C’est une drôle de croisade dans laquelle s’est lancée le fournisseur d’accès à Internet Free. Depuis presque aussi longtemps qu’il existe, Free offre à ses abonnés un espace FTP gratuit destiné à héberger leur site web perso, accessible par une adresse du type monsite.free.fr. Comme beaucoup d’entreprises qui travaillent autour des nouvelles technologies et du web, Free a découvert par la suite que ses clients n’utilisaient pas toujours le service pour faire ce que le FAI avait prévu, mais aussi pour combler un manque. En l’espèce, beaucoup de freenautes utilisent l’espace FTP qui leur est alloué pour y stocker des fichiers personnels, soit pour leurs propres archives, soit pour permettre le téléchargement des fichiers par des tiers. Mais plutôt que de s’adapter aux pratiquers de ses clients, Free veut que ses clients s’adaptent à ce qu’il a prévu.

Beaucoup d’internautes sont parfaitement contents avec leur espace FTP, et ont pris l’habitude de l’utiliser depuis des années. Ils ne veulent pas changer, parce qu’ils n’en ressentent pas le besoin. D’autant qu’avec le temps, le service a évolué pour offrir désormais jusqu’à 10 Go de stockage, ce qui est bien généreux pour y héberger seulement quelques pages web.

Mais Free est parti en quête de chasser tous les moutons noirs vers le service qui est réellement dédié à l’échange de fichiers, dl.free.fr. Parce qu’il ne propose que 30 jours de rétention des données stockées, et parce que les infrastructures sont plus adaptées à l’upload, le service est mieux adapté pour Free. Ceux qui utilisent leur espace FTP uniquement pour y stocker des fichiers et sans créer de page web perso sont désormais traqués par des scripts internes au FAI, qui leur envoie un avertissement et désactive les espaces de stockage des « fraudeurs » : « Nous vous rappelons que l’utilisation des pages personnelles est soumise à conditions. Vous devez vous en servir afin de concevoir un site web public. Backups, sauvegardes, ainsi que toute utilisation ayant pour unique objectif le téléchargement de fichiers est interdit (passible de destruction de compte). Afin d’échanger vos fichiers, vous pouvez utiliser le service http://dl.free.fr que nous mettons à votre disposition« .

Dans le même temps, Free annonce qu’il a étendu son parc de serveurs pour le service jadis conspué par Christine Albanel.

Mais quelles que soient ses conditions générales que les internautes ne lisent jamais, il sera difficile pour Free d’utiliser la manière forte pour inciter ses clients à utiliser un service plutôt qu’un autre. Cette politique risque d’avoir davantage un effet désastreux sur son image qu’un effet positif sur ses infrastructures…

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