La RIAA ne voit pas de problème dans le fait de poursuivre les internautes américains par dizaines de milliers et d’attraper dans ses filets des morts, des grand-mères sans ordinateur ou des fillettes de 12 ans, en faisant parfois appel à des enquêteurs privés qui n’ont pas le droit d’exercer. Mais lorsqu’un avocat s’agace et décide de prendre le parti des internautes accusés pour les défendre, la RIAA s’énerve et fait pression pour le réduire au silence.

L’avocat Ray Beckerman tient depuis plusieurs années un blog de référence sur les procédures en cours aux Etats-Unis, au titre évocateur de Recording Industry vs The People. Il y publie quotidiennement les documents judiciaires des plaintes déposées par la RIAA, qu’il commente. Ainsi, bien sûr, que ses propres dossiers pour les clients, nombreux, qu’il défend contre l’industrie du disque.

Entre autres faits d’arme, Ray Beckerman a poursuivi la RIAA pour tentative d’extorsion, réussi à faire obstacle à plusieurs plaintes pour défaut de preuves, et contesté la constitutionalité des sommes demandées par l’Association au titre des réparations de son préjudice.

Mais il devra désormais se défendre en son nom personnel contre le lobby américain, qui l’accuse de « conduite vexatoire » à son encontre. La RIAA prétend que l’avocat a laissé une famille accusée de piratage mentir, en prétendant qu’il n’y avait pas d’ordinateur dans la maison. En fait, au bout de deux ans d’enquête, il a été avéré que la mère de la famille accusée avait apporté un ordinateur à la maison pendant l’été où avait eu lieu les téléchargements illicites, et le neveu de la famille est fortement suspecté de l’avoir utilisé. Mais les preuves ont été détruites, l’ordinateur ayant depuis été jeté.

« L’avocat du défendeur a entretenu un blog anti-industrie du disque pendant le cours de cette affaire et a posté quasiment chaque pièce de ses prétentions infondées sur son blog en cherchant à renforcer sa campagne de relations publiques et embarasser les plaignants« , dénonce la RIAA dans sa plainte (.pdf). « Une telle conduite vexatoire rabaisse l’intégrité de ces procédures judiciaires et commande l’imposition de sanctions« .

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