Voici 3 romans de Fantasy parus récemment, qui sortent complètement de l'ordinaire... et probablement de votre vision du genre.

La Fantasy est un genre d’une vaste richesse, et ne se limite absolument pas aux clichés qui peuvent être alimentés à son sujet. Nous avons par exemple déjà eu l’occasion de vous vanter les mérites de L’Ours et le Rossignol, formidable saga de Fantasy inspirée de contes russes, à côté de laquelle vous ne devez pas passer, même si vous n’aimez pas le genre habituellement.

Dans cette sélection, on vous propose trois romans, parus récemment, qui vous vous bousculer, humainement, politiquement, psychologiquement, et révéler un autre visage de la Fantasy.

Un Long Voyage

Source : Aux forges de vulcain

Pas de grandes batailles, de violence ou de dragons ici. C’est par le prisme de l’intime que Liesse, le narrateur d’Un Long Voyage, nous raconte le destin de l’Empire et comment une certaine Malvine de Félarasie change ce monde. Dans cet univers imaginaire, Claire Duvivier nous fait vivre un épisode historique déterminant par un regard empathique sur celles et ceux qui le vivent, que leur rôle soit premier ou secondaire dans ce que l’Histoire retiendra d’eux. L’autrice nous montre que la « Grande Histoire » est forgée par les « petites histoires », et que ce sont donc ces dernières la véritable clé. Quant à la magie, elle est peu présente au fil du roman, mais s’avérera déterminante.

Que les ressorts surnaturels plutôt discrets ne vous y trompent pas, Un Long Voyage se situe bien à la quintessence de la Fantasy. Claire Duvivier s’appuie sur la puissance poétique du genre : s’émanciper du réel pour mieux se surprendre à en comprendre les mécanismes. Sociaux, politiques… et humains, surtout. Liesse nous livre des témoignages historiques d’une Histoire qui n’est pas la nôtre, mais Claire Duvivier fait de sa quête initiatique une quête universelle. Récit de voyage contemplatif, conte philosophique, conte merveilleux, fable historique, Un Long Voyage est une oeuvre de Fantasy hors du commun par sa force tranquille : le temps, l’empathie et la douceur décuplent l’empreinte laissée par la plume de Claire Duvivier.

La Complainte de Foranza

Source : éditions Leha

Dans une Italie de la Renaissance revisitée façon steampunk, placée au sein d’un monde féerique empreint de Fantasy, Sara Doke propose un récit policier aux codes du roman noir : oui, La Complainte de Foranza est original ne serait-ce que par son cadre qui défie les genres littéraires. Et l’autrice défie ensuite ses lecteurs et lectrices avec un récit féministe franc et direct. Sara Doke manie la fougue, si ce n’est la saine colère, dans sa plume. Les messages de l’autrice ne passent pas par de longs discours, mais par les actes odieux qu’elle dépeint et par le « combat » féroce de ses personnages contre ces actes.

Au sein d’une ville similaire à Florence, où règnent l’art et la magie, il va survenir une série de meurtres abominables contre des femmes, au sein même de leurs ateliers d’artistes, comme pour annihiler non seulement les corps, mais aussi toute puissance créatrice et ainsi toute réelle liberté profonde. On comprend que ces malheurs, exprimés par la « complainte » que révèle l’enquête, ont toujours été là mais drapés dans l’insouciance ; invisibilisés dans l’autosatisfaction d’un progrès culturel et technique.

Vita Nostra

Traduit par Denis E. Savine // Source : L’Atalante

Vita Nostra a quelque chose d’un cauchemar obsessionnel pour son héroïne : rien ne va, les réponses au « pourquoi ? » amènent des questions toujours insensées, et pourtant, il est nécessaire d’aller jusqu’au bout. Pour les lecteurs et lectrices, l’expérience se révèle bizarre et perturbante. Ce roman oppressant va vous pousser dans vos retranchements, vous n’allez pas totalement comprendre ce qu’il se passe tout en restant malgré tout captivé par l’énigme. Ce roman slave, de Marina et Sergueï Diatchenko, est une oeuvre unique qui ne vous livrera aucun repère tant l’atmosphère et la narration sont inhabituelles, d’autant plus si vous n’avez pas l’habitude des littératures d’Europe de l’Est.

Sacha, étudiante, se retrouve à l’Institut des technologies spéciales. Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle est censée y apprendre, ni qui sont ces gens, ni ce qu’elle fait là, car elle y est entrée par la force des choses, sans qu’on lui demande vraiment son avis. Elle est censée faire face à des phénomènes surnaturels pour les maîtriser, un peu comme à Poudlard, oui, mais on ne sait pas vraiment si cette magie existe. Elle nage dans l’opaque (et nous aussi), car ici, l’initiation de l’héroïne consiste à trouver un sens à ce qui n’en a pas. Ou alors, plutôt qu’à chercher des réponses qui n’existent pas, à chercher la bonne question.

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