Un internaute a mis en ligne une vidéo sur YouTube d’un robot chien détourné à des fins militaires et équipé d’un fusil d’assaut. Il aura fallu une vingtaine de jours pour qu’un hacker trouve le moyen de le désactiver à distance.

En juillet, une vidéo publiée sur YouTube terrifiait tous les internautes. Un utilisateur russe avait mis en scène un robot chien – similaire aux fameux appareils de Boston Dynamics – équipé d’un fusil mitrailleur et tirant de manière autonome sur une cible. Beaucoup de mystères entouraient ce « Terminator sur pattes » : comment l’arme était connectée, de quelle manière pouvait-on l’actionner et qui était derrière ce bricolage ?

Avant d’avoir ces réponses, un hacker a déjà trouvé un moyen de désactiver le robot en un clic. Il décrit sa méthode dans un post sur GitHub publié le 5 août.

Une copie du signal d’arrêt initial

L’utilisateur, nommé d0tslash, a en parallèle diffusé sur Twitter une démonstration de sa télécommande, capable de neutraliser l’appareil. Ce dernier est un engin de la marque chinoise Unitree — le même modèle que sur la vidéo — et le hacker se sert d’un Flipper Zero pour le contrôler.

Ce petit gadget, connue dans la communauté dans le cyber, peut envoyer des ondes radio. Le hacker a copié le code de la télécommande initiale et a envoyé un signal à 433 MHz depuis son Flipper Zero. Néanmoins, il faut être placé à une distance assez proche du robot pour le mettre à l’arrêt. Tout le processus a été dévoilé en open source sur GitHub.

Unitree Robotics
Unitree est une marque chinoise de robot, inspirée des fameux Boston Dynamics. // Source : Unitree Robotics

Même si les robots tueurs ne risquent pas d’être déployés par les armées dès demain, certaines initiatives posent question quant à leur utilisation sur le champ de bataille à moyen et long termes. La vulnérabilité de ces machins à certains piratages est aussi une question qui va s’imposer de plus en plus, car leur fiabilité dépendra de leur étanchéité à certaines attaques.

Cette histoire montre que ces engins sont encore très perméables, ce qui est du pain béni pour les hackers. En outre, ils doivent également faire face à des ripostes. En Ukraine par exemple, des drones – que l’on peut tout autant considérer comme des robots tueurs – sont mis à mal par des fusils émettant des impulsions électromagnétiques.