La commission copie privée fait sa rentrée sur fond de polémique
Guillaume Champeau - publié le Mercredi 10 Septembre 2008 à 10h21 - posté dans Société 2.0

La taxe pour copie privée telle que nous la connaissons depuis le début des années 2000 est-elle en train de vivre ses derniers mois ? La Commission d'Albis se réunit aujourd'hui pour sa rentrée, dans un contexte délicat où son mode de fonctionnement et les fondements mêmes de la taxe sont remis en cause.

C'est aujourd'hui mercredi 10 septembre que la Commission copie privée présidée par Tristan d'Albis fait sa rentrée, dans un climat des plus lourds pour elle et pour ses membres. En plus de son cahier des charges qui prévoit un débat sur la taxation des magnétoscopes virtuels (de type Wizzgo) et des téléphones multimédias, et la présentation d'une étude d'usage sur les pratiques de copie privée, la Commission devra débattre au moins de manière informelle de son propre avenir.

Le Secrétaire d'Etat à l'économique numérique Eric Besson, qui a en charge la révision du mode de fonctionnement de la Commission, a en effet communiqué au début de l'été une série de propositions sur lesquelles devront se prononcer les différentes organisations qui débattent de l'assiette et du montant de la taxe pour copie privée (renforcer la transparence, doter la commission de moyens d'études propres, faciliter l'émergence d'un consensus dans les modalités de vote, renforcer la représentativité des membres, et renforcer l'assiduité aux réunions). Ces propositions font suite aux critiques acerbes émises par François Fillon, qui a mis en cause le manque de transparence et d'objectivité de la Commission pour copie privée. Les inquiétudes liées à la croissance du marché gris favorable aux voisins européens n'est sans doute pas étrangère à ces remontrances.

La réunion de la Commission d'Albis intervient également après la décision du Conseil d'Etat d'annuler une partie de l'assiette de la taxe pour copie privée (sur les mémoires et disques durs intégrés à un baladeur ou à un appareil de salon), et de s'attaquer de façon groupée à d'autres supports taxés. La haute juridiction administrative avait jugé en effet qu'il n'était pas légal d'assoir le montant de la rémunération pour copie privée sur les pratiques de piratage, pourtant largement prises en compte, qui sont toujours illicites au regard de la loi.

La première décision d'annulation ne prendra toutefois effet que début 2009, ce qui laisse quelques mois à la Commission pour revoir ses motifs de taxation en votant un nouvelle décision qui cette fois ne prendrait plus en compte les pratiques de téléchargement condamnées par la loi. Logiquement, le fait d'exclure des pratiques de copie de l'assiette de la rémunération devrait mécaniquement en faire baisser le coût. Mais les ayants droits, obstinés et habitués à être en roue libre à la Commission, ont déjà prévenu que le montant ne changerait pas. "Les organisations [de droit d'auteur] font observer que les barèmes prévus par la décision du 20 juillet 2006 (celle qui a été annulée, ndlr) ont été adoptés après qu'elles aient accepté de faire des concessions extrêmement importantes, dans un contexte où la détermination du montant des rémunérations ne prenait pas en compte l’origine – licite ou illicite –des copies", indiquaient les ayants droits dans un communiqué commun. "Dès lors que seule une partie des copies privées effectuées sera prise en compte, les ayants droit seront fondés à réexaminer l’importance de ces concessions, ce qui est susceptible, dans le respect de la décision du Conseil d'Etat, de préserver le niveau actuel des barèmes de rémunération".

Sans craindre le ridicule, les maisons de disques et les studios de cinéma prétendent qu'ils ont jusqu'à présent sous-estimé le taux de compression, et donc sous-évalué le nombre de contenus qui peuvent être stockés sur un support. Elles veulent donc revoir à la hausse la variable "taux de compression" pour maintenir mécaniquement à son niveau le montant de rémunération dans la nouvelle équation.

Mais les associations de consommateurs, peu vindicatives jusqu'à présent, n'hésiteront pas à dénoncer ce tour de passe-passe s'il a lieu sous l'oeil "bienveillant" du ministère de la Culture.  Le CLCV a déjà indiqué que "des tergiversations et de nouvelles décisions qui aboutiraient, par la réévaluation d’autres paramètres de calcul, à maintenir le même niveau de rémunération, ainsi que certains semblent le souhaiter, contribueraient à discréditer l’image de la Commission, et surtout l’idée même de la rémunération pour copie privée auprès du public ".

Car bien au delà du montant de la rémunération pour copie privée, ce qui est en jeu est la légitimité et l'idée même d'une taxe sur la copie privée. La Commission Européenne s'interroge depuis de longs mois sur la possibilité d'interdire aux Etats de la mettre en oeuvre, et commence à soulever, doucement, le voile de la la licence globale.

La licence globale serait en effet le seul moyen légitime de continuer à taxer les pratiques de téléchargement et de P2P au nom de la copie privée... puisqu'elles seraient cette fois réputées légales.

 
 
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Commentaires à propos de La commission copie privée fait sa rentrée sur fond de polémique
 
alain57
Le 10 Septembre 2008 à 11h41
je dois avouer que la derniere phrase me plais pas.....
s'il y a une licence globale (qu'on paie) il serai en effet stupide de payer en plus une taxe pour compenser un manque à gagner.
Vu qu'on paierai, il y aurai plus de manque à gagner.....
Axis
Le 10 Septembre 2008 à 12h15
je dois avouer que la derniere phrase me plais pas.....
s'il y a une licence globale (qu'on paie) il serai en effet stupide de payer en plus une taxe pour compenser un manque à gagner.
Vu qu'on paierai, il y aurai plus de manque à gagner.....

Mais la dernière phrase ne dit pas le contraire Hein36.gif

La CE va dans le sens d'une interdiction des taxes pour copie privée, ce qu'elle remplacerait par l'acquittement d'une licence globale. On remplacerait une taxe par une autre, il n'est pas question de cumul, bien au contraire.
Jb_yoz
Le 10 Septembre 2008 à 12h29
La taxe serait remplacé par une autre, c'est vrai, mais la différence (et elle est de taille!)sera la légalité du téléchargement !
fcna2005
Le 10 Septembre 2008 à 13h01
deja les mecs c pas une taxe et l'état est tres content car cela lui fait pas payer pour tout une partie de spéctacle qui sont subventiionné par la copie privée et qui demanderont des aides à l'était si cétait supprimé

et en plus jamais le fondement de la copie privée n'ont été remis en cause pas le Conseil d'état, c'est la mtehode de calcul qui est a revoir don cfaut pas rever pour une suppression de cette rémunération
Natasha
Le 10 Septembre 2008 à 13h11
deja les mecs c pas une taxe et l'état est tres content car cela lui fait pas payer pour tout une partie de spéctacle qui sont subventiionné par la copie privée et qui demanderont des aides à l'était si cétait supprimé

Sauf que ce type de subventions occultes au profit de la Culture est formellement interdite par Bruxelles ...

Qui osera mettre "les pieds dans le plat" ?

A force de "faire des vagues" sur ce sujet, cela risque d'arriver très rapidement !

et en plus jamais le fondement de la copie privée n'ont été remis en cause pas le Conseil d'état, c'est la mtehode de calcul qui est a revoir don cfaut pas rever pour une suppression de cette rémunération


A chacun sa lecture ...


Hein36.gif
darthbob
Le 10 Septembre 2008 à 16h33
"et en plus jamais le fondement de la copie privée n'ont été remis en cause pas le Conseil d'état, c'est la mtehode de calcul qui est a revoir don cfaut pas rever pour une suppression de cette rémunération"

après avoir décodé ce texte pas très lisible de ce supporter du FCNA, il me fait penser à ceux qui hurlaient qu'il ne fallait pas supprimer la vignette auto parce que patatipatata

Mais fcna-en-L2 a le mérite de prouver que ce truc est une usine à gaz, une pompe à fric reservée aux copains majors et à ceux du showbiz.

Donc, deux bonnes raisons de supprimer !!!!
Makhno
Le 10 Septembre 2008 à 22h32
Toujours les mêmes sottises : la copie privée qui va aux majors. Allez lire la loi au moins. Seulement 25 % va aux producteurs, de plus, par le jeu des irrépartissables les majors encaissent la portion congrue et ce sont les indés qui en profitent (et pour moi ce n'est pas un mal). En effet, la majorité des artistes signés par les grosses maisons de disques sont Etats-Uniens et Britanniques. Ils génèrent de la copie privée et de la rémunération équitable. Comme ces deux pays n'ont pas signé les conventions internationales sur les droits voisins, ceux-ci et leurs producteurs ne sont pas rémunérés par ces droits car au niveau de leur leur pays il est impossible de rendre la pareille. Ces sommes irrépartissables vont aux indépendants français ou européens. Ainsi les majors financent les indés et la copie privée pour elles c'est peanuts. Source : le rapport de la commission de contrôle.

Pour le reste, les pratiques sont mondiales et c'est bien une harmonisation mondiale qui est nécessaire. Comme il ne faut pas rêver, ce serait plutôt européen, du moins si ils arrivent à se mettre d'accord. Quand à la licence globale, ce serait plutôt tout qui serait soumis à redevance, y compris les supports mais moins cher. Il me paraît logique de mettre la redevance sur tout ce qui peut servir à la copie privée.
Natasha
Le 11 Septembre 2008 à 11h08
Toujours les mêmes sottises : la copie privée qui va aux majors. Allez lire la loi au moins. Seulement 25 % va aux producteurs, de plus,


La loi en question on peut la consulter ici :

LIVRE IIIème - DISPOSITIONS GÉNÉRALES RELATIVES AU DROIT D'AUTEUR, AUX DROITS VOISINS ET DROITS DES PRODUCTEURS DE BASES DE DONNÉES
Titre Ier - Rémunération pour copie privée (articles L. 311-1 à L. 311-8)



Art. L. 311-7. (art 15-1. Loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001)

La rémunération pour copie privée des phonogrammes bénéficie, pour moitié, aux auteurs, pour un quart, aux artistes-interprètes et, pour un quart, aux producteurs.

La rémunération pour copie privée des vidéogrammes bénéficie à parts égales aux auteurs, aux artistes-interprètes et aux producteurs.

La rémunération pour copie privée des ½uvres visées au second alinéa de l'article L.311-1 bénéficie à parts égales aux auteurs et aux éditeurs.


25%, c'est pour les phonogrammes, pour les vidéogrammes leur part est plus importante...

Mais même 25 %, ne trouves-tu pas que cela représente une sacrée somme à répartir ?

Les Editeurs et Producteurs étant tout de même beaucoup moins nombreux à se partager cette manne financière, que l'ensemble des autres autres ayants droits ...




Hein36.gif

[Edit] Fautes de frappe
Makhno
Le 12 Septembre 2008 à 19h54
25%, c'est pour les phonogrammes, pour les vidéogrammes leur part est plus importante...

Mais même 25 %, ne trouves-tu pas que cela représente une sacrée somme à répartir ?

Les Editeurs et Producteurs étant tout de même beaucoup moins nombreux à se partager cette manne financière, que l'ensemble des autres autres ayants droits ...

Les Editeurs à ne pas confondre avec les producteurs sont sur la part « auteurs ». J'avais calculé que pour 2006 la part des producteurs représentait aux environs de 2 % du chiffre d'affaire du marché du disque, de mémoire entre 30 et 40 millions d'Euros. Mais peu importe, il serait quand même plus sain de débattre sur la réalité des choses et non sur la légende de majors qui « prennent tout ». Les majors gagnent beaucoup sur les ventes de disques : 20 % du prix de gros HT, la SACEM seulement 9 % ; encore plus sur les ventes en ligne : 75 à 80 %, dix fois plus que la SACEM à 8 %. À noter que là dessus les interprètes ne touchent rien alors qu'ils sont rémunérés en copie privée.
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