Un robot conçu dans une université singapourienne sait monter une chaise vendue par Ikea. Il a assemblé les différents morceaux du meuble en kit de manière autonome. Et ce sans se retrouver avec une pièce en trop à la fin.

Plusieurs études concordent pour dire que l’automatisation des tâches risque de détruire des emplois pour les humains. Il est cependant une activité que certains bricoleurs confieraient probablement sans rechigner à un robot : l’assemblage d’un meuble en kit acheté chez Ikea.

À Singapour, des chercheurs de l’université de technologie de Nanyang (abrégée en NTU) se sont justement posé la question de savoir si une machine pouvait parvenir à monter, en autonomie et sans s’interrompre, une chaise Ikea.

Pour répondre à cette interrogation, le professeur Pham Quang Cuong et son équipe de recherche spécialisée dans l’ingénierie mécanique et aérospatiale ont inventé leur propre robot. Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 18 avril 2018 dans la revue Science Robotics.

Un assemblage complexe

Équipée d’une caméra en 3D et de pinces au bout de ses bras robotisés, la machine a dû assembler une chaise commercialisée par Ikea. Pour monter l’objet, connu dans l’inventaire de l’entreprise sous le nom « Stefan », le robot a utilisé une combinaison d’algorithmes.

La machine est parvenue à assembler la chaise Stefan en 8 minutes et 55 secondes. Avant d’entamer sa séance de bricolage, le robot a eu besoin de 11 minutes et 21 secondes pour planifier seul les mouvements qu’il allait devoir faire. Trois secondes supplémentaires lui ont permis de localiser les différentes pièces.

Le robot a monté la chaise en moins de 9 minutes

« Pour un robot, assembler une chaise Ikea avec une telle précision est bien complexe qu’il n’y paraît. Le travail d’assemblage, qui peut sembler naturel aux humains, doit être décomposé en différentes étapes, comme l’identification des différentes parties de la chaise, la force requise pour saisir les pièces, et s’assurer que les bras robotisés se déplacent sans se heurter l’un l’autre », précise Pham Quang Cuong.

Désormais, les chercheurs veulent rendre le robot encore plus autonome, afin qu’il soit capable d’apprendre les étapes de l’assemblage à l’aide d’une démonstration faite par humain. L’université envisage aussi la possibilité que ce robot bricoleur sache lire un manuel d’instructions, ou puisse comprendre une image du produit assemblé.

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