La chanteuse Lizzo était accusée d'avoir plagié une partie de sa chanson Truth Hurts. En cause : un mème utilisé en tant que paroles.

A-t-on le droit d’utiliser un mème dans les paroles d’une chanson ? La question s’est récemment posée pour la chanteuse Lizzo. Elle était accusée par deux producteurs d’avoir plagié un bout de l’une de ses chansons. L’histoire s’est finalement soldée en une plainte… contre les producteurs en question, déposée ce 23 octobre.

Tout est parti de la chanson Truth Hurts de Lizzo. La chanteuse y prononce la phrase suivante : «  I just took a DNA test, turns out I’m 100 % that bitch » (que l’on pourrait traduire en français par : je viens tout juste de faire un test ADN et je suis une femme badass à 100 %).

Deux producteurs, Justin et Jeremiah Raisen, avaient accusé Lizzo de plagiat. Ils affirmaient qu’elle avait copié la mélodie et les paroles d’une démo sur laquelle ils avaient travaillé. Ils n’étaient pas les premiers à avoir parlé de plagiat à propos de la chanson. À plusieurs reprises, la chanteuse britannique Mina Lioness avait rappelé qu’elle avait utilisé cette phrase dans un tweet, dès février 2017.

Les termes « just took » étaient simplement substitués par « did ». Truth Hurts est sortie quelques mois plus tard, en septembre 2017.

Lizzo s’est finalement expliquée publiquement sur l’affaire. Elle commence par expliquer que Justin et Jeremiah Raisen portent de fausses accusations. «  [Ils] ne m’ont jamais aidée pour écrire un bout de la chanson. Ils n’ont clairement rien à voir avec ces paroles ou la manière dont j’ai décidé de les chanter », a-t-elle écrit sur différents réseaux sociaux.

Des droits d’auteurs et une plainte

Elle a en revanche reconnu s’être indirectement inspirée du tweet viral de Mina Lioness, devenu mème. « En 2017, alors que je travaillais sur une démo, j’ai vu un mème qui a fait écho à mon histoire, explique-t-elle. J’ai chanté cette phrase et je l’ai ensuite utilisée dans Truth Hurts.  »

Lizzo ne semblait pas s’être doutée qu’un mème puisse faire l’objet de droits d’auteur. En l’apprenant, elle a décidé de créditer Mina Lioness. Cette dernière s’est réjouie sur son compte de cette décision, indiquant qu’elle recevait désormais des droits d’auteur sur l’utilisation de la chanson… écoutée 136 millions de fois, rien que sur YouTube.

Pour Jeremiah et Justin Raisen, l’histoire se clôture avec un goût un peu plus amer. « Je partage le fruit de mon succès avec l’auteure du tweet… pas avec ces hommes », a écrit Lizzo. Son avocate, Me Cynthia Arato, a fait savoir à Pitchfork qu’une plainte avait même été déposée ce 23 octobre contre les producteurs. « Nous entamons une action en justice pour établir, devant une cour, que les Raisen ne sont pas les auteurs de Truth Hurts et qu’ils n’ont aucun droit à faire valoir sur la musique  », a-t-elle déclaré. Elle évoque une « campagne de harcèlement » qu’ils auraient menée contre sa cliente.

Lizzo lors d’un festival. // Source : Wikicommons

La question du droit d’auteur autour des mèmes n’est pas encore tranchée. À plusieurs reprises, ceci a pu poser problème. Il y a quelques mois, nous abordions par exemple le cas de l’instagrammeur Fuckjerry, qui a gagné 14 millions d’abonnés rien qu’en republiant des mèmes, dont il ne précisait pas toujours l’origine. Il avait été attaqué en justice par un homme. Ce dernier l’accusait d’avoir plagié une légende qu’il avait ajoutée sur un mème… qu’il n’avait pas créé. Pour le moment, l’affaire ne semble pas avoir été tranchée.

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