisé des photos pédophiles dans les années 80, la justice aujourd'hui passerait outre et on pourrait les vendre et les exploiter sans aucunes limite.

Se servir de l'alibi de la pédophilie pour filtrer des conneries sans raisons juridiques valables et sans contrôle réel sur leur décisions, ca s'est vil.
@bourgat
Il ne faut pas tomber dans l'exagération non plus, cela n'apporte rien au débat. Non, des photos pédophiles anciennes ne sont pas publiables. Il y a beaucoup d'autres critères à prendre en compte comme l'aspect artistique, l'intention de l'auteur, ...

Le tableau "L'origine du monde" a longtemps été interdit parce qu'obscène. Maintenant, il sert de couverture à des bouquins de poche pas particulièrement pornos. De là à en conclure que n'importe quelle photo ou peinture de jambes écartées peut être utilisée, il ne faut pas exagérer non plus.

Il y a une différence entre une femme nue posant pour Lee Miller et une femme nue posant dans Hustler. On ne peut pas uniquement se baser sur le critère "femme nue"

Encore une fois, il s'agit d'une seule erreur, et en plus, elle a été rectifiée.

Et au fait, Internet n'est pas un monde virtuel à part du monde réel. Dire "c'est un scandale de filter la pédophilie sur Internet", ça équivaut à dire "c'est un scandale que des magazines pédophiles ne soient pas en vente dans les kiosques à journaux"
Non l'iwf considère toujours la photos comme pédophile.

Après art ou non, la pédophilie est la même chose.

Ce que l'on voit c'est que plutôt que de demander l'arrestation de la personne pour une présumée accusation de pédophilie, on préfère fermer les yeux.

Plutôt que de filtrer internet pour des connerie, si on souhaite réellement combattre la pédophilie et non l'utiliser comme argument démagogique pour toutes les censures, il faut se donner les moyens d'arrêter les pédophiles. Et non pas laisser les personnes créant des photos pédophiles libres surtout quand on sait qui elles sont.
enter, le 01/01/1970 - 01:00
Et donc parce qu'il peut y avoir des erreurs de temps en temps, il faut surtout ne rien faire ?
Non. Parce que ça ne sert à rien, et que ça peut avoir des tas d'efforts de bord gerbant, il ne faut pas filtrer.
enter, le 01/01/1970 - 01:00
Et au fait, Internet n'est pas un monde virtuel à part du monde réel. Dire "c'est un scandale de filter la pédophilie sur Internet", ça équivaut à dire "c'est un scandale que des magazines pédophiles ne soient pas en vente dans les kiosques à journaux"
Si des magazines pédophiles étaient en vente en kiosque, il y aurait rapidement procès, suivi rapidement aussi de la condamnation des éditeurs, des producteurs, des rédacteurs, des photographes et des kiosques concernés. Pas un organisme non judiciaire qui viendrait brûler les magazines qu'ils considèrent comme tels dans chaque kiosque.
Sur la façon dont cela s’est passé, non, non et non ! Seule une autorité judiciaire peut dire si oui ou non il faut filtrer telle ou telle chose.
Sur la photo de cet album, il parait particulièrement douteux d’interdire aujourd’hui une photo visible depuis des années. On a l’impression que le monde veut s’acheter une conscience…

Mais bon, je vais aller à l’inverse de la tendance.
Parlons de la photo en évinçant son origine, son ancienneté, le contexte actuel, etc. etc.

Question : un groupe a-t-il besoin de mettre à nu une fillette pour vendre son album et qui plus est, dans une position provocatrice ?
Quid de l’avis de cette jeune fille ; savait-elle ce qu’elle faisait en s’exposant ainsi ?
Qu’en pense-t-elle aujourd’hui, serait-elle prête à faire de même avec ses enfants, si elle en a ?
Quels sont les parents qui demanderaient à leur enfant de poser ainsi sur la Jacquette d’un album ?
Imaginez la scène lors de la prise de la photo : écarte les cuisses, oui… comme ça… un peu plus… etc… Perso, rien que d’y penser, ça me dégoûte.

De toute façon, que l’on ne s’y trompe pas : la seule raison pour avoir fait cette photo c’est de faire du fric et de provoquer. Etait-il nécessaire de se servir d’une gamine pour réaliser les phantasmes de quelques adultes en mal d’incitation douteuse ? Je ne le pense pas !

Et on va inverser un peu les rôles : combien de pères / mères sont prêts à poser nus de la sorte sur la demande de leur enfant ?
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Question : un groupe a-t-il besoin de mettre à nu une fillette pour vendre son album et qui plus est, dans une position provocatrice ?
L'art est fait pour provoquer des réactions, générer des questions. La photo est dans tous les cas à mettre en parallèle avec l'album qui lui est associé, Virgin Killer, dont le thème est que le temps est l'assassin (je suis pas satisfait de mon terme français là, on va dire juste "killer") de l'innocence des enfants, à mesure qu'ils sont confrontés avec la réalité de la société (en gros).
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Quid de l’avis de cette jeune fille ; savait-elle ce qu’elle faisait en s’exposant ainsi ?
Au moment de la photo, aucune idée. Il se trouve cependant que le modèle de la photo est la fille de la personne à l'origine de cette photo, et qui, en tant que parent, peut légalement et moralement prendre les décisions vis-à-vis de ce qui est bon pour son enfant, en faisant lui-même l'analyse des risques et peser les conséquences (comme d'autoriser ce même enfant à participer à une sortie scolaire d'escalade par exemple). Voir les articles donnés en lien précédemment concernant la saisie de photos prévues pour une exposition en Australie, qui après enquête ont été rendues.
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Qu’en pense-t-elle aujourd’hui, serait-elle prête à faire de même avec ses enfants, si elle en a ?
On lira sur la version anglaise de Wikipedia (sur une des pages qui parle de l'affaire, je ne sais plus laquelle), que la jeune fille en question avait été interrogée à ce sujet 15 ans après, et qu'elle n'avait aucunement honte de la photo, ni aucun regret.
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Quels sont les parents qui demanderaient à leur enfant de poser ainsi sur la Jacquette d’un album ?
En l'occurrence la personne qui a eu l'idée de la jaquette ;) Il y a aussi par exemple l'exemple référencé dans les liens sur l'« affaire australienne », puisque certaines photos présentaient les enfants des artistes ayant effectué les photos.
TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Imaginez la scène lors de la prise de la photo : écarte les cuisses, oui… comme ça… un peu plus… etc… Perso, rien que d’y penser, ça me dégoûte.
Là c'est toi qui, dans ton costume de l'avocat du diable, y rajoute ces images salaces (et je renverrai donc à l'avocat du diable que tu représentes dans ce message la réponse suivante : si tu imagines qu'il y a forcément ce genre de situation lors de la prise de la photo, il serait bon de te faire soigner voire interner, vu les tendances de pédophile contrarié qui ressortent de ton imagination). Au contraire, dans ce cas (comme le cas australien), rien de permet de laisser penser qu'il y a pu y avoir ce genre de situation, ni que le but était de permettre de réaliser les phantasmes de quelques adultes troublés (voir la suite de ton message), bien au contraire.

TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
De toute façon, que l’on ne s’y trompe pas : la seule raison pour avoir fait cette photo c’est de faire du fric et de provoquer. Etait-il nécessaire de se servir d’une gamine pour réaliser les phantasmes de quelques adultes en mal d’incitation douteuse ? Je ne le pense pas !
Non, la raison de cette photo est de "choquer", dans le sens "faire réagir l'opinion, lui faire se poser des questions et initier une réflexion", ce qui est le propre de l'art (l'art qui ne provoque aucune réaction n'est pas de l'art).

TotoRhino, le 01/01/1970 - 01:00
Et on va inverser un peu les rôles : combien de pères / mères sont prêts à poser nus de la sorte sur la demande de leur enfant ?
Il en suffit d'un, comme il suffit d'un enfant qui, sous contrôle de ses parents, accepte de participer à ce type d'oeuvre, pour qu'on en fasse toute une montagne.

Je pense que j'ai bien renvoyé ta personnification de l'avocat du diable dans ses 22, qu'en penses-tu ?

PS : pour la partie que je n'ai pas cité (avant que tu ne prennes le rôle d'avocat du diable), il va sans dire que je suis parfaitement d'accord, une telle décision de censure ne devrait pas intervenir sans une décision de justice, lorsque les éléments sont "susceptibles" d'être de la pédopornographie. Je conçois qu'un filtrage (associé d'une notification des autorités du pays concerné) soit décrété par un tel organisme pour des contenus qui ne laisse aucun doute quant à leur qualité pédopornographique (il y a certitude que l'enfant est bel est bien mineur, et il s'agit d'une représentation d'activité sexuelle), ce qui ne devrait cependant pas empêcher de demander une confirmation par la justice pour maintenir le blocage (et pour faciliter le travail de la justice de l'autre pays concerné, voire dans certains cas d'augmenter la "pression" sur cette justice distante pour qu'elle agisse), mais dès lors qu'il y a le moindre doute, il faut un contrôle judiciaire préalable.

@enter : il vaut mieux 10 coupables en liberté qu'un seul innocent condamné. Après tout, en appliquant ta logique : c'est pas grave s'il y a eu des innocents à Guantanamo, après tout on a fini par les relâcher, et on a eu aussi des coupables ? Ça te plait toi une justice privée qui fonctionne comme suit : "on s'en fout de prendre des innocents. Si vous êtes innocents de ce dont on vous accuse au sens de la loi, on vous sanctionne d'abord, et ensuite vous pouvez faire appel, et là on verra ce qu'on fait. Bon, si vous avez un fort soutien médiatique et dans la population, ce sera rapide, mais n'espérez pas avoir autant de chances si vous êtes un petit dont la plupart des gens se foutent, on fera rien ; au pire si vos soutiens font chier, on pourra toujours facilement les sanctionner et les réduire au silence aussi, personne ne nous contrôle." Parce que c'est en gros ça le fonctionnement de l'IWF, organisme non judiciaire, qui n'agit pas en fonction de la légalité, mais en fonction de ce qu'ils ne veulent pas voir...
Il serait probablement intéressant qu'un résident britannique fasse les mêmes études que Matti Nikki en Finlande pour retrouver empiriquement la liste des sites filtrés, et étudier ce que sont réellement les sites en question. L'exemple finlandais, c'est que la majorité des sites filtrés comme "pédopornographie" n'ont rien de pédophile, et sont en réalité des sites tout à fait légaux, bien souvent du porn tout ce qu'il y a de plus légal (pas mal du gay porn d'ailleurs). La situation est comparable : aucun contrôle de la justice, secret total sur la liste des sites filtrés.

La problématique d'ailleurs à ce niveau est d'une certaine façon à rapprocher d'HADOPI et son absence de recours suspensif : tu es d'abord sanctionné par un organisme administratif, et seulement après on pourra peut-être t'écouter, et tu auras la charge de prouver ton innocence. Ça ne te pose aucun problème toi qu'il y ait sanction avant même de déterminer dans le cadre de la loi de la validité de la sanction ? Demain un organisme administratif te musèle sans te laisser la possibilité de te défendre, sans même t'en informer au préalable, ça ne te posera pas de problème du moment qu'après coup on lèvera la sanction une fois que tu auras prouvé ton innocence ? J'en doute fortement...
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
La problématique d'ailleurs à ce niveau est d'une certaine façon à rapprocher d'HADOPI et son absence de recours suspensif : tu es d'abord sanctionné par un organisme administratif, et seulement après on pourra peut-être t'écouter, et tu auras la charge de prouver ton innocence.
Ce qui est d'ailleurs un peu stupide sur les bords, vu que si tu es sanctionné, c'est qu'ils ont la preuve que tu es coupable. Ou alors ils sanctionneraient à tort et à travers sur un simple soupçon ?
Seri, le 01/01/1970 - 01:00
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
La problématique d'ailleurs à ce niveau est d'une certaine façon à rapprocher d'HADOPI et son absence de recours suspensif : tu es d'abord sanctionné par un organisme administratif, et seulement après on pourra peut-être t'écouter, et tu auras la charge de prouver ton innocence.
Ce qui est d'ailleurs un peu stupide sur les bords, vu que si tu es sanctionné, c'est qu'ils ont la preuve que tu es coupable. Ou alors ils sanctionneraient à tort et à travers sur un simple soupçon ?
Bah oui, c'est ce qui est prévu dans les textes. Il suffit d'éléments susceptibles d'être constituants de l'infraction pour qu'on te sanctionne (voir le texte de loi et les différents articles de Numerama et leurs commentaires sur le sujet). Et il n'y a de toute façon pas de débat contradictoire avant que tu déposes un recours (après avoir été suspendu), qui par défaut ne sera pas suspensif (les conditions selon lesquels un recours pourrait être suspensif seront définies dans un décret en Conseil d'État, et il y a fort à parier que ça ne concernera que les entreprises, sachant que la sanction pour les entreprises ne sera pas la coupure mais l'obligation de mettre en œuvre des moyens pour empêcher que ça ne se reproduise). En l'état actuel du projet tel que voté comme un seul homme à la Jack Bauer par le Sénat (24h chrono).
>Seule une autorité judiciaire peut dire si oui ou non il faut filtrer telle ou telle chose.
Pas forcément. La justice peut déléguer son pouvoir à une association si toutes les garanties sont prises : ça désengorge les tribunaux et ça revient moins cher. Il y a des moments où il faut arrêter avec les grands sentiments idéalistes et appliquer le principe de réalité. De plus les anglais ont vision un peu moins jacobine de la justice que nous : par exemple, ils acceptent que certains délits mineurs de membres d'une communauté religieuse ou ethnique soient jugés selon les règles de cette communauté. Et semble-t-il, ça marche plutôt pas mal.

Si de plus 99% des décisions prises ne prêtent pas à contestation, où est le souci ? Du moment que le 1% restant peut être rectifié, ou traité par la justice.

La justice "privée" existe : un conseil de discipline d'un collège n'est pas une autorité judiciaire. un entretien préalable de licenciement devant ton patron non plus. Et pourtant ils rendent une forme de justice (exclusion, licenciement, ...). Ce n'est que si tu n'es pas d'accord avec leurs décisions que tu te tournes vers la justice "officielle"
Enter tous les exemples que tu cite montrent une décision prise après un débat contradictoire qui permet à la personne de saisir la justice (civile ou prudhommale) pour contester la première décision.

Or l'exemple de IWF montre bien qu'il n'y a pas eut de contradictoire ni d'information de la personne qu'elle était jugée, ni des faits qui lui étaient reprochés. Et pourtant tu persiste à parler de justice.

C'est jolis la démagogie.
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
Il suffit d'éléments susceptibles d'être constituants de l'infraction pour qu'on te sanctionne
Il me semble justement qu'au sénat ils ont retiré ce "susceptible" du texte, pour faire genre on condamne avec des preuves et pas avec des soupçons (ceci dit, reste à voir les preuves en question :rolleyes: ).
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
Je pense que j'ai bien renvoyé ta personnification de l'avocat du diable dans ses 22, qu'en penses-tu ?
Pas du bien : tu n'as pas su éviter le dénigrement, signe de faiblesse de ton argumentaire.
Dans ce genre d'histoire, ce que je constate, c'est que l'on prend les gamins pour des choses, les choses des adultes. De dire :
Il se trouve cependant que le modèle de la photo est la fille de la personne à l'origine de cette photo, et qui, en tant que parent, peut légalement et moralement prendre les décisions vis-à-vis de ce qui est bon pour son enfant, en faisant lui-même l'analyse des risques et peser les conséquences (comme d'autoriser ce même enfant à participer à une sortie scolaire d'escalade par exemple).
en est la preuve manifeste.
Alors de dire que faire poser nu sa fillette dans une posture provocatrice est le droit de la mère puisqu'elle considère que c'est bon pour son enfant... Franchement louche comme réflexion. Mais bon, si ça te fais plaisir, c'est moi le pédophile... Comment as-tu dit déjà ? contrarié ? Allé, je vais me faire enfermer. :-p
Combien d'enfants as-tu déjà ? combien ont posé nu ? Et toi ?
C'est simplement la loi qui dit ça. Il ne s'agit pas de dénigrement, il s'agit de fait. Mais si ni le mineur ni la personne ayant autorité sur elle ne peut donner son consentement, on interdit donc au mineur, quel qu'en soit le contexte, d'avoir des relations sexuelles, de faire des photos de soi dans des poses suggestives, etc.

Et si on supprime la responsabilité du parent de faire des choix de ce type pour son enfant, il n'y a pas de raison de supprimer purement et simplement la possibilité d'un parent de prendre les décisions à la place de son enfant dans le cadre d'un contrat par exemple, sachant que l'enfant lui-même ne peut le faire non plus. En bref, on remet en cause dans sa globalité l'autorité parentale, et l'on se retrouve face à un dilemme, puisque d'un côté on conteste l'autorité parentale permettant au parent de prendre des décisions pour l'enfant que celui-ci ne peut pas prendre lui-même, étant enfant, mais de l'autre on ne permet pas à l'enfant de faire ces décisions lui-même non plus.

Par contre, où as-tu vu le dénigrement ? Dans la phrase unique où j'indique qu'imaginer qu'une situation où un enfant fait des séances de photos, il y a nécessairement des commentaires suggestifs du type "écarte les jambes, voiiilààà, c'est bien" suggère un comportement pédophile refoulé ? Pourtant c'est imaginer cela, c'est dire entre autres choses que toi (en tant qu'avocat du diable toujours), tu ne pourrait pas être le photographe de telles séances de photos sans sortir ces remarques salaces. Effectivement, cela peut probablement aussi relever de la paranoïa aigüe. Je ne suis pas psychiatre, mais je suis convaincu qu'à peu près n'importe quel psychiatre tirerait les mêmes conclusions.

Quant au fait de dire que ce passage c'est prendre les enfants pour les choses des adultes, cela rejoint le paragraphe précédent. En quoi est-ce différent que le droit et la responsabilité du parent à autoriser, ou non, que son enfant aille faire du saut en parachute ? Participe à des compétitions sportives ? Chante en public ? S'engage dans une relation contractuelle ? etc. En quoi cette situation est-elle différente de celles que je viens de citer ? Si la loi ne permet pas à l'enfant de donner son consentement, qui doit être donné par un majeur ayant autorité sur lui (parent, tuteur), comme dans les autres situations que j'ai citées, la loi lui accorde toutefois le droit de dire non, et c'est le cas ici aussi. En quoi est-ce différent ? Cela ne l'est pas.
Et tu crois quelles se passent comment les séances de photos ? Tu crois que la gamine a pris cette attitude d'adulte provocatrice naturellement ? Tu ne crois pas qu'un adulte professionnel et derrière tout ça pour lui faire prendre la pose adéquate ? Arrête de te voiler la face, tu l'imagines comment la scène, avec quels mots : "Je mets la peluche de toutou ici et tu mets ton pied gauche ici ; je mets la poupée de ta soeur là et tu mets ton petit peton à côté. Soit lucide un peu, appelle un chat un chat.
Maintenant, dire qu'une mère ou un père ont le droit de faire poser nue leur fille dans cette position pour prendre une photo à but lucratif, qui sera diffuser un peu partout dans le monde, très bien ; perso, je n'en sais rien, mais ce que je sais c'est que je trouve ça trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèe con ! C'est aussi simple que ça. Et si pour ça tu dois me traiter de malade mental ne te gène pas.
Maintenant, commence à appliquer à toi même et à ta famille si tu en as une, ce principe si fondamental pour toi, après on en reparlera...
Bonne nuit.

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