Une enquête de la CNIL est lancée sur la conformité de Clubhouse avec la réglementation européenne.

Pointée du doigt pour ses insuffisances en matière de sécurité, l’application Clubhouse est maintenant au cœur de préoccupations juridiques. En effet, la nouvelle plateforme à la mode n’est peut-être pas dans les clous du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Pour s’en assurer, une enquête vient d’être lancée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

Clubhouse est une application mobile proposant un réseau social pour discuter dans des salons exclusivement audio.

L’accès à Clubhouse se fait sur invitation, ce qui lui confère une certaine aura et accentue le « désir d’en être ». Une fois à l’intérieur, des conversations se lancent, thématisées ou non, à deux ou à plusieurs. Les participants sont poussés à se révéler sous leur vraie identité, et la parole tourne selon qui la demande — même s’il est possible de n’être qu’auditeur.

Icône de Clubhouse. // Source : Capture d'écran Numerama

Icône de Clubhouse.

Source : Capture d'écran Numerama

Pas de bureau dans l’UE, mais des utilisateurs européens

Annoncées ce mercredi 17 mars, ces investigations visent à « confirmer que le RGPD est applicable à la société » qui édite le service, l’entreprise américaine Alpha Exploration CO., Inc. Dans un second temps, il s’agit de constater si la réglementation européenne est bien respectée ou s’il y a des infractions, et dans quelles proportions. Si ce dernier scénario se confirme, des sanctions seront prises contre Clubhouse.

D’ores et déjà, la CNIL a constaté l’absence du moindre établissement du groupe au sein de l’Union européenne. L’application jouit pourtant d’une certaine notoriété, à l’image par exemple de la participation de Cédric O, secrétaire d’État en charge de la transition numérique et des communications électroniques, à une discussion sur la place des femmes dans le milieu technologique.

Faute d’établissement dans l’UE, des mécanismes spécifiques au RGPD ne s’appliquent pas. Néanmoins, cela n’enlève aucune compétence aux autorités de protection pour agir. En outre, les autorités européennes « communiquent entre elles sur ce dossier, afin d’échanger des informations et d’assurer une application cohérente du RGPD », précise la CNIL.

Par ailleurs, particularité assez inhabituelle pour être relevée, la CNIL fait état d’une pétition sur le net qui a réuni plus de 10 000 signatures au sujet de « possibles atteintes à la vie privée par l’application Clubhouse » — cette pétition s’ajoute à une plainte plus formelle reçue plus tôt ce mois-ci.

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