Trier ses applications par couleur semble incongru. Pourtant, cela pourrait être une bonne idée à bien des égards. Nous avons essayé.

Cela fait quelques années maintenant que je vois circuler sur le web des organisations d’applications, sur Android ou iOS, qui diffèrent du vrac classique de la quasi-totalité des smartphones. Je ne m’étais jamais penché sur la question, mais avec près de 200 applications sur mon iPhone, circuler sur les bureaux commençait à devenir pénible. Sans parler du fait que ce rangement aléatoire, sans véritable idée, ne m’a jamais plu. C’est comme un bureau en bordel organisé  : on s’y sent à l’aise, mais c’est quand même désagréable à voir. Et sur un smartphone, le visuel, ça compte.

Avec un peu de temps devant moi, j’ai décidé d’appliquer une méthode de tri que j’ai vue plusieurs fois circuler : ranger les applications par couleur. C’est idiot, cela n’a aucun intérêt pratique, mais le partage de mon nouveau bureau bien organisé sur Twitter a reçu beaucoup plus de réponses, likes et autres interactions que je ne l’aurais imaginé — étant loin d’être précurseur. C’est un fait : cette méthode de rangement plaît ou, du moins, interpelle. Et en creusant un peu, on comprend facilement pourquoi.

« ASMR visuel »

L’expression est fort bien trouvée : ces petites cases qui contiennent des logos de couleurs proches font plaisir aux yeux. Mettre de l’ordre dans les choses, penser en système là où il n’y a que du chaos, regrouper et diviser : voilà ce que notre esprit fait tous les jours depuis la nuit des temps. Et il est vrai que la simple vue de mon bureau mobile a un côté apaisant. Cette première ébauche m’a même dirigé vers d’autres objectifs : dégrader les applications convenablement à l’intérieur et trouver un fond d’écran qui irait avec le classement. Et rien que pour cette satisfaction, l’opération méritait que j’y consacre quelques minutes.

Faire du tri

Prendre le temps de faire un rangement, c’est s’apercevoir à quel point certaines applications sont inutiles. Avez-vous besoin de toutes les applications des compagnies aériennes installées une fois pour scanner le QR Code à la porte d’embarquement ? Avez-vous réellement besoin de trois applications pour louer des trottinettes ? Et ces « Facebook du » et autres « Google du », morts-nés mais testés au cas où, en avez-vous toujours besoin ? Ces applications prennent de la place et peuvent être re-téléchargées au besoin (par exemple avant un voyage).

Cela permet aussi de remarquer qu’en 2018, le bleu domine toujours très largement le spectre. Si vous développez une application, vous savez comment vous démarquer.

Apprendre à utiliser son smartphone

 

Spotlight sur iOS // Source : Capture d’écran Numerama

Trier les applications de cette manière va vous faire perdre du temps. Même si vous êtes une personne très visuelle, il faudra aller dans Jaune et peut-être au troisième écran du dossier pour trouver l’application Snapchat. Mais cette réalisation peut aussi vous en faire gagner : aujourd’hui, les systèmes d’exploitation mobiles ont dépassé le stade de clone d’OS de bureau et ont trouvé des fonctionnalités natives pour naviguer.

  • Sur iOS, le meilleur exemple est Spotlight. Ce n’est pas un usage généralisé, mais la barre de recherche universelle conçue par Apple est extrêmement polyvalente. Vous glissez votre doigt de haut en bas, vous tapez ce que vous voulez voir apparaître et vous avez normalement le résultat le plus pertinent sous les yeux. Pas besoin d’ouvrir la calculatrice pour faire une opération, Google pour trouver un taux de change, ou l’App Store pour télécharger une application. Spotlight trouve tout pour vous, y compris les applications installées. En faisant ce rangement, j’ai pris conscience que j’avais arrêté d’utiliser les bureaux mal rangés pour cet usage bien plus pratique.
  • Sur Android, paradoxalement, la barre de recherche fait le même travail. Si vous l’avez en widget, vous n’avez même pas besoin de faire un geste : touchez, tapez votre app et elle apparaîtra dans la sélection. Elle ne permet pas en revanche de chercher partout dans l’écosystème, mais elle réalise les mêmes opérations que celle d’Apple (qui va, de toutes façons, piocher ses infos dans un moteur de recherche…).

Digital detox

Limites d’app // Source : Numerama

Ne plus utiliser les bureaux et les raccourcis ne signifie pas que je ne faisais plus rien sur l’écran d’accueil de mon smartphone. Mais ce que j’y faisais, comme beaucoup d’entre nous, était parfois mécanique : scroller de droite à gauche et de gauche à droite pour chercher quelque chose qui n’existe pas. Tomber parfois par hasard sur une notification, ouvrir une application inutile et la refermer. Une minute de perdue. Ranger ses apps limite les gestes inutiles possibles. Et si l’on est un peu perfectionniste, on ne laissera jamais une notification rouge détruire l’harmonie du groupe vert. Alors on coupe finalement les notifications des applications récalcitrantes… et cela n’a pas beaucoup d’impact sur notre usage.

Ce petit rien est bien moins radical que ce que propose l’ex-ingénieur de Google Tristan Harris, en croisade médiatique contre son ex-employeur :  passer son smartphone en nuance de gris. Cette solution fait perdre beaucoup d’intérêt à l’engin, notamment s’il est utilisé comme appareil photo.

Associée à des limites de temps sur les apps les plus demandeuses d’attention, l’organisation par couleur peut donc limiter vos interactions sans vous contraindre. Bref, trier ses applications par couleur n’est pas une idée révolutionnaire, mais elle a le mérite de déclencher quelques réflexions pratiques. N’hésitez pas à nous partager vos astuces et autres lifehacks pour organiser votre smartphone dans les commentaires, avec une petite explication de votre démarche !

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