Soldes d'hiver : Grâce à son observatoire des prix, Numerama détecte les bonnes affaires !

Un Plan Numérique 2012 sans vision pour les contenus numériques

Guillaume Champeau - publié le Lundi 20 Octobre 2008 à 15h15 - posté dans Société 2.0

Eric Besson a remis lundi son Plan Numérique 2012 qui doit dresser les grandes lignes du quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière de développement de l'économie numérique. La question du développement de la production et de l'offre de contenus numériques figure en bonne place dans le rapport remis par le secrétaire d'Etat, mais ne dessine aucune ambition réaliste pour la diffusion de la culture en ligne.

Le rapport (.pdf) pour le Plan de développement de l'économie numérique à horizon 2012 communiqué lundi matin par Eric Besson énumère 154 actions, dont 45 pour la production et l'offre de contenus numériques. Si le catalogue peut paraître impressionnant, il reflète néanmoins une vision très étriquée de son sujet, sans réelle ambition et surtout sans vision. Si ce n'est une : la marchandisation de la culture.

Eric Besson veut d'abord prêcher pour la croyance dogmatique dans les DRM pour la diffusion du cinéma. Le rapport en est truffé de contradictions. Il constate en effet avec raison que "l'apport des DRM à l'exploitation de la musique en ligne, imposé les détenteurs de catalogues de musique depuis une dizaine d'années, laisse circonspect", et qu'ils sont "souvent considérés comme une nuisance relativement à la consommation de musique". Mais le Plan assure dans un même souffle que "si les DRM n'ont pas réussi à trouver leur place dans la distribution numérique de la musique, il est indispensable de les adapter avec succès à la distribution numérique de contenus audiovisuels et cinématographiques". Il ne dit jamais comment les DRM qui ont échoué pendant 10 ans dans la musique réussiront d'ici 2012 dans le cinéma. Ou plus exactement, il mise pour réussir sur la légendaire quête de l' "interopérabilité" (souhaitée aussi pour les DRM sur les livres électroniques) qui, en plus d'avoir échoué pour la musique qui avait émis le même voeu, exclue d'office les logiciels libres open-source qui obligent à rendre public le mécanisme de la serrure. Or le même rapport indique pourtant quelques pages plus loin que "le logiciel libre représente un potentiel économique et industriel considérable", qu'il faut promouvoir. Comment résoudre cette contradiction ? Silence radio.

Sans surprise, aucun plan B n'est prévu en cas d'échec (certain) de l'interopérabilité. Mais il faut prier avec Eric Besson, car "les DRM sont les seules à même de faire respecter la chronologie des médias et les fenêtres d'exploitation successives, dont dépend le financement de toute l'industrie de contenus filmés ". Prendre le problème à l'envers et adapter le financement du cinéma au monde numérique sans DRM n'est pas une option. Ce sera probablement l'objet d'un plan 2025 pour y réfléchir enfin lorsque le rêve de l'interopérabilité sera définitivement éteint.

Et quand bien même le Graal de l'interopérabilité serait-il trouvé, un fichier doté d'un DRM même interopérable restera toujours moins attractif qu'un fichier sans DRM. C'est donc non seulement une quête impossible, mais une quête inutile.

Si le dogme du DRM est ainsi matraqué, c'est qu'il participe à convertir le citoyen en consommateur dans l'esprit du législateur. Une phrase résume à elle-seule la philosophie du rapport. Evoquant la nécessaire réforme de la Commission copie privée (dont les propositions avaient déjà filtré) le Plan précise d'abord que "l'exception copie privée est une faculté à laquelle les consommateurs sont très attachés". On note ainsi le soin mis à ne pas parler de "droit" à la copie privée, pour ne pas contredire la jurisprudence, mais surtout l'usage du mot "consommateur" qui relègue la copie privée au rang du simple droit de la consommation. Le droit du citoyen contre le droit de l'auteur n'est pas évoqué comme tel. Seul le consommateur importe. Celui qui n'achète pas n'a pas le droit de copier, même pour son propre usage. Soit riche ou inculte.

Sous un angle plus positif, le rapport réfute l'idée de réformer la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) qui confère aux hébergeurs une protection contre les accusations de contrefaçon. Il appelle simplement de ses voeux une nouvelle charte entre les acteurs du Web 2.0 et les ayants droit, notamment en vue de l'établissement de règles relatives au marquage des oeuvres et à la création d'un fichier national des oeuvres protégées, dont nous avons déjà dit quelques mots.

Par ailleurs, le plan Besson appelle à "augmenter la présence de la culture française sur la Toile" et précise que le succès des sites d'archives publiques comme ceux de l'INA "pourrait être substantiellement
supérieur si les contenus proposés devenaient en partie exportables et réutilisables
". Il demande ainsi à ce que la réutilisation des données publiques soit facilitée par des sortes de licences libres élaborées par l'Agence du patrimoine immatériel de l'État (APIE).

On se félicitera, enfin, que la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) ne soit jamais évoquée, contrairement à l'Autorité de Régulation des Mesures Techniques (ARMT) qu'elle est censée remplacer. Une prudence en forme de pressentiment ?

Publié par Guillaume Champeau, le 20 Octobre 2008 à 15h15
 
 
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Commentaires à propos de «Un Plan Numérique 2012 sans vision pour les contenus numériques»
 

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C'est pas pour dire, mais vous les choisissez les photos des articles :D
Cela montre précisément l'incompétence des personnes ayant en charge ce type de dossier...
Et c'est pareil pour chaque rapport, chaque commission...
si les gens incompetent n'était que sur ce type de dossier on pourrait crier ouf !
XD

c'est fait expres on met quelqun que l'on peut controler et lui faire dire n'importe quoi ^^...
J'ai bien aimé le résumé de la philosophie de ce plan numérique : " Celui qui n'achète pas n'a pas le droit de copier, même pour son propre usage. Soit riche ou inculte."

Bonne traduction.
Et dans quelques années, Nous pourrons lire la France doit rattraper son retard en matière du numérique.
Se poser des questions certes, mais développer une politique pour des solutions c’est mieux, mais on nous répondra les caisses sont vides (enfin pas pour tous) et ne pouvons faire les investissements nécessaires. D’un autre coté si ces investissements sont orientés que pour nous faire consommer encore et encore, avec beaucoup de contraintes et de surveillance et de lois à la con dans le but d’encadrer notre façon de consommer, ça peut bien attendre.

Un répertoire national des œuvres numériques protégées pourrait servir d’ancrage aux technologies de protection de contenus, en permettant aux ayant droits et aux opérateurs de l’Internet de repérer les fichiers protégés et de coopérer pour assurer leur gestion.
Si, il y a bien une vision dans ce pdf et on la voit bien a la lecture de ce paragraphe.
Le 7ème cercle attend les traîtres...
a quoi ca sert de financer des trucs pareils ?? y'a que des il faut il faut... ouais mais concrètement...

ca me soule la politique, ces gens sont vraiment des grosses tiques inutiles.

j'espere que la crise financière qui non seulement nous donne un petit répit au niveau réchauffement climatique et destruction des écosystèmes va déboucher sur une méga crise, à mm de provoquer l'effet de masse nécessaire à toute révolution.

après qques empalages libérateurs, on pourra enfin se poser décemment à une table et discuter de l'économie réelle, faite par les gens et pour les gens.

en attendant, rien n'est possible, tout est vérolé jusqu'au trognon.
atention pleindeuss la derniere crise ca fini en grosse guerre mondiale :)
donc non il ne faut pas souhaiter une enorme crise qui ruinera comme d'habitude les plus pauvres voir entrainera un conflit gneralise (remarque si tu habite paris tu n'aurra plus a t'occuper de tous ses problemes car en cas de guerre mondiale ton esperance de vie est de 20 minutes a peine a la echnologie)
Je leur souhaite bonne chance et bon courage, il va leur en falloir pour arriver à rendre réel leur rêve. Mais je ne crois pas que cela soit impossible, je pense qu'il y a beaucoup plus de consommateurs que de citoyens dans ce siècle, ils sont contents avec leur forfait 3G, leur iPod, leur offre dodécaPlay, leurs plats congelés ; des moutons qui ont peur du monde et à qui on fait de plus en plus peur pour encore mieux les verrouiller à leur place.
Alors oui ça chouine sur les Blogs, mais sérieusement y-a-t-il quelqu'un prêt à se lever de son fauteuil pour agir ???
46 occurrences pour le mot culture dans tout ce bla bla bla, à rapprocher de cette info

:redcard:
Avec de telles phrases, on peut dire que ça y est, l'industrie du cinéma va suivre le même chemin que celle de la musique : la débâcle !

Il faudrait qu'EB s'informe un tant soit peu sur la quintessence du monde informatique : une protection est faite pour être craquée ! Alors, les DRM ne gêneront que les consommateurs qui finiront par dépit, par se retourner vers les versions copiées.
Les exemples sur les clés de Blu-ray sont récents, ceux-ci devraient servir de leçon, non ?
Mais bon, à quoi ça sert de se répéter, il n'en font qu'à leur tête...

Reste que si j'étais dans l'industrie cinématographique, je me sentirai mal :s
C'est pas étonnant qu'un plan pondu par un jeanfoutre du calibre de Besson soit merdique.
hillson:
"Cela montre précisément l'incompétence des personnes ayant en charge ce type de dossier...
Et c'est pareil pour chaque rapport, chaque commission..."
Ils ont une compétence, celle de faire appliquer ce que leurs bailleurs de fond leurs dictent.
Bienvenu en politique.
Rhô oui, la photo...
Il me fait penser au gamin de Mad Magazine, tout y est: le sourire idiot, le regard creu...
(désolé pour le HS, mais il fallait souligner la parenté. Ca mériterait même peut-être un jeu des 7 erreurs, nao?)
«
Soit riche ou inculte.
» -> « Sois riche ou inculte ! »
J’ai dû relire trois fois avant de comprendre
!
(désolé, mais je ne phonétise pas avant la troisième relecture)

PS : je viens de m'éditer pour corriger une faute, et je vois que le forum ne comprend toujours pas l'unicode. Je sens que ça va trancher, de retour dans le fil des commentaires !
Pourquoi vouloir dépenser de l'argent dans la création de nouvelles licences libres alors qu'il y a pléthore de licences et qu'ils pourraient en choisir une.
L'APIE, c'est une entité pour placer des amis/copains et les payer à recréer la roue ou quoi ?
Des "DRM interopérables", ça laisse songeur.. Trois possibilités:
1) Des logiciels capables de lire les DRM seront portés sur plusieurs plateformes. Par exemple, PowerDVD sous GNU/Linux (au hasard ^^). ça ne rend pas les DRM "interopérables", ils continuent à être bien moisis si on a besoin d'un logiciel moisi pour les lire. Et quid de Solaris? FreeBSD? GNU/Hurd? Cette hypothèse est la pire pour le logiciel libre: "libre" ne veut pas dire choisir ses chaînes, mais être vraiment libre! Et pour cela, il faudra que le contenu stocké sur les supports soit lisible, et pas chiffré.
2)Des DRM avec une API ouverte vont sortir. En gros, on saura exactement comment marchent ces DRM. Rien de plus simple ensuite que d'écrire un logiciel qui lise le fichier DRMisé, le décrypte, et le stocke sous forme lisible. Les DRM ne servent alors à rien.
3)Les DRM seront liés au matériel (c'est un peu le cas avec HDCP). Le pire des cas, un chiffrement au niveau des puces. La menace ultime contre la liberté d'expression et de communication: votre ordinateur ne vous obéit plus. Il n'y aura plus qu'à y ajouter la technologie de censure de M$, et les multinationales et le pouvoir travailleront main dans la main pour créer une dictature mondiale, dans un monde où l'information ne circule plus que sous forme numérique.
"sois riche ou inculte"
Cette phrase m'interpelle car elle dénote un certain excès de zèle dans la logique de l'article.
Soyons clair: je partage le point de vue général de Numérama sur le fait que les gouvernements (d'ici et d'ailleurs) n'arrivent pas à mettre en place un modèle économique cohérent et viable dans le numérique (je souhaiterais d'ailleurs connaître le détail des arguments invoqués contre la licence globale).
Mais de là à dire que les tentatives actuelles amènent à restreindre l’accès à la culture aux riches uniquement: tu pousses le bouchon un petit peu trop loin Maurice.

Il ne me paraît pas inutile de faire la distinction entre culture et divertissement.
Schématisons :
“there will be blood“, “Gomorra”, “entre les murs”… = culture
“Les chimpanzés de l’espace », « highschool musical 3 », « hellboy 2 » = divertissement
Il en va de même en musique, livres, danse blablabla.
Chacun met la limite où il l’entend, mais gardons à l’esprit que cette limite existe (même si dans les deux cas, on peut parler de création artistique).
Or, je serais prêt à parier que la proportion des fichiers téléchargés légalement et illégalement correspondant à la catégorie divertissement vs culture équivaut à peut prêt à l’écart d’audience entre TF1 et Arte. Il y a disproportion.

Pour résumer : je pense que l’argument de l’accès à la culture est galvaudé dans ce genre de débat.
La France dépense beaucoup pour faciliter l’accès à la culture:
- subvention pour les théâtres, certains films français, certains concerts
- accès aux bibliothèques presque gratuits
- chaînes culturelles de haute qualité (la cinq, Arte)
- et j’en passe…

Je reformulerais plutôt la situation comme suit :
Le show-business est un business.
Le business, c’est vendre.
Pour vendre, il faut créer le désir d’acheter.
Qui dit désir, dit frustration.
En piratant, la possibilité est donnée de se venger de cette frustration subie, imposée depuis lors.
Se faisant, le pirate devient le maître du jeu de l’économie du multimédia : les rôles sont inversés et c’est jouissif.
On peut essayer de sortir les arguments que l’on veut, avec une certaine mauvaise foi (« sois riche ou inculte » en fait partie, à mes yeux), je pense que l’essentiel est là.
Ne mettons pas de la morale là où il n’y a qu’un rapport de force.
'pinouille', le 01/01/1970 - 01:00
Je reformulerais plutôt la situation comme suit :
Le show-business est un business.
Le business, c’est vendre.
Pour vendre, il faut créer le désir d’acheter.
Qui dit désir, dit frustration.
En piratant, la possibilité est donnée de se venger de cette frustration subie, imposée depuis lors.
Se faisant, le pirate devient le maître du jeu de l’économie du multimédia : les rôles sont inversés et c’est jouissif.
On peut essayer de sortir les arguments que l’on veut, avec une certaine mauvaise foi (« sois riche ou inculte » en fait partie, à mes yeux), je pense que l’essentiel est là.
Ne mettons pas de la morale là où il n’y a qu’un rapport de force.
Tout est dit.

J'ajouterai que Numerama ne fait pas de mauvaise foi, il fait du business. Pour attirer le lectorat faut bien écrire ce qu'il a envie de lire.
Une autre chose m’interpelle :
« Le droit du citoyen contre le droit de l'auteur n'est pas évoqué comme tel. Seul le consommateur importe. Celui qui n'achète pas n'a pas le droit de copier, même pour son propre usage. »
La jurisprudence dont il est fait référence dans l’article indique bien que la copie privée n’est pas un droit.
Pourquoi donc s’étonner que le droit du citoyen (si j’ai bien compris : droit copie privée qui n’en n’est pas un) ne soit pas évoqué contre le droit de l’auteur ?
Pourquoi donc s’étonner que le droit de copier ne soit pas proposé alors que la survie de l’industrie musicale et cinématographique repose sur la non existence de ce droit ?
Il me semble logique que le gouvernement (bref, nous presque tous) ait intérêt à préserver l’industrie en général, donc l’économie.
L’économie, c’est assez fragile et ça aide quand même à manger, avoir un toit, des services de santé, des loisirs (musique, cinéma notamment) etc.
Certains révolutionnaires (je ne parlerai pas des anarchistes) ont d’autres velléités, mais détruire pour construire quoi ?
Il ne revient pas uniquement aux acteurs de cette industrie de réfléchir à sa mutation qui, manifestement, devient inéluctable.
Mais quelle que soit la proposition, elle consistera invariablement en un transfert de richesses (quelle qu’elles soient) de celui qui écoute, regarde les Ĺ“uvres (appelons le « consommateur » pour simplifier, mais je suis ouvert à d’autres propositions) vers celui qui les crée et celui qui les produit.
La tendance actuelle est bien de jeter la tomate sur le producteur, l’industriel à qui l’on reproche un pouvoir trop puissant et despotique et des richesses mal partagées.
Ce n’est apparemment pas entièrement faux, mais il ne faut pas non plus trop minimiser son rôle dans le processus de création artistique et de diffusion.

Pour conclure, on sait que Numerama a un parti pris et ses articles, même teintées d’une subjectivité excessive, contribuent à faire avancer le débat.
J’apprécie son intérêt pour les solutions alternatives (Radiohead ou Joseph Paris) et souhaiterais en savoir plus sur la viabilité de tels projets qui émergent.
J’aimerais savoir comment des sites comme DEEZER arrivent à leur équilibre économique.
J’aimerais savoir si des musiciens indépendants arrivent à se professionnaliser.
Bref, j’aimerais en savoir plus sur la mutation de cette industrie.

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