Faut-il dépenser 300 euros dans les écouteurs Pi5 S2 conçus par Bowers & Wilkins ? La réponse est non, face à une concurrence musclée et, surtout, aux prestations du produit.

Quand on part dans un magasin en quête d’une nouvelle paire d’écouteurs sans fil, la marque Bowers & Wilkins n’est certainement pas celle qui vient à l’esprit en premier. Elle revendique pourtant un savoir-faire certain dans le secteur de l’audio haut de gamme, avec plus de cinquante ans d’histoire. Surtout connue pour ses enceintes pourvues d’un tweeter qui se détache au sommet, l’entreprise britannique a bien évidemment pris le pli des accessoires nomades. Dans le catalogue, les écouteurs Pi5 S2 se situent au pied de la gamme.

Bowers & Wilkins promet quand même « 50 ans d’expérience audio » dans ces Pi5 S2, des écouteurs pourvus d’une réduction de bruit active et dont le boîtier peut se recharger avec la technologie sans fil. Il faut reconnaître que c’est la fiche technique que l’on est en droit d’attendre d’un produit facturé 299 €, embourbé dans un marché où la concurrence est rude et affutée. Cependant, en dépit de finitions irréprochables, les Pi5 S2 peinent à hisser leurs prestations à la hauteur de leur positionnement tarifaire.

Un écouteur Bowers & Wilkins Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
Un écouteur Bowers & Wilkins Pi5 S2. // Source : Maxime Claudel pour Numerama

De jolis écouteurs confortables

Résistance à l’eau ?

Les Pi5 S2 sont pourvus d’une certification IP54, ce qui les rend étanches aux éclaboussures et à la transpiration.

Quand on déballe les Pi5 S2, le premier constat est très positif. Il n’y a aucun doute possible : esthétiquement, on a bien affaire à un produit qui vaut ses 300 €. Le design, intra et dépourvu de tige, repose sur une partie extérieure visible en aluminium. Ce choix confère une esthétique premium aux écouteurs, en adéquation avec l’image de marque. Le matériau métallique rehausse le reste de la coque en plastique léger au rendu mat. Pour les couleurs, Bowers & Wilkins joue la carte de l’originalité en se passant du noir et du blanc au profit de quatre autres teintes (vert, mauve, gris clair, gris foncé).

Esthétiquement, on a bien affaire à un produit qui vaut ses 300 €

Il est simplement dommage que les ingénieurs se soient moins creusés la tête pour le boîtier. Il est d’une apparence quelconque et, surtout, n’a rien de la noblesse des écouteurs avec son plastique intégral. Certains diront qu’il sera moins sujet aux rayures et aux traces de doigts. C’est vrai. Mais, des écouteurs à 300 € mériteraient sans doute un bien meilleur écrin.

Malgré une conception intra qui pourrait paraître inconfortable, surtout en l’absence d’une tige qui permet de mieux répartir le poids, les Pi5 S2 se portent très bien. Bowers & Wilkins prévoit d’ailleurs le coup avec un schéma expliquant comment les insérer correctement dans le capot du boîtier. Il faut légèrement les faire pivoter vers l’arrière tout en les enfonçant. De cette manière, en plus de bien tenir dans l’oreille, ils parviennent à se faire suffisamment oublier. De quoi faire aimer les intra aux plus réfractaires.

Les instructions pour insérer correctement les Bowers & Wilkins Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
Les instructions pour insérer correctement les Bowers & Wilkins Pi5 S2. // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Une application paresseuse

Les Pi5 S2 peuvent être associés à une application baptisée Bowers & Wilkins Music (attention, il y en a une autre, B&W Headphones, avec laquelle les écouteurs ne sont pas compatibles). Elle permet de personnaliser un peu l’expérience. On insiste sur le « un peu », tant l’entreprise se contente du strict minimum sur ce point. Par exemple, on n’a pas accès à un égaliseur pour peaufiner le rendu sonore, tandis qu’il est impossible de modifier les commandes tactiles.

Voici les contrôles autorisés par les écouteurs :

  • Tapoter une fois sur l’écouteur droit ou gauche : lecture/pause/répondre à un appel ;
  • Tapoter deux fois sur l’écouteur droit ou gauche : jouer la piste suivante ou refuser un appel/mettre fin à un appel ;
  • Tapoter toris fois sur l’écouteur droit ou gauche : lecture du précédent titre ;
  • Appuyer sur l’écouteur gauche pendant une seconde : activer/désactiver la réduction de bruit ;
  • Appuyer sur l’écouteur droit pendant une seconde : activer l’assistance vocale.

En somme, il est impossible de gérer le volume depuis les écouteurs, ce qui forcera à utiliser l’appareil de lecture. Pour l’ergonomie, on a vu mieux.

Le boîtier des Bowers & Wilkins Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
Le boîtier des Bowers & Wilkins Pi5 S2. // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Une signature sonore particulière

Autonomie basse

En fonction de votre utilisation, les Pi5 S2 tiendront moins de 5 heures en une seule charge, pour une autonomie totale de 24 heures. Heureusement que 15 minutes de rechargement permettent de récupérer 2 heures d’utilisation.

Un beau design, un manque criant de fonctionnalités : pour le moment, les Pi5 S2 ne remplissent que la moitié du contrat. Se rattrapent-ils sur la réduction du bruit active ? Malheureusement, non. À 300 €, ils sont censés boxer dans la même catégorie que les mastodontes du marché : les AirPods Pro d’Apple et les QuietComfort Earbuds II de Bose. Ils ne soutiennent pas réellement la comparaison. Non seulement on perçoit un léger souffle quand la réduction de bruit est active, mais en prime, on n’est jamais vraiment subjugué par le travail d’atténuation. Il manque d’efficacité. Oui, les Pi5 S2 parviennent à isoler l’utilisatrice et l’utilisateur dans des environnements bruyants. Toutefois, ce n’est pas suffisant pour les recommander à celles et ceux qui veulent la paix. Des solutions moins onéreuses, comme les Nothing ear (2), font même beaucoup mieux sur ce critère.

En l’absence d’un égaliseur dans l’application, Bowsers & Wilkins impose la signature sonore de Pi5 S2. Et, je dois bien avouer qu’elle se révèle d’abord déconcertante. À la première écoute, on peut penser qu’elle manque de caractère. Elle se révèle en réalité très naturelle, avec des basses chaleureuses et des aigus ciselés. Les médiums sont un peu plus touffus, ce qui donne cette impression un peu étrange. On finit par apprécier la délicatesse proposée par Pi5 S2, même si ce rendu moins enjoué inhibe un peu la dynamique d’ensemble.

La marque Bowers & Wilkins est inscrite sur le boîtier des Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
La marque Bowers & Wilkins est inscrite sur le boîtier des Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Par conséquent, les écouteurs s’en sortiront mieux avec des morceaux moins chargés. Minefields de Faouzia et John Legend est une belle vitrine pour eux. En revanche, dans un tout autre registre, les Pi5 S2 ont un peu plus de mal à suivre dans Scorched Earth Erotica du groupe Cradle of Filth, où les riffs de guitare sont particulièrement énervés, mais étonnamment plats.

Le verdict

Les écouteurs Bowers & Wilkins Pi5 S2 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
6/10

Bowers & Wilkins Pi5 S2

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300 €, cela commence à être cher pour des écouteurs sans fil. Et, pour justifier ce prix, il est nécessaire que le produit coche un maximum de cases. Problème ? Les Pi5 S2 de Bowers & Wilkins souffrent de la comparaison avec des rivaux bien mieux armés sur des critères essentiels, comme la réduction de bruit active, les fonctionnalités de l’application compagnon et le rendu sonore.

Les Pi5 S2 de Bowers & Wilkins ne manquent pas d’arguments. On apprécie tout particulièrement leur design premium, les prestations acoustiques très naturelles (c’est une signature) ou encore le confort proposé. Mais, ils restent difficilement recommandables à ce tarif.

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