La réalité virtuelle est surtout présentée comme un moyen de jouer autrement aux jeux vidéo. Mais le développement de cette technologie permet aussi d'assister à distance à des évènements culturels et sportifs. Oculus Venues mise en tout cas sur ce créneau.

Imaginez une seconde : le concert que vous attendiez depuis des mois est complet au moment où vous alliez acheter votre ticket. Rageant, n’est-ce pas ? Et ce genre de déconvenue n’est pas propre à la musique : que vous aimiez le football, la course automobile, le théâtre ou l’athlétisme, ou n’importe quelle autre activité culturelle ou sportive, il arrive parfois que plus aucune place ne soit disponible.

À l’avenir, les stades, les salles de concert et les théâtres seront toujours susceptibles d’afficher complet. Cependant, le progrès technologique pourrait permettre d’atténuer ce désagrément. Comment ? En proposant une « immersion » via la réalité virtuelle. Vous serez certes physiquement toujours à l’extérieur de l’évènement, mais certains de vos sens seront pris par l’illusion d’être là.

Oculus Venues

C’est dans cette direction que compte aller Oculus, la filiale de Facebook spécialisée dans la réalité virtuelle. Avec Venues, présenté le 30 mai, que l’on pourrait traduire par « Évènements », l’entreprise souhaite pouvoir vous plonger dans l’ambiance d’un concert, d’une compétition sportive ou d’un quelconque évènement public, sans pour autant avoir besoin de quitter son domicile.

Décrit comme cela, le projet peut avoir un côté dystopique et l’on pourrait s’alarmer que cela pousse à l’inactivité, les personnes préférant assister à des évènements via des écrans au lieu d’aller les vivre sur place. Mais si cette critique peut être audible pour des activités géographiquement proches, c’est-à-dire qui ne requièrent pas de gros moyens pour y aller, ce n’est pas la même chose pour celles qui sont loin.

Par exemple si vous êtes fan de F1, vous n’avez sans doute pas les moyens d’assister physiquement à toutes les courses, les circuits étant dispatchés tout autour du monde. Ce constat peut être fait pour beaucoup d’autres sports mais dans la musique : tout le monde ne peut pas suivre la tournée de son artiste favori, surtout s’il va sur tous les continents. Dès lors, quelle différence y a-t-il avec la TV ?

« Oculus Venues vous place au premier rang pour les concerts, les événements sportifs, les spectacles d’humour », explique la société, dans la vidéo de présentation. « Joignez-vous à des milliers d’autres pour partager l’expérience et rencontrer d’autres fans, ou regardez en mode solo à partir d’une loge bien au-dessus de la foule ». À condition bien sûr que les lieux en question aient les technologies nécessaires à la retransmission.

En la matière, le choix des évènements auxquels on peut assister se fait via un calendrier qui liste les diffusions en réalité virtuelle à venir. Le programme est pour le moment très américano-centré : selon une capture d’écran de CNET, les horaires sont affichés selon un fuseau horaire américain et une bonne partie des programmes est d’abord pensé pour ce public.

Quatre partenaires sont mentionnés : la ligue majeure de baseball (MLB), le studio de cinéma Lionsgate, le groupe de divertissement AEG et NextVR. Ce dernier s’est illustré en 2016 en signant pour 5 ans un accord avec Live Nation, le géant de la production de tournées internationales, pour proposer des retransmissions en réalité virtuelle des concerts produits par la firme.

Le programme Oculus Venues.

Sport en VR, concert en VR, éducation en VR…

Ce n’est d’ailleurs pas son premier coup. Précédemment, l’entreprise avait déjà signé un accord similaire sur cinq ans avec Fox Sports pour la retransmission d’évènements sportifs, qui permettent de « téléporter » le spectateur dans un stade virtuel. Elle avait fait de même en 2014 pour permettre au public d’assister à un concert de Coldplay sans être effectivement présent.

Dans le même genre d’idée, la Fédération internationale de l’automobile a annoncé en 2016 un partenariat avec Virtually Live, pour que les courses de Formule E soient retransmises dans une représentation en réalité virtuelle, recréée en images de synthèse. Ce n’est certes pas encore impressionnant visuellement, mais le spectateur peut choisir la voiture dans laquelle il embarque et avoir l’impression de vivre la course.

De son côté, LiveLike a retransmis le tournoi de tennis d’Indian Wells, mais en utilisant les images réelles de la rencontre. D’autre pistes sont aussi à l’étude. Lors du Web Summit de Dublin, en 2015, le fondateur d’Oculus VR a expliqué que le casque de réalité virtuelle pourrait servir à l’enseignement, pour plonger les élèves et les étudiants dans les mondes dont on leur parle.

Il reste toutefois à convaincre le public. Interrogé par Numerama, Christophe Renaudineau, spécialiste des réalités augmentée, virtuelle et mixte, nous expliquait fin 2017 que la réalité virtuelle peine à séduire le grand public. « Les ventes sont décevantes auprès de cette cible. La réalité virtuelle rencontre surtout du succès dans le monde professionnel, dans le tourisme ou la conception. Auprès du grand public, la réalité virtuelle reste quasi exclusivement portée par les jeux vidéo ».

Dans le cas d’Oculus Venues, il est à noter que les évènements proposés sont gratuits, note Engadget. Du moins, pour l’instant. Mais l’on pourrait imaginer qu’un jour l’entreprise souhaite vendre des tickets virtuels pour des manifestations dans des lieux complets, trop éloignés ou dont le prix des places physiques est trop élevé. Sans les contraintes de la foule ou de la file d’attente et en ayant accès aux meilleures places.

Virtuellement.

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