Copie privée : les ayants droit augmentent le barème de la taxe

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 20 Novembre 2008 à 12h00 - posté dans Société 2.0

La Commission pour copie privée qui fixe les montants de rémunération sur les supports vierges et les matériels d'enregistrement s'est réunie mercredi pour discuter notamment de la mise en place d'une redevance sur les téléphones mobiles, dans un climat très tendu. C'est en effet l'une des premières réunions depuis que le Conseil d'Etat a jugé qu'il n'était pas légal de prendre en compte les téléchargements illégaux comme source de copie privée devant donner lieu à compensation. Cette décision devait conduire les ayants droits à revoir leurs prétentions à la baisse, en excluant le piratage de l'assiette de rémunération. Mais ce ne fut pas le cas.

"Les méthodes de calcul utilisées par la Commission sont plus que discutables", critique l'UFC-Que Choisir dans un communiqué publié ce jeudi. "Suite à la décision du Conseil d'Etat, la Commission ne tient plus du tout compte du téléchargement dit " illégal ", mais pour maintenir des niveaux de revenus semblables, elle a décidé hier une augmentation de 15% de l'ensemble de ses barèmes. L'opacité du mode de calcul s'en retrouve alors renforcée", explique l'association de consommateurs, qui retrouve son siège après l'avoir longtemps déserté par protestation. La décision devra être entérinée lors de la prochaine réunion de la Commission, qui pourrait avoir lieu avant Noël.

Après la décision du Conseil d'Etat, les organisations bénéficiaires de la taxe pour copie privée avaient indiqué que "les barèmes prévus par la décision du 20 juillet 2006 (celle qui a été annulée par le Conseil d'Etat, ndlr) ont été adoptés après qu'elles aient accepté de faire des concessions extrêmement importantes, dans un contexte où la détermination du montant des rémunérations ne prenait pas en compte l'origine - licite ou illicite -des copies".

"Dès lors que seule une partie des copies privées effectuées sera prise en compte, les ayants droit seront fondés à réexaminer l'importance de ces concessions, ce qui est susceptible, dans le respect de la décision du Conseil d'Etat, de préserver le niveau actuel des barèmes de rémunération", expliquaient-elles.

Concrètement, les ayants droit ont réévalué à la hausse le taux de compression des oeuvres, pour estimer qu'il y a en fait plus d'oeuvres qu'auparavant stockées sur les supports vierges, donc plus de préjudice à compenser. Ils ont pu le faire librement, dans un contexte où la répartition actuelle des voix est favorable aux ayants droit, notamment grâce au soutien qu'ils obtiennent de l'UNAF, censée pourtant protéger les consommateurs.

L'UFC-Que Choisir rappelle que le sécrétaire d'Etat Eric Besson "a aussi admis que le fonctionnement de la Commission pose problème". Il a proposé plusieurs réformes favorables à un fonctionnement plus équilibré et transparent. "Pourtant, depuis cette déclaration en juillet dernier rien n'a changé et la Commission continue de travailler comme si de rien n'était", estime l'association. Les réformees envisagées font partie du Plan numérique 2012 présenté à la rentrée par Eric Besson, mais aucun calendrier de mise en place na été fixé.

Dans ce contexte, "l'UFC-Que Choisir demande au Gouvernement de faire cesser dès aujourd'hui son fonctionnement et de mettre en place une nouvelle Commission dont la composition serait équilibrée et qui travaillerait sur la base de méthodes de calcul objectives et transparentes".

Publié par Guillaume Champeau, le 20 Novembre 2008 à 12h00
 
 
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Commentaires à propos de «Copie privée : les ayants droit augmentent le barème de la taxe»
 

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bourgpat, le 01/01/1970 - 01:00
Après la question est comment évalue t on la copie privée. Aujourd'hui il n'y a aucune étude sérieuse sur le sujet sinon, il n'y aurait pas de telles disparités entre différents pays ayant une redevance copie privée.

En France, le système est pipé dès le départ par la composition spécieuse de la commission albis qui ne permet pas la réalisation de consensus entre les différents partenaires.

Si on veut que les consommateurs adhérent à la copie privée, il faut qu'ils puisse la réaliser, il faut que les montant corresponde à quelque chose d'établi de manière correcte et il faut qu'ils soient réellement influant au sein de cette commission.
En attendant ce que va proposer Besson je ne vois pas que la composition de la commission soit spécieuse. Elle est à 50 % pour les collèges auteurs, interprètes, producteurs, et 50 % pour les collèges industriels (fabricants de supports) et consommateurs avec le président (arbitre ?) conseiller de la cour des comptes. Numerama fustige une des associations de consommateurs qui vote les décisions. Des traîtres ! Serait-il interdit de voter en conscience ? Faut-il voter à l'unanimité comme au comité central d'Union Soviétique ? Je demande à voir. J'ai cherché sur le net des précisions sur la composition je suis tombé sur les webzines d'informatique qui, s'ils sont tous à critiquer la composition, se gardent bien de la détailler. Je trouve ça spécieux. D'autant que ces publications sont financées par le lobby des industriels.

Tu parles de disparités entre pays et je suis bien d'accord qu'une harmonisation européenne est indispensable. Mais il faut tout prendre en compte. Si par exemple en Allemagne le prix des supports vierges est peu impacté par la redevance, les ordinateurs sont lourdement taxés. Ni chaud ni froid pour les français qui achètent des CD et DVD vierges, bien sûr. Mais est-ce dans l'optique d'une harmonisation européenne que les industriels viennent de demander l'instauration d'une redevance sur les ordinateurs ? En élargissant l'assiette on pourrait faire baisser les taux qui frappent les supports qu'ils fabriquent. :-) Il est curieux que cela ait échappé à tous ces webzines (et à Numerama) financés par la pub des fabricants. Eux qui sont pourtant ultra-super-bien-renseignés - par une taupe de PC-Impact dit-on - sur les discussions au sein de la commission. Car à l'aune de certains billets voici de nouveaux candidats au statut de traîtres.

Tu vois bien, il faut trier les nouvelles, garder une certaine distance et surtout multiplier les sources d'infos. Pour le reste j'attends le plan Besson. Nous verrons bien. Je reste chaud partisan de l'harmonisation européenne.
Makhno, le 01/01/1970 - 01:00
L'auteur ne peux s'opposer ne veux pas dire qu'il ne puisse être assez astucieux pour intégrer un dispositif empêchant la copie mais seulement qu'il ne peut attaquer en justice celui qui y parvient une fois que l'oeuvre a été publiée ; ceci y compris avant DADVSI. Ce que DADVSI « apporte » c'est l'interdiction de casser ou de contourner le dispositif. Reste que si tu y parviens sans craquer le machin, on ne peut te chercher noise. À lire, l'excellent compte rendu de l'arrêté de la cour de cassation sur le cas Mulholland Drive par Maître Eolas : « Affaire Mulholland Drive : clap de fin » Cela veux dire que tu peux toujours récupérer le flux analogique qui passe jusqu'à ton écran ou tes haut parleurs, on ne peux s'y opposer, c.-à-d. te traîner en justice.
Et récupérer le flux analogique, ça n'est pas contourner le DRM ? Pour moi si. Ceci dit, je serais ravi que mon avis soit plus dur que la loi.
Seri, le 01/01/1970 - 01:00
Et récupérer le flux analogique, ça n'est pas contourner le DRM ? Pour moi si. Ceci dit, je serais ravi que mon avis soit plus dur que la loi.
En ce qui me concerne, et au sens strict des mots, c'est un contournement des DRMs. Après, est-ce l'esprit de la loi et est-ce qu'un juge déciderait de même ? Seul un procès pourrait permettre de le dire. Mais si le terme "manifestement" utilisé à propos des logiciels n'est pas précis, le terme de "contournement", lui, l'est, et à partir du moment où l'on copie le contenu malgré la présence du DRM conçu pour empêcher sa copie, de fait, on le contourne.
Gorkk, le 01/01/1970 - 01:00
Seri, le 01/01/1970 - 01:00
Et récupérer le flux analogique, ça n'est pas contourner le DRM ? Pour moi si. Ceci dit, je serais ravi que mon avis soit plus dur que la loi.
En ce qui me concerne, et au sens strict des mots, c'est un contournement des DRMs. Après, est-ce l'esprit de la loi et est-ce qu'un juge déciderait de même ? Seul un procès pourrait permettre de le dire. Mais si le terme "manifestement" utilisé à propos des logiciels n'est pas précis, le terme de "contournement", lui, l'est, et à partir du moment où l'on copie le contenu malgré la présence du DRM conçu pour empêcher sa copie, de fait, on le contourne.
Allez donc lire Maître Eolas que j'ai laissé en lien. Ça n'est pas un contournement parce que le DRM fait son office, le film ou le morceau est joué sans que personne interfère, et le flux analogique est donné en sortie. Ils ne peuvent faire autrement sinon on ne verrait rien. N'est-ce pas ? On est complètement sorti du système de lecture aussi bien physique (électronique) que logiciel et on y a pas touché. Un contournement est ce que faisait - ou fait encore, je ne sais pas -, Hymn : sans casser le DRM il parvenait à le séparer du flux numérique pour récupérer celui-ci, qu'il regravait pour le livrer débarrassé du DRM. Il semble que comme il ne cassait rien ça n'allait pas à l'encontre de DMCA. C'est à vérifier. Ça aurait mis la puce à l'oreille de M. DADVSI (à vérifier aussi). À noter que dans ce cas on récupère le flux AAC et non un simple signal analogique destiné à activer un système de reproduction sonore. Maître Eolas prend l'exemple de filmer la télé qui passe le DVD ou même dans une salle de cinéma. Si c'est interdit c'est une question contractuelle avec l'exploitant de la salle et non du droit d'auteur. Bref suivez les liens, c'est pas pour les chiens, je ne vais pas passer mon temps à paraphraser ce qui est parfaitement expliqué par un spécialiste bien meilleur que tous les savants de forum. :) Notez bien aussi que récupérer le flux analogique c'est hyper-galère. Pour s'amuser à ce petit jeu il faut vraiment être militant Numeramiste tendance maso. Alors ils s'en foutent comme de leur première culotte.
Pour ce qui est de la question contractuelle elle existe aussi sur les dvd. Tu as un petit message au debut du DVD qui signifie un e partie du contrat.

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