Des scientifiques ont développé un revêtement destiné aux constellations de satellites. D’une couleur « plus noire que noire », il devrait éviter que ces engins ne dérangent les observations du ciel nocturne.

Vantablack® 310. C’est le nom de ce dispositif développé par une équipe de scientifiques de l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, et destiné aux satellites en orbite basse. Il s’agit tout simplement d’un revêtement extrêmement noir dont les propriétés sont détaillées dans une étude publiée le 1er juillet dans la revue Monthly Notices of the Astronomical Society.

L’enjeu est grand : les constellations de satellites en orbite basse polluent déjà le ciel nocturne. Leur passage incessant est visible par les astronomes amateurs, mais aussi par les professionnels, y compris avec les télescopes les plus puissants du monde. La brillance est telle que même les observatoires spatiaux, qui orbitent eux aussi autour de la Terre, sont gênés par la luminosité.

Plus noir que noir

Pire : si ces constellations continuent de se développer comme les opérateurs l’espèrent, le nombre de satellites pourrait être multiplié par 10 ou même 20 d’ici quelques décennies. Sans oublier le fait que les prochaines générations d’engins risquent d’être plus grandes, plus puissantes, et donc d’autant plus visibles — à l’image des derniers spécimens de Starlink.

Face à cela, les astronomes se mobilisent pour empêcher que cette nouvelle population ne devienne un véritable obstacle aux futures observations astronomiques. Sachant que, dans la situation actuelle, les observatoires parviennent à apporter quelques corrections, mais en seront incapables si la situation s’aggrave.

Du Vantablack. // Source : Wikimedia/CC/Surrey NanoSystems (photo recadrée)
Du Vantablack. // Source : Wikimedia/CC/Surrey NanoSystems (photo recadrée)

C’est là qu’arrive le Vantablack. Derrière ce nom qui aurait sa place dans une pub de lessive se cache un revêtement étudié pour être extrêmement noir. Il est constitué à partir d’un matériau qui ne reflète que 2 % de la lumière reçue, ce qui signifie qu’il n’est pas seulement sombre, mais plutôt d’un noir extrêmement profond.

Une solution efficace, mais pas de miracle

Mieux : le peu de lumière capable de s’y réfléchir le fait de manière extrêmement diffuse, ce qui limite le risque d’avoir un flash de lumière, même ténu. En d’autres termes, même si vous l’éclairez directement avec une lampe-torche, vous ne le verrez pas, ou alors à peine.

De tels revêtements existent déjà, notamment chez les Starlink qui ont grandement diminué leur luminosité suite aux plaintes des astronomes. Mais le Vantablack dispose de plusieurs avantages : sa durabilité face au vide spatial, son poids extrêmement léger et sa morphologie qui lui permet de ne pas refléter de lumière, peu importe l’angle de vision.

Ciel nocturne où l'on voit les satellites Starlink... // Source : NoirLab/M. Lewinsky/CC
Ciel nocturne où l’on voit les satellites Starlink… // Source : NoirLab/M. Lewinsky/CC

Pour l’instant, il n’a été testé qu’en laboratoire, où il a présenté des résultats satisfaisants. Mais l’équipe espère bientôt pouvoir l’envoyer en orbite pour une mission de démonstration. Il s’agira vraisemblablement d’un test réalisé sur le satellite Jovian-1, développé dans le cadre d’un projet étudiant.

Cela dit, le Vantablack n’est pas la solution miracle face à la pollution causée par les satellites. Leur nombre est tel que les ondes qu’ils émettent commencent également à déranger les radiotélescopes. Et même si leur luminosité peut être grandement diminuée avec ce dispositif, un nombre trop important de satellites sera toujours un problème pour les observations.

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