La semaine dernière s’était bouclée de la plus belle des manières pour Meta et son dernier produit IA, Muse. Lancé début septembre et capable notamment de rechercher des produits et de passer commande à la place de l’utilisateur, l’outil s’est hissé en tête des téléchargements de l’App Store américain, détrônant ChatGPT.
De quoi ravir Mark Zuckerberg, qui met les bouchées doubles pour concrétiser les investissements consentis dans ses unités IA depuis de longs mois.
Depuis le 20 septembre, pourtant, les utilisateurs de Muse qui tentent de faire des achats sur Amazon via l’agent IA de Meta se voient bloqués, leur usage enfreint les conditions d’utilisation de la plateforme.


De quoi ravir le fondateur d’OpenClaw, plateforme en concurrence directe avec Muse.
Ce qu’Amazon reproche à Meta
Le problème, selon Amazon, tient à l’absence d’accord préalable. Meta n’aurait jamais demandé l’autorisation d’intégrer Muse à sa boutique. L’agent navigue donc de façon non déclarée, tout en manipulant les données de véritables clients, ce qui pose, pour Amazon, des questions de confidentialité et de sécurité.
Interrogé par Geekwire, un porte-parole du groupe a précisé qu’un tiers proposant d’effectuer des achats pour le compte d’un client doit opérer de manière «transparente et respecter les décisions des fournisseurs de services quant à leur participation.»
Amazon met aussi en avant les craintes de sécurité vis à vis de ce genre d’outils agentiques grand public. Une IA sujette à hallucination pourrait passer des commandes incorrectes et alourdir la charge de son service client.
Meta conteste ces inquiétudes. L’entreprise affirme que Muse fonctionne dans une machine virtuelle sécurisée, dotée de son propre navigateur, et qu’il demande systématiquement l’accord de l’utilisateur avant toute action sensible comme un achat. Un second agent, Sentinel, superviserait en continu les actions de Muse et validerait tout envoi de données vers internet. Meta précise également que Muse n’a accès ni aux mots de passe ni aux moyens de paiement : les identifiants restent dans un espace sécurisé, utilisables sans être visibles par l’agent.
Amazon contre les agents IA
Evidemment, il y a en arrière-plan un enjeu économique majeur pour le géant du e-commerce. La publicité a rapporté 68,6 milliards de dollars à Amazon en 2025, une manne que des agents IA, qui ne cliquent pas sur les produits sponsorisés, ne permettent pas d’alimenter.
Ce n’est pas la première fois qu’Amazon s’attaque à un agent IA tiers. En novembre 2025, le groupe avait poursuivi Perplexity pour empêcher son navigateur Comet d’acheter sur sa plateforme, une injonction obtenue en mars, puis annulée en août. Amazon a également cherché à écarter les agents de Google et d’OpenAI.
Des discussions entre Amazon et Meta seraient en cours depuis dimanche soir pour tenter de trouver un accord.
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