C'est un colosse du calcul haute performance. Depuis juin, le département de l’Énergie aux USA profite d'un tout nouveau superordinateur : Summit. Il peut faire en une seule seconde 200 millions de milliards d'opérations.

Un milliard de milliards d’opérations par seconde. Tel est l’objectif très ambitieux que s’est fixée la Commission européenne dans le calcul haute performance. Le Vieux Continent souhaite en effet disposer d’ici 2023 de machines capables d’atteindre le seuil exaflopique (ou 1018) dans les toutes prochaines années, ce qui lui permettrait de changer d’échelle dans la recherche.

C’est pour Bruxelles un véritable enjeu de souveraineté.

Mais alors que l’Union européenne sera entrée dans l’ère exaflopique en 2023, les États-Unis, eux, seront peut-être déjà en train de mettre en route des installations de calcul post-exaflopique. C’est en tout cas la trajectoire qui paraît en tout cas dessiner outre-Atlantique avec le démarrage de Summit, le tout nouveau superordinateur du département de l’Énergie américain.

Summit superordinateur
CC BY OLCF

Un monstre du calcul

En effet, Summit est un colosse : il peut effectuer 200 millions de milliards de calcul par seconde aujourd’hui, écrit Technology Review, le magazine du MIT. Pour faire ce que cette installation fait en une seule seconde, il faudrait que tout le monde sur Terre fasse un calcul par seconde chaque jour et pendant 305 jours. Et s’il n’y avait qu’une seule personne, il lui faudrait… 6,3 milliards d’années, indique le New York Times.

Évidemment, au regard des performances actuelles du fleuron des supercalculateurs, on peut se demander où en seront les États-Unis dans cinq ans, lorsque le Vieux Continent se félicitera alors de faire tourner des installations exaflopiques. Si l’Union européenne n’aura pas à rougir de ses efforts dans le calcul haute performance, sa réussite risque d’être en partie éclipsée par les propres progrès des USA.

Summit superordinateur composants
CC BY Jason Richards/ORNL

Première place

Bien malin toutefois celui qui peut dire ce que sera le paysage des superordinateurs en 2023, surtout avec la Chine en embuscade. En effet, dans le classement du Top 500 du mois de novembre 2017 consacré aux supercalculateurs les plus puissants au monde, les deux premières places sont occupées par des appareils chinois. Et la Chine en compte 202 dans le classement, contre 143 pour l’Amérique.

En attenant, Washington peut pavoiser et retrouver sa place de numéro un, au moins sur le podium : Technology Review note en effet  que Summit est 60 % plus rapide que Sunway TaihuLight — qui était encore il y a peu la première machine du classement — et presque huit fois plus rapide que Titan, qui était jusqu’à présent le détenteur du record de vitesse des supercalculateurs américains.

Partager sur les réseaux sociaux