Le MIT Media Lab présente Alter Ego, son appareil aux allures de kit main-libre. L'objet parvient à reconnaître des mots qui ne sont pas prononcés, mais pensés par son utilisateur. Le procédé repose sur des signaux neuromusculaires.

Le prestigieux Massachusetts of Institute Technology est connu pour ses nombreuses innovations, qu’elles portent sur l’impression en 3D, l’ophtalmologie ou l’automobile. La dernière en date est un appareil d’un genre un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un objet censé lire dans vos pensées.

« Les chercheurs du MIT ont développé une interface informatique capable de transcrire les mots qu’un utilisateur verbalise intérieurement, mais qu’il ne dit pas à voix haute », a écrit ainsi l’institut le 4 avril dernier pour présenter son Alter Ego. L’appareil, qui se place sur le côté du visage, a des allures de kit main-libre.

Verbalisation internes

L’université précise que l’objet est équipé d’électrodes, chargées de détecter des signaux neuromusculaires dans la mâchoire et le visage de son utilisatrice ou utilisateur. En effet, le MIT explique que ces signaux sont « déclenchés par des verbalisations internes », autrement dit lorsque vous pensez des mots dans votre tête sans les dire à haute voix.

« Les signaux sont transmis à un système d’apprentissage automatique qui a été entraîné pour établir des corrélations entre des signaux et des mots particuliers », décrit l’université, qui ajoute que ces signaux sont indétectables pour l’œil humain.

Alter Ego contient également un casque audio qui emploie la conduction osseuse (ou ostéophonie), c’est-à-dire le phénomène de propagation du son jusqu’à l’oreille interne par l’intermédiaire des os du crâne. Le MIT précise que les écouteurs, qui n’obstruent pas le système auditif, permettent de transmettre des informations sans gêner l’utilisateur. L’ensemble du système peut ainsi communiquer avec son utilisateur, en lui transmettant des vibrations.

Le casque audio emploi la conduction osseuse

Pour mettre à l’épreuve leur appareil, le MIT a ainsi testé l’objet sur des personnes en train de jouer aux échecs ou de résoudre des problèmes mathématiques simples (des multiplications et des additions). Pour ces tests, Alter Ego n’avait appris que 20 mots différents. Néanmoins, le système est parvenu à communiquer avec son utilisateur avec une précision de 92 %, annonce le MIT.

«  Nous sommes en train de récolter des données, et les résultats sont bons. Je pense que nous réussirons une conversation complète un jour », avance Arnav Kapur, l’étudiant diplômé du MIT Media Lab chargé du projet.

Les chercheurs espèrent désormais que l’Alter Ego pourra avoir de multiples applications, notamment pour aider des personnes handicapées ou servir dans des environnements de travail bruyants.

Partager sur les réseaux sociaux