On attribue souvent à Salesforce l’invention du concept de SaaS (Software as a Service). Et pour cause : dans les années 2000, le pionnier de la gestion client en ligne est l’une des premières entreprises à proposer un modèle révolutionnaire. Logiciels hébergés dans le cloud, accessibles par le net avec un abonnement, sans installation locale ni gestion d’infrastructure à une époque où le logiciel géré localement domine encore largement.
Un pari gagnant puisqu’en l’espace de vingt ans, ce modèle où le fournisseur gère tout (serveurs, mises à jour, sécurité) s’est largement imposé. On a d’ailleurs pu voir les géants historiques de la tech, comme Microsoft avec Office 365, s’adapter à cette mutation.
Mais un coup d’œil aux cotations boursières des géants du SaaS en février 2026 montre que le système s’essouffle, voire s’effondre : Adobe, Figma, Salesforce… toutes les entreprises qui ont bâti leur croissance sur ce modèle accusent sérieusement le coup sur l’année écoulée.
La raison de cette bascule ? L’avènement de l’intelligence artificielle, et plus précisément des agents IA et des assistants de programmation promettant des solutions plus modulables et à moindre coût.

Une chute boursière vertigineuse
Le néologisme SaaSpocalypse, qui combine « SaaS » et « apocalypse », décrit donc cette chute boursière spectaculaire.
Début février, Forbes annonçait que plus de 300 milliards de dollars de capitalisation s’étaient envolés en quelques semaines. Le magazine américain soulignait la vitesse à laquelle s’érode la valorisation boursière de ces entreprises : « Plusieurs des entreprises de logiciels les plus établies ont vu leur cours chuter brutalement en une seule journée. Salesforce, ServiceNow, Adobe et Workday ont chacune perdu environ 7%. Intuit a, quant à elle, dégringolé de près de 11% ».
Ces chiffres, Forbes les publiait le 4 février, soit la veille de deux annonces simultanées qui allaient encore redistribuer les cartes : Claude Opus 4.6 d’Anthropic et GPT-5.3-Codex d’OpenAI.
Avec ce dernier, l’entreprise de Sam Altman tentait d’ailleurs de jouer sur les plates-bandes de son rival en se dotant d’un modèle capable de rivaliser avec Claude Code. Un outil plébiscité des développeurs pour concevoir des programmes et fonctionnalités ultra-personnalisés à la demande.
Réalité métier ou spéculation ?
Car c’est avant tout de cela qu’il s’agit. La SaaSpocalypse est une réaction financière aux avancées de l’intelligence artificielle générative, qui permet désormais de recréer des fonctionnalités SaaS à moindre coût, via du code généré rapidement ou des agents autonomes.
Une solution sur laquelle les entreprises misent pour s’affranchir, ou du moins mieux contrôler, les marges des éditeurs, en développant des outils internes personnalisés ou en ajoutant des fonctionnalités et des connexions entre logiciels sans abonnement supplémentaire.
Une tendance encore balbutiante, confrontée notamment aux défis de mise à l’échelle, de maintenance et de cybersécurité, mais bien visible sur les marchés financiers qui cherchent à anticiper les évolutions d’usage. Parfois à tort…
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