Les Freebox Ultra les plus récentes ne supportent plus les machines virtuelles, qui permettaient de faire tourner un serveur directement sur sa Freebox. L’opérateur évoque « l’évolution du marché des composants » et laisse penser que la quantité de RAM disponible dans ses box a été réduite.

Les Freebox ont un talent caché : elles peuvent héberger une ou plusieurs machines virtuelles sans matériel dédié. Les exemples les plus connus sont un serveur Plex pour accéder à ses films à distance, un serveur Homebridge pour piloter ses objets non compatibles avec l’app Maison d’Apple, un Pi-hole pour bloquer les publicités sur tout le réseau domestique ou un cloud personnel avec Nextcloud… Le Freebox Server, allumé en permanence, peut faire tourner un système Linux et vous faire économiser l’achat d’un Raspberry Pi, à condition d’accepter certaines limites (lenteur, peu de RAM, etc.)

Pour une partie des abonnés de Free, ce type de fonctionnalités conçues pour les geeks est une vraie raison de préférer l’opérateur. Freebox OS est une interface plus complète que celle d’Orange, Bouygues ou SFR, avec un gestionnaire de torrents, de fichiers et des machines virtuelles.

Problème : Free met fin aux VM. Le 5 octobre 2026, le compte TiinoX83 sur X a relayé une réponse publiée par un administrateur de Free sur l’outil de suivi des bugs de l’opérateur : les nouvelles Freebox Ultra ne supportent plus les machines virtuelles.

Free confirme la fin des machines virtuelles sur les nouvelles Freebox Ultra

L’affaire remonterait à plusieurs semaines, mais a été signalée publiquement le 29 août. Sur dev.freebox.fr, un abonné qui venait de remplacer sa Freebox Révolution par une Freebox Ultra a indiqué ne pas trouver le menu « Machines virtuelles » dans Freebox OS, alors qu’il a installé un SSD NVMe dans son Server, condition indispensable pour créer une VM.

Une dizaine d’abonnés ont alors enquêté et constaté le même problème : toutes les Freebox Ultra neuves n’ont pas d’onglet VM. Certains ont tenté d’accéder au menu caché via une URL directe, mais la création d’une VM échoue systématiquement. À l’inverse, une Freebox Ultra plus ancienne, sur le même firmware, affiche toujours 2 Go de RAM et deux processeurs alloués aux VM. Seules les nouvelles séries de Freebox Ultra sont concernées.

Le 5 octobre, un administrateur de Free met fin aux spéculations : « Suite à l’évolution du marché des composants, les Freebox Ultra récentes ne supportent plus les VM. » Il ajoute que la fonction n’a jamais été mise en avant pour l’Ultra, ni sur le site, ni dans les publicités, ni dans les CGV, et que le taux d’usage la rend « totalement anodine » pour la majorité des abonnés. Free semble assumer de tuer la fonction.

La réponse de Free sur le forum Freebox.
La réponse de Free sur le forum Freebox. // Source : Capture Numerama

Pénurie de RAM : pourquoi Free a-t-il supprimé les VM ?

Free ne détaille pas ce qu’il entend par « évolution du marché des composants », mais la pénurie de RAM a tout du coupable idéal.

Jusqu’ici, la Freebox Ultra embarquait 4 Go de RAM, dont 2 Go étaient réservés aux machines virtuelles. Il est probable que Free ait réduit cette quantité sur ses dernières séries pour limiter ses coûts, ce qui ne laisserait plus assez de mémoire pour les machines virtuelles. Free ne l’a pas confirmé, mais c’est la raison la plus logique qui justifierait une incompatibilité des VM.

Free suggère que personne n'utilisait les VM.
Free suggère que personne n’utilisait les VM. // Source : Capture Numerama

Les amateurs de VM avaient déjà perdu au change avec la Freebox Ultra. Sa prédécesseuse, la Freebox Delta, n’avait que 2 Go de RAM d’origine (dont 1 Go pour les VM)… mais sur une barrette amovible. Certains abonnés l’avaient remplacée par un module de 8 ou 16 Go pour faire tourner plusieurs VM sans ralentissement.

Sur la Freebox Ultra, la mémoire est soudée sans possibilité d’évolution. Un choix que Free regrette probablement aujourd’hui, puisqu’il le contraint à tuer totalement la fonction au lieu de laisser le choix à l’abonné.

Par quoi remplacer la machine virtuelle de Free ?

Free a raison de parler d’un usage « anodin » : il est peu probable que la disparition des VM lui fasse perdre une quantité significative d’abonnés. L’opérateur indique que son SAV peut répondre aux usagers concernés, probablement en leur envoyant une ancienne version de la Freebox Ultra.

Pour les autres, la solution la plus évidente reste le Raspberry Pi, mais il n’échappe pas lui non plus à la crise de la mémoire. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, un Raspberry Pi 5 avec 2 Go de RAM coûte 76,80 euros en France et la version 4 Go 136,80 euros (148,99 euros en passant par Amazon), après trois hausses de prix en un an. Les autres alternatives sont l’achat d’un mini PC, d’un NAS compatible VM ou la réutilisation d’un vieux PC toujours connecté au réseau.

Ces solutions ont aussi l’avantage d’en faire plus que la Freebox : un mini PC équipé d’une puce Intel récente peut transcoder des vidéos 4K en temps réel pour Plex grâce à l’accélération matérielle, là où les VM de la Freebox obligeaient à préférer la qualité d’origine. Seul regret : il faudra ajouter un appareil de plus à côté de sa box… et donc perdre une prise de courant.

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