Quelqu’un, vraisemblablement, ment. Interrogé par des journalistes en Inde ce mercredi 21 octobre, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a lâché Elon Musk. Le responsable a en effet renvoyé au PDG de SpaceX la responsabilité de Starlink en Ukraine. Ce dernier disait de son côté qu’il fallait plutôt voir du côté de Washington.
« Starlink est une entreprise privée. Ils ont un contrat. Ils ont des conditions contractuelles sur la façon dont cette technologie peut être utilisée. Le point important est que nous ne pouvons pas dicter à une entreprise privée les décisions qu’elle prend ou ne prend pas », a déclaré Marco Rubio, ajoutant que, selon lui, la Maison-Blanche n’a pas son mot à dire.


« Ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que ni le président des États-Unis, ni personne dans notre système, n’a jamais demandé que des modifications soient apportées à ce système. Et c’est ce que nous avons dit à plusieurs reprises », a-t-il ajouté. Ce serait donc Elon Musk qui aurait pris cette décision de ralentir l’emploi de Starlink en Ukraine.
Ici, Marco Rubio s’exprimait au lendemain d’une révélation du Wall Street Journal. Le journal avance qu’Elon Musk aurait lui-même donné l’ordre de brider Starshield, la version militaire de Starlink avec laquelle l’armée ukrainienne pilote ses drones. Elon Musk et Donald Trump en auraient même parlé avant la décision.
CBS News affirme aussi, sources à l’appui, que le patron de SpaceX a parlé à plusieurs responsables de l’administration avant de donner l’ordre. Au sujet de l’article du WSJ, Marco Rubio a indiqué ne pas être « familier avec l’histoire », ajoutant ignorer « ce que l’article reflète ». L’article du Wall Street Journal est sorti le jour de l’annonce des résultats de SpaceX.

Tout le monde se renvoie la balle
Le 14 octobre, Elon Musk avait rejeté la faute sur Donald Trump : selon lui, toute limite était décidée « par l’armée américaine et, au final, par le président ». Le même jour, le ministre des Affaires étrangères de Pologne l’accusait de faire de la politique avec ses produits. Le Telegraph pointait la responsabilité sur Elon Musk.
L’argument du contrat privé tient assez mal : le gouvernement américain paie Starshield et décide qui y a accès. Sur CNN, sur le plateau de la journaliste Kaitlan Collins, le républicain Brian Fitzpatrick a estimé qu’aucun civil ne devait décider de l’usage de cet outil militaire. Dans tous les cas, cela mérite des investigations.
D’ailleurs, le sénateur démocrate Adam Schiff réclame une enquête du Sénat, puisque soit Donald Trump, soit Elon Musk a menti. Le journaliste Ronan Farrow avait enquêté dès 2023 pour le New Yorker sur l’emprise d’Elon Musk en Ukraine. Le reporter a réagi sur cette nouvelle affaire dans une série de messages sur X.
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