Les négociations entre Orange et Bouygues sont dans leur dernière ligne droite. C'est en effet jeudi 31 mars que les discussions prendront fin.

Le suspense durera jusqu’au dernier jour. Alors que Bouygues et Orange ont convenu de fixer une date butoir à leurs négociations, afin de ne pas s’éterniser plus que de raison sur le dossier Bouygues Telecom, France Info révèle ce mercredi que les deux parties sont toujours en train d’essayer de régler les tous derniers détails du mariage-évènement dans le secteur des télécommunications français.

Il faut dire qu’il y a urgence. C’est en effet le 31 mars — c’est-à-dire demain — que les discussions doivent prendre fin. Aussi les deux groupes ont-ils décidé ce week-end de dépêcher leurs « plus hauts cadres dirigeants » dans les bureaux d’un avocat d’affaires parisien afin de boucler le deal. Ils n’en sont sortis que mardi matin. « On est dans la négociation de haut vol », commentent nos confrères.

Des obstacles demeurent

Alors que l’échéance est imminente, il semble que certains gros obstacles demeurent encore sur la route des deux parties. En particulier, la question de la part que Bouygues obtiendra dans Orange en échange de sa branche dans les télécommunications ne paraît toujours pas réglée. Bouygues souhaite détenir 15 % du capital de l’opérateur historique, mais sa demande est contrariée par d’autres actionnaires.

Une présence importante de Bouygues au sein d’Orange entraîne mécaniquement le recul du poids des autres actionnaires, dont fait partie l’État. Pour des raisons stratégiques, il ne tient évidemment pas à ce que la montée de Bouygues provoque l’affaiblissement de son propre poids, entraînant la perte de sa minorité de blocage et un recul de son influence au sein du conseil d’administration.

Orange Bouygues
Bientôt mariés ?

Un autre aspect des négociations concerne le démantèlement de Bouygues Telecom, afin d’éviter que l’ensemble de l’opérateur ne revienne à Orange. L’opérateur historique, qui est déjà en position de force dans les télécoms, risquerait de se retrouver dans une position bien trop dominante, ce qui aurait pour effet de provoquer le feu rouge de l’autorité de la concurrence

« Il ne faut pas que cette transaction, si elle se fait, résulte en un renforcement de la position d’Orange, particulièrement sur les marchés où il est leader. L’opérateur historique est déjà très fort et conserve une capacité à déployer des réseaux plus vite que tout le monde », prévenait ainsi Sébastien Soriano, le président de l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes, en janvier.

Free récupérera les boutiques de Bouygues

Pour cela, il est question de vendre des actifs de Bouygues Telecom (boutiques, clients, fréquences, installations) aux deux autres opérateurs, à savoir SFR-Numericable et Free Mobile, afin que ces derniers puissent continuer à rivaliser face à Orange. C’est d’autant plus important que « les acquis pour les consommateurs restent fragiles », notait le président de l’ARCEP il y a un peu plus de deux mois.

Dans ce contexte, il est prévu que Free récupère les boutiques de Bouygues Telecom, selon une information d’Europe 1. Au total, l’opérateur de téléphonie mobile mettrait la main sur un réseau de 550 magasins. Une telle acquisition ferait changer le groupe de dimension, puisqu’il ne détient aujourd’hui que 51 boutiques en France. Il détiendrait un réseau douze fois plus étendu.

Il est question de récupérer 550 boutiques et 2 000 salariés

L’obtention de ces boutiques entraînera aussi l’embauche massive des salariés qui y travaillent. Free devrait en avoir 2 000, ce qui ferait passer le groupe de 6 000 à 8 000 employés au total. Ceux qui ne seraient pas pris par l’opérateur seraient répartis entre SFR et Orange, afin que cette opération soit « socialement irréprochable », selon les propres mots de Stéphane Richard, le PDG d’Orange.

Si Free met effectivement la main sur un tel réseau de boutiques, l’opérateur serait dans une relative rupture avec sa stratégie actuelle, qui consiste à privilégier le contact avec le client par Internet ou par téléphone, plutôt que de compter sur des magasins, ce qui est nettement plus intéressant en terme de coût. Avec 2 000 salariés et 550 boutiques en plus, la digestion s’annonce pesante pour Free.

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